JASMIN-GRANDE-GUEULE SE LASSE ?

       Mes plus fidèles lecteurs me signalent une sorte de « chute de pression », me reprochent de m’adoucir, d’avoir changé de  thèmes, d’être devenu plus… plus tolérant, comme plus léger. En fait, oui, c’est vrai, je cherche à me détacher d’un rôle ancien. Une pose qui m’était naturelle, celle de l’indignation. Qui me transformait en invité-béni-des-médias-à-débats. Petit personnage public bien utile aux tribunes à chicanes, en radio, télé, etc. Mais, que voulez-vous, on se lasse de jouer le rôle du « méchant jappeur » et du perpétuel gueulard. Le grand âge venu, oui, on en revient de protester sans cesse.       

       C’est que la vie passe vite.

       C’est que, peu à peu, on réalise que l’homme ne varie guère. Je vois fort bien —ces temps-ci— de ces chaudes graves  pathétiques, cruelles actualités. Si sinistres. Au loin, ces fous furieux que l’on dit kamikazes, leurs voitures (ou camions bourrés de dynamites) piégés. Je vois bien tous ces assassinés innocents (à Kaboul ou à Bagdad) au nom de prophète (monté au ciel à cheval et armé !) Mahomet. Et de son chef le grand Allah. Plus proche, je vois bien ces magouilleurs infâmes, ces tripatouilleurs dégueulasses, cruel pirates en cravate chic bien   capables de détrousser ces riches bourgeois rêvant (il faut le dre ça aussi) de gains rapides. Richards en gros moyens, anglos du west island, que l’on conduit à la ruine totale avec un immoralisme éhonté.

       Comme je vois aussi un inconscient vandale (sic), P.D.G.  qui jette notre argent public (d’Hydro-Québec) dans les cours de récréation de chics collèges. Je vois bien, écoeuré, sa ministre de tutelle —l’élue Normandeau— aveuglée ou folle ?, qui défend, protège, ce Thierry-vandale (sic). Inouï au monde libéral de John Charest cela !

      Or, vais-je gueuler, vomir, m’étouffer scandalisé ?, oui, le temps passe, à critiquer sans cesse on risque de s’aigrir. On risque de cesser de s’émerveiller, ce qui est grave, très sérieux. Tout abruti par les comportements de ces « crooks », ces ignobles  scélérats, démons civils. Cela, ici, en nos alentours québécois comme en Irak lointain. Ou en Afghanistan. Non ? Pas vrai ? Vérité que cette importance de savoir toujours s’émerveiller ? Mais oui. Essentiel pour vivre relativement heureux.

       Alors, il vous vient l’envie de parler, de rédiger sur des beautés ordinaires, sur des gens ordinaires. Ce matin, sur un oiseau tout simple, une jolie mésange à tête noire par exemple, qui batifole avec un colibri au dessus de la jardinière bondée.

        Cela fait du bien. À l’âme. Et puis, je l’avoue, les vieux « cassandre » comme moi,  on espère qu’il vient toujours de jeunes « bougalous », grincheux audibles,  bien équipés intellectuellement et qui vont savoir dénoncer, fustiger, démasquer les traîtres de toute nature, aux gabarits variés, dont l’espère pousse sans cesse. Il faut savoir sortir d’une certaine table noire, cher Aznavour, il faut savoir se retirer de ces combats qui font illusions parfois. Garder raison. Savoir que, malgré tout, en général, l’homme est bon,  l’être humain, est du bon côté des choses de la vie. Je veux y croire, j’y tiens, pas vous ? Albert Camus a dit : « Il ne faut pas désespérer les hommes ».

6 réponses sur “JASMIN-GRANDE-GUEULE SE LASSE ?”

  1. J’abonde dans votre sens monsieur Jasmin. Passé 70 ans, on n’a plus l’énergie nécessaire pour monter aux barricades à la moindre injustice.
    Et d’ailleurs, le temps nous apprend qu’un homme tout seul ne peut pas changer grand chose. On n’est pas tous des Marx ou des Gandhi !
    Mon beau-frère, à 77 ans, continue à s’indigner fortement du moindre événement qui choque ses convictions de séparatiste et francophile, pas moi….

  2. Monsieur Jasmin,
    C’est dommage d’envisager de perdre l’excellent hargneux dont vous êtes.
    Je crois comprendre que vous prenez retraite littéraire de notre monde sans bon sens. Par contre, vous avez raison de vous évader de ces crapuleux qui règnent sur nos vies. En effet le temps est si précieux, partagez-le avec les vôtres!
    Nous perdons un sage et un intellectuel, tout le contraire d’un cassandre. (il a fallu que je cherche la définition)
    Fille du roi de Troie, ses prédictions furent exactes mais personne ne la croyait. J’aime mieux ce concept.
    Au plaisir de vous lire,
    Denis Bussières

  3. Je vous dis ceci Jasmin. Vous ètes toujours d’ actualité. Votre  » planque  » ne tient pas, le grand âge a le dos large. Il y aura toujours le Claude-Cervantès, on le sait.
    Continuez de nous parler de la vie autour de vous. Le lac rond et puis l’ hiver. Vous êtes le seul à nous parler à nous les jeunes de soixante ans ( sic ). Vargez dans le tas mais, lâcher le  » terrible quotidien  » , les petits comiques qui nous  » dirigent « .
    Parlez-nous de vos années  » actives « , décorateur à R-C., du temps de ce temps-là, voyez. Amenez-nous tout en nous montrant LE trou. Voyez ?

  4. Merci monsieur Jasmin. Vous venez de me donner une solide leçon de vie. : « Vérité que cette importance de savoir toujours s’émerveiller ? Mais oui. Essentiel pour vivre relativement heureux. »

  5. je parlais de l’ innéluctable…Ce qui donne un sens à la mort, donne un sens à la vie.
     » Le livre de la vie est ce livre sûprême que l’ on ne peut ni ouvrir ni fermer à son choix. La page où l’ on nait, on voudrait y revenir. La page où l’ on vit, on voudrait la retenir. Mais voilà que la page où l’ on meurt est déjà sous nos doigts. « .

  6. Tenons, par exemple, Raymond Levesque qui est plus vieux que toi, mon Claude, mais qui n’arrete pas, ne cede pas ! La corruption sevit sur tous les niveaux ! C’est pour cela qu’on a apprecie ta voix qui sortait de temps a autre de l’ordinaire et ‘normal’ statu quo du jappage soi-disant poetique qui ne sert que les corrompus au pouvoir, petit et grand, car servant a divertir l’attention de la populasse de leurs mefaits, petits et grands. Un diseur de verite n’est jamais « gueulard » ni « mechant jappeur » a moins qu’il gueule et jappe pour les piasses et le renom sur des notes fausses et non pas pour la verite. Ces termes sortent d’habitude des bouches, qui n’osent jamais, pour denigrer les rares citoyens qui osent… comme moi et comme tu l’as fait. Si t’as eu trop d’attention et trop d’invitations, c’est que ta voix a cesser de vraiment deranger. Ils t’ont desamorce—leur argent t’a desamorce—en espece de marionnette de teve. Dommage.
    Amities,
    G. Tod
    http://www.theamericandissident.org

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