JASETTE AVEC UNE CANE !

Je descends au lac, découverte d’une grasse cane installée au quai de Maurice-Voisin. D’habitude elle navigue dans mes alentours entourée de ses canetons. Qui garde les enfants ? M’apercevant, elle allonge son cou d’un beau brun saturé. Une « sarcelle canelle » ? « Non, Cloclo, me dira Raymonde à on manuel, impossible par ici. C’est un fuligule. Ou un colvert femelle ».

Le regard de ma cane, l’air de dire « D’où sors-tu, toi? » « Bof, dis-je, je reviens d’un studio de radio où l’animateur a dit grand bien de mon bouquin « Le rire de Jésus. (À la radio-SRC, dimanche à 14 h.)  La mère cane me fixe, en veut plus : « Ah, déplaisante nouvelle, Gabriel-petit-fils en route pour Venise, se fait voler son sac-à-dos. En plein Genève. » La brunette cane indifférente remue du derrière. Ce même jour, cris d’orfraie de Raymonde au salon. J’accours. Un loup ou un lion laurentidien ? Non. Une mini- souris, qui fuit à la cuisine, lui léchait une cheville ! C’est une énième visite de souris, alors course chez Théorêt et achat de trappes.

Mais… si légère, cette croque-fromage, qu’elle avalera sa ration la nuit venue sans déclencher le fatal ressort. J’ai raconté ça aussi à madame Cane.

Le lendemain, vendredi, anniversaire de ma bru, Lynn et fête au joli « Jardin de Lee » de St-Sauveur. Je revivais un de ces vendredis soirs bien saintsauveurois avec, dans l’air, de cette vitalité froufroutante. Ambiance du « pier » à Old POrchard en 1960, de Provincetown en 1965, de Perkin’s Cove d’Ogunquit en juin dernier. St-Sauveur : la rue Saint-Denis-en-bas. Heureux trépigneurs sur tant de terrasses résonnantes de jaseries caquetantes.

J’aime bien. Je songeai aussi à mon coin de rue Bélanger, animé par deux cinémas aux marquises remuantes d’ampoules, aux très achalandés restos « Château Sweets », « Rivoli Sweets », leurs bars-fontaines à miroirs, loges de cuir rouge, rampes et patères de laiton cuivre doré. Je racontai St-Sauveur à ma cane solitaire. Ma surprise d’y rencontrer Simon Jasmin, fils de Lynn, tout frais rentré d’études à Louvain-la-Neuve. Mais, merde !,  voilà ma belle Pauline-Voisine sur le dos. L’ambulance pour la métropole rue Morin. Opérée en cardiologie. Elle, la plus belle fille du notaire Lalancette, rue Parc Lafontaine. Convalescente, je lui porterai du chocolat « belge », cadeau du Simon. Halte ! Ma cane déplie ses fines cannes et puis ses ailes. À l’eau canard et fin de ma jasette !

Une réponse sur “JASETTE AVEC UNE CANE !”

  1. Je suis content d’apprendre que monsieur Théorêt, le fils sûrement, tient encore boutique à Ste-Adèle PQ !
    Pour les souris, oubliez la technique du fromage ! prenez du beurre de pinottes et badigeonnez copieusement la clanche . La souris s’amusera à lécher ladite clanche jusqu’au moment où ça lui cassera le cou !
    Votre canard, c’est un plongeon ?

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