VOIR PETIT, GRAND ET VOIR LOIN

On peut « voir petit » de grandiose façon. Des snobs mondains, mépriseurs de ce que l’on est, bavaient en choeur contre nous, notre modeste monde, nos pauvres gens. Ils bavaient fort contre un Michel Tremblay et ses portraits de buveurs sacreurs, de misérables femmes flouées. Tout notre petit peuple colonisé, et mis en scène, faisait honte aux embourgeoisés, renieurs de leurs origines. Or, il est arrivé que le théâtre de Tremblay a vite séduit des étrangers, ses talentueuses « prises de sang dramatisés » triomphaient à New York et à Paris. Ou au Japon. Quelle leçon gênante pour nos délicats puristes, humiliation pour tous ces prétentieux qui imitaient les géants des temps anciens.

J’en ai connu des snobs « citoyens du monde » humiliés,des déracinés. Ces cons. Savoir illustrer « son » monde est un gage de succès partout. Les auteurs qui imitent les grands des grandes puissances, ne font que reproduire, des plagiaires. Sans originalité, ils végètent, ratés, imitateurs qui vont crever avec cette honte-des-nôtres bien vissée au coeur.

TERRE, TERRE !

Combien sommes-nous, enracinés à notre coin de terre humaine, à avoir été secoués par la nouvelle ? Voici venir une fameuse loupe. Kepler son nom ! Une longue-vue fameuse, une drôle de paire de jumelles. Kepler est un télescope spatial qui a été garroché dans l’espace le 6 mars dernier en Floride du nord. Moi qui aime bien observer la falaise comme roussie d’une colline de Saint-Sauveur, qui aime bien observer un coin de parc d’Outremont où des arbres rares bourgeonnent déjà… aurais-je bientôt à examiner des arbres aux feuilles… bleues ?

Kepler cherche -parmi 340 « terres » cataloguées à l’Observatoire de Paris-, une qui serait toute semblable à la nôtre. 60 de ces planètes passent devant leur soleil (étoile) permettant ainsi un examen utile. Tudieu, voyez-vous ça ? Bientôt l’annonce d’une autre « humanité » sur une « terre » habitable. Où une vie a pu éclore ! La lentille de Kleper-le-fouineur fait dans les trois pieds ! En 2006, le télescope Corot, cherchant aussi des exoplanètes, n’en avait pas la moitié. Voici que l’on désigne un lieu préféré, baptisé « Gliese » 581. Température ? De 0 à 40 degrés Celsius. Eh bien, c’est à 20 années de chez nous et, je le jure, si je vais un jour rédiger sur Gliese, je resterai fidèle à ma falaise laurentienne. Et à mes vieux arbres outremontais.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *