LE ROUGE VOLE !

Par ma fenêtre, soudain, le rouge vole ! - photo du webmestre -

J’écris ceci et…par ma fenêtre, soudain, le rouge vole ! Le joli couple de cardinaux venu manger du « soleil-tourmant » (tournesol) sur notre galerie. Hier, mordoré, le Chat-Royal, m’observait sous la frondaison sapinière. Je ramassais les bois morts des chèvrefeuilles récemment sciés. Je veux aller lui confier un secret  —« qu’il va neiger »— frout!, fuite aussitôt chez ma voisine. Une Blondinette sans Dagwood. C’est la deuxième fois : petite neige —du sucre en poudre!— tombée partout par ici, début des ouates hivernales. J’aime l’hiver. Les premiers mois, les premières neiges. Mais en mars… des giboulées encore, non !

Allant rue Lesage à mon École-des-Chefs, jusqu’à la rue Ouimet, du blanc partout donc. Une vision… de vaste martre ? Beauté muette, symbole, synonyme d’un certain silence, d’un calfatage anti-bruit ? Dans nos gènes, au plus profond de nos chromosomes, se niche l’immaculé paysage familier aux Québécois. Fatidique « annonciation novembrienne », signal des froids à venir. Je sors de mon comptoir-à-bouffes- estudiantines avec truites, côtelettes d’agneau, petit pot de chestnut home madeгардероби, du suc’à’crème façon grand-mère, mes chers « carrés au dattes » ! J’aperçois une  tigresse, comme six panses et qui trottine toute lente, remplie de vie. Tonneau rond, elle n’est plus qu’un ventre et on voit à peine ses quatre pattes. Fruits d’amours estivales, pesante de progéniture. Imaginez le roulis : immense bedaine à terre. Stop, elle m’a vu, regard de travers, méfiance, prudence maternelle. Ralenti soudain car son balcon a une marche. Où donc vivront les rejetons nombreux de sa couvée ?

Souvenir : en 1990 par là, Raymonde et moi entendons des bruits bizarres dans notre mur mitoyen. On cherche, on palpe, n colle nos oreilles. Des sons curieux, sortes de feulements lointains. Il va être minuit, nous voyez-vous dans l’escalier du cottage, rue Querbes, fébriles et tâtant les murs. Oh, nous  repérons la source, c’est en bas des marches, mais  qui râle, se plaint ? Des esprits ou nos voisins (des juifs hassidiques) racistes et sauvages ? Cérémonial kabbalistique ? On descend, jusqu’à l’escalier de la cave. Ça y est, sons plus clairs, c’est ici ! Sous la dernière large marche, mobile, une grosse minoune blanche et six chatons miauleurs ! Je me rappelle un soupirail laissé ouvert,oublié. Ouf ! Les fantômes n’existent vraiment pas et coup de fil à la SPA. Prompte  arrivée d’une bénévole qui ramène toutes ces vies, rue Jean-Talon ouest. Fin.

Oh, encore, le vol rouge ! Ces deux flammes d’ailes autour de la mangeoire, indifférentes à nos mésanges blanchâtres. Et mon Barak-l’Acrobate qui surgit sur la galerie, qui fait des calculs de saut, c’est clair. Puis qui s’en va, indifférent,  la mine indépendante. Quoi ?, les rongeurs ( dont les écureuils) dédaignent-ils la viande rouge ?

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