SOUCOUPE SANG ET OR !

Le vent avait détaché mon pédalo, il m’attendait sur la plage municipale, en m’y rendant avec la chaloupe de Jean-Paul Voisin, je vois quoi rivage des Cobetto ? Une lumineuse soucoupe nageuse ! La jolie ronde carpe grosse comme une soucoupe, à ailerons de feu, aux couleurs de l’Espagne, jaune et rouge, or et sang !

Ce dimanche, assis au fond de la chapelle de la rue du Chantecler, venu en curieux, examinant l’unique vitrail, je repensais à cette flamboyante soucoupe, à cette flamboyance.

Un « lévite » de cette Église unie commentait avec modestie un acte des apôtres. J’étais bien.

Être vraiment attentif c’est bien mieux voir ces six (6) beaux gros bouleaux blancs; portail chez Simony en face de chez nous. C’est sourire en revoyant le beau dessin d’un placard avec l’écriveur Grignon buissonner dans l’herbe adèlois. Je songeais à sa prudence de timoré quand il nia dans ses textes (radio et télé) le nationalisme ultra fervent de son « gros curé » Labelle ! Quel menteur dénoncé par l’historien chez « Le Bigot », ce même dimanche matin.

Vite, on a réinstallé « le poison » de Loto-Québec (état maffia, va !) rue Morin, le tabagisme étant disparu dans l’incendie. Ces « one arm-bandit-gobe-sous », le poker vidéo est pire que le pire venin social imaginable. État bandit, va !

Encore cette semaine, Serge Sourire à l’École Hôtelière, pousse ses divines tartes au sucre en rigolant. Serge se fiche de mon méchant cholestérol ? Me voit-t-il au plus vite, sur le dos, aux Salons Guay (!) à côté. Le ventre trop sucré mis dans la soie mortuaire ? Quoi : « Le Petit Chaudron » de la poétesse Aveline marqué « Fermé ». Incroyable cela, j’y allais à sa bonne soupe il y a plus d’un demi-siècle. Mais j’aime aussi, beaucoup, la soupe riz-poulet du bon vieux St-Hubert BBQ. Eh consolons-nous ! J’y pense : m’acheter vite une bonbonne de gaz « profane », voici revenu l’été et le bon temps des calmars sur grill alla Raymonde ! Yam !

Cette semaine,  retour au flanc du Mont Royal quand nous allions voir de bons films en 1950 à ce « Ciné-club de l’Université ». Cette fois, on y allait voir notre amie du Lac Marois de Sainte-Anne des Lacs, la comédienne émérite François Faucher. Vendredi,  elle recevait rien de moins qu’un doctorat d’honneur. Ô fallait voir sa fierté à la petite Élias (mariée à Jean Faucher) élevée par une mère seule, venue du Paris difficile du temps de la guerre. Elle nous donnera quatre petits québécois pure laine ! Françoise a lu à voix émue et forte a très  légitime fierté et fut applaudie très fort. Évidemment, la cérémonie m’a fait songer aux bouffonneries de Molière, Françoise n’y pouvait rien. Ces toges robes noires, ces chapeaux mortiers à pompons et glands agités, ce pourpre cardinalice (Turcotte y était) , ces broderies…oui, j’ai vu Molière vivant. La grande actrice, familière des classiques, devait y être sensible, j’ai bien vu ses sourires.

Je cicatrise lentement du majeur fendu (cet accident bête) ! Mon jeune Dufour-Toubib, vendredi,  m’apprend qu’il s’en va. À Fort Lauderdale. Il n’aime pas le froid ! Il a d’abord dit « adieu » à la clinique de St Sauveur et il dira adieu à celle de la rue Beaumont ! Bon.  Lundi, au CLSC d’ici, un infirmière (et ma lectrice)  me dit : « Je pars. À la retraite ». Tout le monde me quitte, merde ? Je suis retourné au rivage, ai revu ma belle soucoupe sang et or et fus consolé.

DEDANS LA VIE…

Je file, sortant de  la clinique, pour mes journaux du matin, au garage Ultramar. Pas même un kilomètre n’est-ce pas ? Bang ! Un policer en voiture surgit : « Pas de ceinture bouclée m’sieur ? »  Ce sera 120 « tomates » d’amendes ! Eh b’en ! Arnaque ? Cette ceinture à boucler…pas dans nos moeurs, nous, les aînés. On l’oublie. Mes petits-fils, eux, ne l’oublient jamais et, toujours, ils la bouclent ! Je rentre. Je lis dans le journal qu’en ville, c’est le même HAUT prix si tu lances ton mégot dans le caniveau ! Eh b’in, par ici le fric ! Gomme, baloune ou non, même amende ! On manque sans cesse de fric chez nos gouvernants ? Ainsi, le motocycliste -qui n’est pas toujours un motard criminalisé- en crache un coup pour son « faible », le deux-roues ! Bon, belle vision pour me calmer : au rivage du lac, je vois un couple de fiers nageurs, lui, coloré de vert, elle, moins. Jolis canards ! Oublier la facture policière.

Une compagne folle des actrices et des acteurs ( une ex-réalisateure de feuilletons télévisés) et me voilà entraîné aux théâtres. C’est cher. Grosses « amendes » là-aussi et pas de billets pour les pauvres. Les jeunes ? Oui, rabais « étudiants ». On a vu le Quat-sous tout neuf, Avenue des Pins, où se lisaient des poèmes comme « à tour de rôle ». Un simple récital régi par Louis Maufette. Ouenge ! Puis au TNM, un mélo simpliste se déroulant en Asie. Ce « Dragon bleu » du célèbre Lepage… est d’un vide peu commun mais présenté dans des habits scéniques à gadgets séduisants. Ouaille !

Et puis, au Conservatoire (tout neuf là-aussi) , sur le Plateau, une prétentieuse pochade de l’Autrichien Thomas Bernardt, une courte fable tarabiscoté, suralimentée par (encore) les gadgets à projections du révérend père Marleau. Enfin, dans une ex-usine (Raymond-Confiture) du bas de la ville  -« C »- une bande de joyeux drilles venus de Riga, ville de la Baltique, sans un seul mot, pantomime grouillamment pour illustrer une jeunesse communiste d’avant la chute de l’URSS (1990), totalement « colonisée » par les tounes d’un fameux duo de rockeurs-USA, Simon et Garfunkel. Ouen !

Je m’ennuyais ferme de mes siffleux sous la galerie et de mes rats musqués sous l’quai, de la moufette sous l’perron même. Hélas, j’en tombe, rue Henri-Julien, -ô trottoir cassé aux arètes démoniaques- en aurai le majeure gauche fendu. Et saignant ! Visite à une apothicaire-Coutu, puis, le lendemain, pissant encore le sang, visite à l’hôpital juif. Pas loin de l’Oratoire -où j’aurais dû aller ? Foules d’estropiés juifs et non-juifs, c’est l’enfer d’Alighieri Dante ! Avec promesse d’attente de 12 heures, alors, rabattons-nous chez un « privé » au bout de mon cher Chemin Bates, de l’autre bord de la track !  Enseigne sobre : «  M D » mais factures pas sobres ! Pire que « de pas boucler sa ceinture ». Mais pas d’attente. C’est chic « and swell » en ce désert médico-design.

Je m’ennuie vraiment de mes chats errants, même des criardes noiraudes, nos sombres corneilles qui imitent le clair cerf-volant. Ô ciel adèlois ! Dedans ma vie, ces jours derniers, il y a donc eu tout ceci et cela. Aussi une visite dans l’ex-Centre Paul Sauvé, devenu un hospice public (mot tabou) agréable et luxueux pourtant pas cher. Là où ma grande sœur Marcelle me semble vieillir relativement joyeuse. Autre visite ? Dans Saint-Léonard de Port-Maurice, jais un village où nous allions en 1940 en couple. « Sleigt ride » à une piastre. Chez Nicole, logis coquet, on a goûté un fameux pâté-au-poulet alla « ma petite sœur », avec du beau gâteau à bougies colorées pour souligner l’anniversaire de ma blonde. Mai ? Oui, signé Taureau donc pour fitter avec le scorpion que je suis. Deux signes s’entendant à merveille répètent les coquines colonnes à astrologie pop.

D’OÙ, CET AMOUR DE LA PLAGE ?

Nous chérissons certains sons. Ici, les cloches de l’église, rue Lesage, à l’heure vespérale. Durant l’été, ces cris, rires,  appels, rumeur de la plage publique à quelques maisons d’ici. Jusqu’à neuf ans, « on-va-t-y-se-baigner-les-gars ? » me disait prendre une serviette et une savonnette pour aller nager au Bain publique -puant le javel- rue Saint Hubert près de chez moi.

À dix ans ? Ce sera la plage. Minuscule ou immense. Ma liste de plages, on a tous la senne  ? La première : un coin de rivage au quai de Saint-Placide. Puis ce sera pour des étés, tout le rivage de Pointe Calumet; petit-old-orchard-du-québec, disait un placard. Ado, il y aura découverte du Lac Champlain-sud, Plattsburg. Lors de subites canicules, on filait vite vers l’ouest de Montréal à cette backgammon free casino money free craps game play free black jack craps video poker strategy play black jack online how to win video poker casino game online uk best casino online casino secure online gambling jackpot casino online casino black jack learn to play craps how to win at video poker craps online blackjack casino game online casino betting free on line video poker casino games no download casino online gambling casino play free casino slots video poker machine bonus video poker free on line slots double bonus video poker free video poker games free casinos roulette online craps rules free on line casino rules of craps online casino free money blackjack 21 internet casino how to play craps free casino game download fortunelounge online casino free casino download free casino card game free roulette game free casino play no deposit free money casino internet casino online plagette du Cap à l’Orme et voisines. Ou bien, à l’est vers Montréal-Nord ou Rivière-des-Prairies et ses ares overtures sablées. Certains audacieux filaient à l’île Sainte-Hélène, ou bien plus loin, à Charlemagne, à Repentigny. Un dollar pour la journée et beaucoup d’herbiers.

A 27 ans, marié, père de deux enfants, des camarades décorateurs me recommandaient « la mer »,lavraie. Coccinelle attelée et ce sera la découverte du célèbre Old Orchard Beach; 1958 et voir enfin l’immensité marine ! On verra mieux, les plages du Cap Cod. Provincetown,Truro, Marconi. Un certain été, voir une île protégée, la houle furieuse de Madackett ! Oh ! Les baleines de Monsieur Melville -salut Mobby Dick !- sont disparus ! Plus tard encore, s’installer aux sables de Wells Beach. Puis d’Ogunquit. Ce lieu auquel on reste encore fidèles.

Il y aura des infidélités, on descendra au New Jersey et ses sables doux et pâles. La mer plus baignable, les Wildwoods, Margate, Ocean City, le joli Cape May. Viendra 1978, l’âge bien mûr, fuir l’hiver un peu, Québécois aux os vieillissants ? Alors : welcome in Florida. En auto c’est trois jours et deux nuitées en motel, en avion, trois heures. On a étendu nos blanches carcasses de Daytona à Miami et Fort Lauderdale à la fin. De Kay West à Naples. De Sossua à Tampa et Clearwater. Ô très chère mer, belle atlantique, océan béni, des plongeurs-à-touristes remontent des éponges jouant les Grecs anciens !

D’où peut bien venir ce besoin du sable au bord de l’eau ?  Même celui d’un tout petit lac.. bien rond ? Des accroires ? La mémoire enfouie du temps de l’amibe, de l’unicellulaire sorti ramer à l’air libre, ancien temps de l’homo-reptilus, la plage pour esquisser l’humain aspirant à de l’érectus ? Repos avant  l’homo faber ? Ou bien, mémoire des eaux matricielles de sa génitrice porteuse. Plage fondatrice du ventre maternel ?

Mais, excusez, j’entends les cloches de l’Angélus, adieu plages, mer, sable doux… je frissonne de nostalgie, moi le mauvais chrétien ! Que viennent vite les cris enfants, les francs et libres rires de la plage publique, voisine, rue du Chantecler.

RAPIDES, CASCADES ET REMOUS

Je m’installai en Laurentie, en villégiateur d’abord, 1973 et trois  lieux me fascinent tout de suite. Les rapides au coin de la 117 où je m’achetais du bois à rénovation, au lieu dit

« Rivière aux mulets ». Disparu ce vieux « clos-de-bois » familial.  Puis je découvrirai la Doncaster et ses trépignants rapides, son mur de béton, un barrage devenu inutile sans doute, disparu lui aussi. Enfin ce sera les cascades inouïes en aval de Val Morin sur la piste cyclable.

D’où nous vient cette fascination des eaux trépidantes ? Lointain besoin -de telles eaux vives- venu d’ancêtres qui appréciaient (ou craignaient ?) la sauvagerie d’un continent fraîchement adopté. Voilà que je découvre bien tard, une  Rivière-du-Nord débordante en avril et mai, fous flots, impétueux remous. C’est du côté de l’ex-usine Roland. Pauline et Jean-Paul nous y menaient, ô,  nos exclamations ! Réel plaisir à observer les féroces remuements de cette toute « démontée », ses îles noyées. Le paysage, sans soleil ce midi-là, se donnait des airs intimidants, énormes grondements.

Partout, tout a fondu, partout donc remous, cascades et rapides fous…Grande joie de regarder l’eau sortie de ses gonds. Colère de dieux cachés, menace insolite d’un déluge proche, la nature révoltée et nous, purs innocents, on ne sait pourquoi. Une démence liquide impressionnante qui nous laissait la bouche ouverte. Un album aux images sévères, ouvert aux pages arrachées qui illustrent des énervements ondins bien plus vraies qu’au cinéma-à-catastrophes. Le sol vrombissait !

Impression de terres fragilisées à tremblements insolites. Souhait secret d’être emporté…vers où, on ne sait trop, secret besoin de déportement, des voyagements, ceux des anciens, du folklore à « canot volant » avec un Satan ricaneur. Enfants de Montréal, nous ne voyions rien de ces rivières enragées et nos petits bateaux de papier-journal, rue Jean-Talon, ne  voyageaient qu’en d’étroits caniveaux aux eaux salies, remplissage par l’arrosoir municipal. Notre pauvre plaisir tout de même. Ce n’est pas nous, modestes gamins de Villeray,  qui allions, tel le fiable échevin Frank Zampino, voguer sur le luxueux yacht d’un riche mossieu  Accurso.

Non. Mais, devenu un petit peu plus riche (hum) à trente ans, j’achète un hors-bord d’aluminium (moteur de « 50 forces ) et je découvre mes premiers rapides à Ste Anne de Bellevue, à ceux de  St Eustache sur le lac, à ceux du Cheval-Blanc, à Ste Dorothée. Le bonheur des yeux et des oreilles séduits, la fascination des grondements du dieu Neptune ! Aux portes de ma ville, en 1965, tant de crues, de gonflements sur la Des Prairies juste en aval de Laval-sur-le-Lac.

J’y suis donc retourné voir la Nord délinquante, il y a peu. À la rambarde d’un petit pont la chevauchant, je songeais

aux temps jadis quand l’usine du Sieur Rolland fonctionnait à plein. Sir Bob Dylan, oui, les temps changent ! Ce qui ne change pas ? Cette fougueuse rivière sur ce site à rochers noyés, depuis bien avant Champlain et Cartier. Immuable. Comme  de toute éternité, pas moins furieuse en 1400 qu’en 2009 ! Des enfants couverts de fourrures y venaient-ils pour y jeter des bouts de bois, et, comme moi, les regarder voguer à toute vitesse vers son lointain point de décharge, en Argenteuil,  dans l’Outaouais ?