Baptême

Me voici avec un fort groupe dans une église (Saint-Léopold à Fabreville), me voici avec du linge propre des souliers cirés pour assister à une fête chrétienne au nom d’un petit Antoine.

L’Antoine à Pierre-Luc, un neveu. Le nouveau petit Québécois ne sait pas trop ce qui se passe et pourtant c’est en son honneur toute cette mini-foule en «habits du dimanche». Le cérémoniaire en chasuble est un exilé du Togo. Sympa et animé.

Je me suis souvenu, vers 1965, d’un évêque, raciste mou et méprisant dur, venu de Saint-Jérôme dans l’église de Saint-Joseph. Ce coco de Frenette déclara en chaire: «La crise des vocations est bien grave. Mes frères (!) que diriez-vous de voir apparaître dans votre église un bon dimanche un bon gros nègre dans pas longtemps, hein? Hein?!»

J’allais me lever (tel un Henri Bourassa à Notre Dame) pour rétorquer quand, miracle?, un pigeon vient menacer le crâne luisant de l’ensoutané jérômien. Délivrance, Frenette eut très peur, se ferma le clapet et descendit l’escalier en spirale à toute vitesse. Ouf!

Ma joie d’entendre à Fabreville tous ces cris d’enfants, ces joyeux rires et de les voir courir entre les bancs! J’étais loin de mon âge, de cette lignée de vieilles et de vieux (comme moi) à l’église Saint-Viateur le dimanche d’avant les baptêmes, pour la mort de la femme de Georges Groulx, la chère Lulu Cousineau. Et voilà mon Benoit Marleau maintenant qui file vers l’éther! Nous l’avions apprécié (tant) quand il incarna un transgenre, travesti des samedis soirs au coin du cinéma Château du temps de «La petite patrie». Il y fit florès. Ô son grand talent!

Parlant travesti, Robert Lepage en Chevaler Éon (espion de Louis no 14) s’amuse sans aucun scénario solide à danser (pas fameux) et surtout à se démener, gymnastiquer, dirais-je. Avec ostentation, noires limousines et videurs musclés en face du TNM, la monarque noire s’amenait écouter la pieuse prose sur une religieuse mystique de Québec, un produit de son vieux mari. En face, le cirque à Lepage. Puis ce sera, Usine C, des ritals formant des défilés à costumes felliniens! Pour attirer des touristes à fric, un certain théâtre actuel (cosmopolite) n’est plus, hélas, que performances, cirque, bouffons et pantomimes. Plus tôt, on était allé voir (au Contemporain) les forts ouvrages picturaux de Betty Goodwin qui habita Sainte Adèle. On regardera, dos aux fontaines, Place des Arts, au soleil, des jeunes fougueux piétinant des molles petites balles. Revenus, filons chez Jardinor. Ma douce choisit ses fleurs et il y aura ses jolis bouquets partout, suspendus. C’est notre «baptême» de la belle saison!

3 réponses sur “Baptême”

  1. Comment ! oser critiquer Robert Lepage ! On va couper à nouveau les amarres de votre pédalo mon cher Claude !
    Bénoit Marleau qui file vers l’éther ? vers l’éternité, plutôt ! Soyons optimistes 1

  2. Bonjour M. Jasmin,

    Je vois que vous avez réglé le problème de virus. Ça fait bon de pouvoir vous lire à nouveau. Je vous souhaite un baptême de bon été !

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