UN CHAT ROUGE ET NOIR ?

J’ai rêvé, il y a peu, de la vieille minoune tigrée de papa. Pour les souris (interdites de séjour au resto paternel), mon père « entretenait » une lourde chatte paresseuse (hélas). On n’ y faisait pas attention les enfants , elle faisait partie de la cave aménagée en gargote-café. Elle n’avait pas de nom. Tous, nous disions « le chat » en parlant de cette chatte. Pauvre vieille bête ! Il arrivait  bien sûr q’elle sortait dans la cour arrière. Pour ses besoins. Quand maman sortait en même temps avec, par exemple,  son panier à linge (à étendre avant le temps de s sécheuses), et qu’elle buttait sur « le chat », un coup de pied bien visé partait suivi d’un miaulement. Le chat déguerpissait sous la « shed », sa vaste « bécosse ».

Encore un drôle de rêve cette nuit-là. Une place publique bien encombré d’étrangers d’allures araboïdes. Fermant le square bondé, une sorte d’église faite de rochers bien ronds superposés ! Du Gaudi à Barcelone ? En plus fou encore. Je suis, aussitôt débouchant sur ce tertre bizarre, bousculé et entraîné et je deviens une plume légère, comme tous les autres, fétus en apesanteur, pris entre tous, comme tout le monde, vague folâtre, formant une sorte de « tas » humain insolite.

La petite foule, dont moi, devenons une immense grappe de corps aux robes multicolores s’étalant de bas en haut sur toute la façade de pierres rondes, incolores et colorées,  de cette église jamais vue ! Folie visuelle inouïe ! Retombant  sur le parvis, remontant, redescendant, poussé par la masse, sans jamais aucune blessure, je questionne des barbus : » C’est un rite, m’explique-t-on, chaque fin de semaine, on vient tous  ici les hommes, pour célébrer et expier aussi ».  Tu parles ! Autour de la place, j’aperçois de fameux gros minous : des lions. Des beaux. Des immenses. Des chevelus. Il semble former une haie…de protection ? Atmosphère vraiment exotique. Or, récemment j’ai lu sur les lions sacrés d’une époque antique. J’ai lu aussi sur cette drôle de ville, Pétra, à l’architecture sculptée néo-classique renversante, ville dans un désert du sud de la Mer Morte. Est-ce des restes…? Et puis il a aussi que je sors de documents variés sur la Galilée, la Judée et le Jérusalem du temps de Jésus pour ce roman qu va partir chez l’imprimeur.

Voilà que ce matin, avalant de mon « shredded Wheat » (la céréale de mon enfance à laquelle je suis revenue, Simenon vieux, lui,  revint aux nouilles de sa mère morte), je vois sur ma galerie un félin énorme, très bedonnant, marchant à pas lourds, au coloris ( tenez-vous) rouge et noir-violet ! Je ne rêve pas, cette fois. La bête jamais vue encore, plus joli que mon Valdombre à pelade, fait un tour de balcon, tel Roméo reniflant de la beauté à Vérone ! Il a bien vu : notre galerie est désormais toute couverte de graines tombées. En tous genres. C’est devenu  le royaume des oiseaux.

Depuis de si beaux jours de fin-mars « ce petit monde ailé » ne craint même plus ces deux allongés à journaux et à livres. Et à mots croisés, elle, ma Raymonde. Par dizaines, ils viennent manger et recracher sans cesse nous frôlant de très près parfois. C’est amusant. Mon immense minou rouge et noir s’en va vite ! Mine patibulaire. Regard sombre. Il semble dégoûté. Il a jeté un lent et calculé regard circulaire, a bien mesuré son impuissance et puis coup d’œil dans ma vitre et c’est l’adieu à l’avaleur de céréales ! Digne et noble, il redescend l’escalier, ventre à terre toujours, et vide ! Ô cette mine de dédain, je dirais même de dégoût ! Mais d’où sort cette grosse sombre bête ? À qui apparient ce raminagrobis à poils rougeâtres ? Reviendra-t-il ? Je vous tiens au courant, promis  !

Une réponse sur “UN CHAT ROUGE ET NOIR ?”

  1. D’après moi, ce chat rouge et noir vient du Casino ! ou encore, il a été victime de farceurs munis de bonbonnes de peinture…
    Drôle de quartier, Ste-Adèle !

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