AUX PORTES DE « CHEZ SAINT-PIERRE »

       Il y eut un matin, comme dit la Bible, où l’on vit Mordorée 1er, mon chat-roi, s’installer droit comme un chat égyptien, à mi-terrain, sur une dalle, pour contempler le paysage. Classe ! Puis, il y eut un mati où Donalda-marmotte se trémoussa sous nos cèdres, cherchant l’Alexis ? Sais pas. Face à ces écureuils, menaces des mésanges innocente, ma Raymonde, Acadienne par sa mère, a pris les grands moyens. La déportation ! À Maurice-Voisin, elle a emprunté son piège-cage. Une noix en guise d’appât, ajustage des portières…et bang ! Le lendemain, une première victime poilue affolée. Au petit matin, on l’a libéré chez Rona-Riopelle. Là, j’ai revu la belle fougueuse Rivière-aux-Mulets. M’sieur le maire, faudrait faire voir mieux ce si beau trésor d’eau, rare en pleine ville, faire enlever ces HÉNAURMES pesées de béton sur le petit pont.

      Nous en sommes déjà au cinquième écureuil ! Mésanges ravis. Autre ouvrage : comment corriger l’inclinaison inouïe d’un sorbier qui penche sans cesse vers le sol tout garni de ses petits fruits orangés. Il y eut un matin : je descend la Morin, marchant vers l’entrée d’autoroute pour  l’annuel examen-bilan du vieil homme. « Comment vont vos écureuils ? », me jette une dame sur sa galerie. Je raconte la cage. Madame Patry est « de souche » par ici : «  Mon père a beaucoup construit un peu partout dont ce resto Quidi Vidi, fraîchement  démoli ». On jase au soleil.

      Clinique et j’arrive « aux portes de Saint-Pierre » pour livrer mon corps à sa science. Ça y va par là. Mon Saint-Pierre ne niaise pas avec la santé. Saint-Pierre a fait ma joie, mon ciel, le paradis ! Je flottais en sortant : « Tout baigne, me dit-il, cœur, poumons, pression, pouls, la prostate, alouette. Il y a le bedon, hum… » Je lui ai parlé des gâteaux de ma chère École, rue Lesage, qui va ré-ouvrir. « Bof, vas-t, mange, Claude ! Mais marche et nage davantage ». Rien du catastrophisme ambiant avec « mon » Saint-Pierre. Chez la photographe-en-poumons, j’entends : « Cessez de respirer ! » Diable, va-t-elle me commander : « Mourrrrrez. On rigole. Je sors enchanté de cette « vallée » terrestre.

        Devoir maintenant remonter la célèbre côte adèloise ? Ahanant, je m’oblige à des poses et, au joli Café de la rue Morin ( où l’on petit déj impeccablement), j’aperçois un noiraud minet très très tigré qui fige, me darde d’un regard perçant. Ce café fut l’école du lieu jadis, très exactement « au milieu » de la côte Morin ! Justice pour les en bas et les en haut.  Ce mini tigre me suit et me revient un souvenir. Papa qui conte : « Dans les années 1910, mon p’tit gars, j’aimais ma p’tite école à Laval-des-Rapides, il y avait là, qui y vivait, une si jolie maîtresse ( une fille de Caleb ?) mais surtout son chat gris ardoise si tigré me suivant partout, affectueux. » Alors j’ai dit au minou : « Toi avec tes fameuses « 7 vies », aurais-tu connu mon papa, Édouard Jasmin ? » Dont je m’ennuie si souvent.

2 réponses sur “AUX PORTES DE « CHEZ SAINT-PIERRE »”

  1. Vos écureuils vont revenir, ou bien seront remplacés par d’autres.
    Chez nous, ma copine veut les tuer avec un 12, moi je dis de les laisser vivre, ils étaient là avant nous, non ?
    Avez-vous vu le fantôme de Claude-Henri Grignon, assis sur son balcon ?

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