Lettre ouverte à Pauline Marois

Chère Pauline,

La dernière fois que l’on a pu causer un peu ensemble c’était lors d’une rencontre quand j’animais aux micros d’une radio de Laval (Radio-Boomer). Et ce fut un plaisir. Réciproque je crois. Je vous l’avais dit ondes : je comprenais mal pourquoi tant de gens (et des caricaturistes) vous imaginent remplie de snobisme. C’était -c’est- injuste. Vos paroles et votre attitude démontrent souvent de la chaleur, de la solide humanité. Hélas, voilà qu’aux dernières assises de votre parti, attitude bizarre, vous êtes d’accord pour fustiger et « punir » financièrement de jeunes militants de notre essentiel nationalisme. La raison ? Du verbe coloré et bien effronté, à l’occasion. Parfois carrément agressif.

Allons, chère Pauline, dans tout mouvement de revendication, dans n’importe quelle association de pétition ou d’imploration, on y trouve des tempéraments vifs avec  des tribuns impétueux, voix qui appellent un chat, un chat. Et un salaud, un salaud. Est-ce nécessaire de fustiger ces ardents patriotes -le jeune Patrick Bourgeois ou le vieux-vert Pierre Falardeau ? Le danger ? Vous nourrissez les adversaires de notre cause sacrée, Pauline, vous encouragez les couards, diviser nos troupes, encourager la pleutrerie de trop des nôtres. Vous soutenez malgré vous, chère Pauline, des profiteurs vénaux, ceux de la pax-canadiana-fédérata, les tranquilles amants des compromis, du plat doucereux abandon d’un pays à faire naître à fond. Pauline, nus avons besoin de quelques sages mais aussi de jeunes enthousiastes impatients. Notre lutte s’étend aux générations nouvelles. Qui sont moins molassonnes, moins « chambre-de-commerce-et-du-tourisme ».

Et alors ? Formidable, non ?, cette jeunesse fringante, malpolie, à l’hebdo « Le Québécois ». Où j’ai le bonheur plaisir de collaborer. Ils n’ont pas froid ni aux yeux ni aux lèves, ces cadets mal engueulés sont un apport vital témoignant pour une suite-du-monde-québécois. Observons tes applaudisseurs ? Des rampeurs, des ennemis de notre souveraineté. À ce congrès, tu fus fort mal conseillée, prend vite bonne distance de ces couards. Erreur d’avoir osé appeler au boycottage « économique » du modeste hebdomadaire de Bourgeois. Pas moins grave l’appel du Bloc pour donner suite à ce nocif mouvement. Ô l’odieux monde de la censure, la sale sauce nettoyage soviétique ! Pauline, je t’en supplie, tu dois vite annuler cet appel au boycottage.

Face à notre victoire remportée sur ce projet d’Ottawa, avec  son machin-à-Plaines-commanditées-alla-Juneau, n’ayez qu’un seul regret : devoir constater que le parti que tu diriges fut molassique, archi-prudent. Les jeunes Résistants à cet « Axe anglo-saxon » (ultra-puissant sur tout ce continent) visèrent les masochistes et les marchands à tourisme-de-Nouvelle Angleterre. On ne pouvait parader, costumer, décorer,  festoyer « la » défaite de la Nouvelle France. Pas trop tard pour « raison-garder » et biffe au plus tôt cet ordre abject de crever ce petit journal. Lui couper les vivres est indigne d’une Pauline Marois que je crois connaître. C’est méprisant et infantilisant de commander à ses députés une interdiction d’acheter des placards dans l’hebdomadaire. La liberté c’est la tolérance de toutes les tendances. On peut endurer quelques jeunes (ou vieux) trublions qui « font du bruit » dans le grande espace de l’indépendance à conquérir. Il y a des oeufs pourris qu’il fallait casser. Commémorer cette bataille perdue sur la falaise était un oeuf pourri.

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3 réponses sur “Lettre ouverte à Pauline Marois”

  1. Mme Marois devrait méditer sur une remarque de Joseph Facal : le 40% de répondants indépendantistes actuel est composé de vieux et de jeunes; oui, de jeunes qui prennent la relève et qui croient en un Québec souverain. Faut les accueillir à bras ouverts et surtout : les laisser parler !

  2. Un problème évident face à nos demandes répétées de
    devenir Indépendant face à un Canada « douteux »,
    le manque frappant d’un idéal nouveau auprès des jeunes.
    L’absence incroyable de les diriger, de leur faire comprendre
    l’importance de se guider soi-même. Ils sont peu politisés.
    Il sont dans les méandres politiques, incapables de prendre
    une décision avertie. Ce qui nous incombe, c’est d’enrichir
    ces esprits néants dans une connaissance, dans une FIERTÉ
    à jamais consommée.

    André Labrosse, épervier

  3. Enfin voilà une FEMME qui se tient debout, qui ne joue pas dans la dentelle et qui fouette les pseudo bolchevicks de son rang. Il est vrai de dire :
    « … dans tout mouvement de revendication, dans n’importe quelle association de pétition ou d’imploration, on y trouve des tempéraments vifs avec des tribuns impétueux, voix qui appellent un chat, un chat. Et un salaud, un salaud… »
    Sauf que dans le rang de Pauline ces tempéraments vifs avec des tribuns impétueux ont pris trop de place et malheureusement ont une feuille de route longue d’où l’appellation « PQ le parti qui dévore ses chefs » faisant de l’ombre plus souvent à son tour aux personnes du même rang capables d’argumenter leurs aspirations sans passer en état primitif et qui ont un sens plus large de la démocratie.
    Ce n’est pas en essayant de glorifier ou de martyriser ces cadets mal engueulés qu’on améliore cette cause noble, bien au contraire on la marginalise.
    Bravo! À Pauline qui a su mater la division « à l’emporte-pièce » de son parti, fini la genou flexion de ses prédécesseurs suite aux pressions des purs et durs et des belles-mères. Ainsi s’amorce la nouvelle ère Pauline, une chance d’ailleurs…
    Brice Roméo
    Montreal , PQ

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