LA MARMOTTE ET LES 1,001 POTS

Écoutez, je rêvais pas, j’étais bien au coeur du village de  Val David sur l’excitant site de M. Ishikawa. Et son expo. Cet étonnant québécois d’adoption, un céramiste, invite chez lui tous les amateurs de terre cuite chaque été. Je m’y promène. La beauté ! Soudain, à une extrémité du territoire couvert de céramiques diverses, elle !, Donalda, ma marmotte ! On me dira : « Elles se ressemblent toutes ». Non, ma Donalda du dessous de mon escalier, a une coquetterie dans l’oeil droit et le bas de son dos contient un éclair de rousseur. Rare. La petite bête m’observait derrière une haie. Me suivait, dirais-je, d’un kiosque à l’autre, d’une table d’exposition à l’autre. Moi le potier diplômé de l’École du Meuble, le potier pensionnaire d’une écurie du Chantecler (1951), cette joyeuse expo « en plein air »est un bonheur, son nom « 1,001 pots ». La petite foule des visiteurs ce jour-là me semblait si heureuse en contournant les lots d’offres aux argiles si variées, aux glaçures coloriées en tous genres. Ma Donalda hors les clôtures de M. Ishikawa, me suivait. Vrai mystère !

Allez-y donc (2 $) voir ces étonnants étalages. On y a acheté, pas cher, un compotier aux bleus fins,  et un vase à fleurs d’un émail superbe; oui, oui, allez faire un tour à Val David. C’est comme renouer avec un des plus métiers du monde car l’’on tournait de la boue il y a des siècles et des siècles. Le tour du potier est une invention des débuts de la civilisation. Vrai, l’on faisait cuire de la bouette aux commencements du monde ! Et, au commencement de ma vie, comme tant d’autres petits enfants, après la pluie dans ma cour de la rue Saint-Denis, je « travaillais » la terre. À cinq ans, je moulais des pâtisseries de boue et je construisais des mini-châteaux d’une Espagne imaginaire. Oh, ma Donalda ne cesse pas de m’épier hors la frontière de « 1,001 pots » ! Voulez-vous d’une belle histoire ? Il était une fois un petit restaurateur qui, arrivé à l’âge de la retraite, alla s’acheter un manuel (à deux piastres, Donalada !) « How to do ceramic ». Il s’installa un atelier dans la chambre de ses filles parties. Ce vieil homme retraité modela jusqu’à sa mort des plats étonnants, bas-reliefs décoratifs illustrant et ses souvenirs d’enfant et la vie autour de lui. Un jour, un Acadien, Léopold Foulem, prof de céramique, découvrit rue Saint-Denis ses ouvrages d’un art dit naïf. Foulem en fut séduit, il  se dévoua à le faire connaître. Cela jusqu’à New York et Los Angeles (« Garth Clark Gallery »).

Cui, cui, cui, mon histoire est finie. Ce commerçant de Villeray était mon père. Stimulant non ? Exemple à suivre, hein, les vieux ? Feu Édouard Jasmin, dont le Musée de Québec expose 13 de ses céramiques, donne courage aux vocations tardives, prouve qu’une neuve vie peut commencer très tard. À Val David, j’ai raconté tout ça à Kinya Ishikawa, oui, en vue des « 1, 001 pots », édition de 2010. Rentré chez moi, j’ai aperçu ma Donalda sous l’escalier et ses yeux brillaient, coquetterie ou pas. Bizarre, plus de ce bel éclair roux sur le dos ! L’a-t-elle laissé sur un des « 1,001 pots »?

Une réponse sur “LA MARMOTTE ET LES 1,001 POTS”

  1. La marmotte qui va de Ste-Adèle à Val David… Est-elle passée par la l5 ou la 117 ?
    Vraiment, mon cher Claude, votre vue baisse; si vous vous remettiez à la poterie, allez, d’abord, voir un optométriste !
    C’est merveilleux la céramique mais les fours coûtent trop cher !

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