AH, JOUER DANS L’EAU !

Le livre (ancien) du sexologue Ellis sur « L’ondinisme » parle de couples appréciant « se pisser dessus » (eh oui !) et aussi de cette attraction universelle, si naturelle, pour l’eau, cela, dit le savant, depuis notre eau première, du ventre maternel. Voyant une vivante pub sur les prodigieux jeux d’eau de Saint-Sauveur et son vaste parc sophistiqué, je songeai à nos jeux d’eau modestes de jadis.

Il y a eu d’abord, 1930-1935, la grande cuvette de tôle à remplir d’eau frette en ville pour les jours de canicule. 1935-1939, fréquentes expéditions (avec maman débordée) dans la pauvre pataugeuse bétonnée au parc Jarry. Et puis vint (10 cennes l’heure !) le modeste bain public, rue Saint-Hubert. À puantes odeurs de javel brut. Rien à voir avec ces excitants appareils modernes de tous les Saint-Sauveur du territoire. Oh non ! L’eau offerte, en bassins, en canaux, sur matelas, en tubes géants, ou autrement, en cascades, en piscine-à-vagues, l’eau, oui, est un fascinant et perpétuel, et très profond  appel. Il n’y a qu’à écouter les rires, les fous cris de joie des jeunesses en liesse en ces lieux. Du temps de bibi en « papi-gardien » je fus bien obligé de risquer ma peau dans ces glissoires géantes, ces tunnels, ces viaducs. Un benjamin tenait mordicus à imiter les aînés. Alors, à plus de 60 ans, à l’Aquascade de Pointe-Calumet, à Ste Adèle (disparu ce site) ou à Mont Saint-Sauveur c’était « à l’eau le vieil homme », veut, veut pas et cela tout au haut de très géantes échelles qui me faisaient très peur… pris de vertige, je fermais mes vieux yeux !

L’eau : élément tant apprécié en belle saison (pas celle de 2009 ). Le grand bonheur dieu Neptune ! 1940 vint, de 10 à 17 ans, net progrès, ce sera des heures et des heures à barboter du matin au soir, dans le grand beau lac des Deux Montagnes. Il aurait pu, ma foi, nous pousser des branchies ! On se faisait sécher tous les soirs en se secouant la peau au son du boogie-woogie dans les dancings aux constructions bancales.

L’eau courante, vivante, peu polluée en ce temps d’après-guerre était « LE » souverain loisir dans ces villégiatures « aux camps sur pilotis ». Deux petits lacs se formèrent à Pte Calumet à force de siphonner du sable pour des plages artificielles lointaines. On y allait souvent, outre-clôture —« danger, no trespassing »— excités de glisser des hautes dunes qui attendaient leurs wagons de fret. Mais là, hélas, ni cascades ni fougueuses fausse-vagues maritimes.

Des temps plus modernes venaient, de vastes piscines extérieures s’ouvraient enfin. À Verdun d’abord, puis à Cartierville. Joie de nos amis restés en ville. Il reste un fait concret, têtu : l’eau-à-baignades exercera toujours désormais cette fascination et nouds écoutions, médusés, papa nos racontant : « Pour nous, enfants de 1900, jamais de trempette, nulle part. Natation jamais enseignée et interdite. À Laval, habitant pourtant juste en face de la rivière, nos parents craignaient l’eau courante comme on craint la peste. »

Ah oui, ils étaient éloignés des piscines-à-vagues folles !

Une réponse sur “AH, JOUER DANS L’EAU !”

  1. J’ai eu la chance de passer tous mes étés près d’un beau lac dans les Laurentides. J’ai appris à nager, à pêcher, à ramer etc.
    Quel plaisir que ce contact quotidien avec l’eau !
    Aujourd’hui, on cède la place aux algues bleues !

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