BLANCHES GIBOULÉES

La Jocelyne « météo » Blouin était heureuse ce mercredi soir : «  demain ?, tempête ! » Elle nargue parfois son Pat Roy à l’heure des nouvelle, le soir. On jurerais qu’elle aime les CIEUX (oui, comme dans « Notre Père qui êtes…) qui  surprennent. « Demain, ça va tomber  » et elle en a les dents sorties. Cette pythonisse doit habiter en condo dans un bloc, la  démone, pas de pelle à manier !

« Mais où sont nos neiges d’antan? » Silence les Ronsard, les Villon, on les a eu !  En fin de février et de ces giboulées-de-mars. Ce jeudi laurentidien tout enfoui de lourde ouate. Nos paysages en immaculée conception ! La veille, tu montes à ta chambre pour tenter de t’endormir —malgré ce « 24 h. chrono » qui énerve— coup d’œil dans la nuit et, oh ! sous les réverbères, la belle beauté ! À l’aube, ce sera époustouflant. Il n’y a plus de bas et de haut, ni firmament, ni sol !

Gigantesques meringues. Ma mini sapinière qui s’affaisse sous une charge de blanc-manger ! D’une fenêtre —qui encadre— le tableau d’une fabuleuse ancienne gravure japonaise ou un tableau du cher Yéronimus Bosch, vous savez bien, « Le Jardin des délices ». Lautrec chantait : « Le soleil est parti… », il reviendra ? Quand ? On fige devant le troupeau de ces blanches hermines et belettes et martres, mille milliers de blanches fourrures suspendues ! Voici Dieu à son haut-parleur : « Oyez l’Humanité, c’est  votre dernière vision d’hiver ! » Hum,  avant l’arrivée d’avril on ne sait jamais.

Cette beauté…  toujours, il y a avers et revers : la voiture enlisée et appel désespéré de ma dulcinée avec sa liste d’épicerie entre les dents. Chère Clémence : la feummmme ! Prise de pelle et … Aïe mes reins ! Oui, mon Ferland, on sue au nord parfois ! Char calé dans sa  bouillasse, gadoue maudite et pose des crampons de fer. Ma-dame-au-volant avance, recule, bis et re-bis, enfin, la Jetta délivrée. Pépère ? Racké !  Dire que j’applaudissais au lever. Bon, cafés bus, gazettes lues, suis remonté à l’ordi pour peaufiner des paragraphes. Publication bientôt sur « feu mon drôle de papa ». Et sonne le cellulaire tout neuf. Dulcinéa encore toi ? « Oui Cloclo, de nouveau mal prise , j’ai le sac de la commande, merci la voirie adèloise !, il y a un énorme congère dans l’entrée ! » J’y court, pelletage encore. Ma dame-de-cœur repart pour son quotidien cher Interclub. Son souffle rationné, la pelle lui est interdite. Je retourne composer des mots de haine et d’amour sur mon père trop pieux… 1970, on cherche les otages du FLQ et papa ferme enfin son restaurant de La petite patrie, il se trouve un job de cook à la cafétéria de l’Oratoire ! Synchronisme ? j’écoute les médias causant d’un portier-de-collège à sanctifier !

Pause. Je lève les yeux, même ciel mat, vents légers, et, oui !, nouveaux flocons. Voir alors du temps comme suspendu, des limbes, des funérailles en blanc pour enfants morts (ou massacrés par un con de  père jaloux à Piedmont, docteur en médecine !). Non, assez, soyons gais, ce pays tout blanc comme aux noces d’une jolie vierge. Ma petite sœur Nicole, tu te souviens ?  Oui, la nature en belle robe à traîne blanche, avec voilette, bas, souliers et jarretelles en blanc. Longs gants, gâteau et fleurs… en blanc ! Jacques Blanchet chantait : Le ciel se marie avec la mer, jeudi, le ciel se mariait avec nos collines !

3 réponses sur “BLANCHES GIBOULÉES”

  1. Ce n’est pas beau sacrer M. Jasmin, je crois que vous ne l’avez jamais fait en présence de votre père.
    [1 ligne inadéquate coupée par le webmestre]
    Malgré sa pureté blanche, la neige accumulée nous rappelle que nous avons toujours des tâches à accomplir.

  2. Bonjour M.Jasmin,
    moi je m’ennuie de nos bels hivers d’antan blanc,blanc,blanc,stie!(et j’ai juste 50 ans) encore stie!
    Continuez à nous faire réver.Merci.

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