« ALEXIS, VIANDE À CHIEN ! »

      Dans la saga « à n’en plus finir » de Grignon, Alexis symbolisait la liberté. Le beau gars qui plaisait à l’épouse « vendue » par son père. Un autre Alexis, auteur et acteur, élevé en petit bourgeois « bien propre sur lui » dans Outremont, élève d’une école (Querbes) avant-gardiste, tournera moins mal. Je lisais une entrevue de Nat Pétrowski et j’en apprenais. Sur le fils Alexis,  pas sur mon Tit-Louis, son papa, camarade radiocanadien des années soixante.

     Alexis Martin, surdoué pondeur de « Matroni et moi », une excellente pièce, moins bien sur film), s’ installa dans la maison de sa jeunesse. Il hésiterait à nettoyer le tombeau du papa mort. Qu’il fasse vte le ménage pour mener à bien son premier bouquin. Il racontera et son père -un des reporters emeritus de la SRC- et les débuts de la Révo tranquille, a-t-il confié à Nathalie. J’ai très hâte de lire cette biographie.

      N’est-il pas étonnant que les changements libérateurs au Québec aient eu comme vigoureuse source (des débâcles) un corporation d’Ottawa ? À vocation fédéralisante ? Le fier Pet (d’Outremont lui aussi ) voyait notre normal nationalisme comme la pire « plaie d’Égypte ». Il criait, hystérique et plus menaçant que mille Harper) : « On va mettre la clé dans cette boîte qui est un nid de séparatistes ! » Un nid ? Euphémisme !  On peut le dire maintenant qu’on a vidé Radio-Canada de ses employés, que tout le monde ou presque est « à la pige ». Et donc fragilisé, « dehors » les syndicats ! Admettons-le camarades :le  Réseau français de Radio-Canada n’état pas « un nid » mais un foyer sur actif de méchants nationalistes. La bête noire de Pet. Duplessis sa marotte était les « méchants » communisssses ». Deux frères au fond. 

      Alexis Martin, en racontant le brillant journaliste Louis Martin, son père, en viendra forcément à raconter l’arrivée des années soixante et son beau cortège de libération dans mille domaines. Voilà donc l’Alexis, ex-gamin choyé, qui va se passionner pour le théâtre. Une existence de risques. Il va se lier et s’associer Robert Gravel qui fut un fameux animateur (fondateur de la LNI). Gravel n’a pas connu, comme Alexis, l’école branchée d’Outremont, il venait d’Hochelaga-Maisonneuve et y installer un théâtre très québécois.Quand Alexis, jeune angoissé, se réfugiait dans les livres du grand Tolstoï, Gravel s’adonnait à ses chers « jeux-de-société » et jonglera à sa future dramaturgie qui sera étonnante. J’ai vu toutes ces pièces (pour nous identifier) dans son ex-caserne de pompiers… loin d’Outremont,  où officie Alexis désormais… « officie » parfois en exotismes assez loin de l’identitaire.

     Le Radio-Canada du journaliste Louis Martin fut de la fondation de nos luttes de libération. Tout autour,  quelques collabos couards mais aussi des résistants clandestins. Certains imprudents furent jetés. Comme un Gérald Godin un Louis Bourdon, un Norman Lester récemment. Paradoxalement cette radio-télé publique, (mal) guetté par l’État fédéral a fait naître le Québec moderne actuel. ET, comme d’autres, Pet fut cocufié.

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