LE SOMMEIL DES TRUITES !

Il faisait beau soleil et voici donc un colibri, si vif, si hélico, qui fonce sur notre oiseau de bois émaillé rouge acheté « une piasse » chez Dolarama ! Il affronte ce leurre et puis, déçu, il fuit. On rit. Voulait-il s’accoupler à un cardinal de bois ? Hon ! Celui de Québec, l’insensible Ouelette, en aurait sorti sa bulle ! Puis voici que ma Raymonde rentrant de son Hyperclub de Piedmont, me répète tout le mal dit sur le dos de la marmotte. « Un vilaine rongeuse de graines en semis, très nuisible. » Bof, on n’a pas de potager ! Je descend trois marches voulant apercevoir ma grosse Donalda, rien. Faire un ménage dans mon tas de vieilles planches et l’en déloger. Non, j’y suis trop attaché. Fou hen ?

« Hier encore » (Aznavour) le vieux chat jaune-orange, bien assis, fixait ce coin secret du siffleux-terrassier derrière de vieilles persiennes remisées. Ma Donalda y allait aux toasts ! La terre volait sur un temps riche. Agrandissement ? Naissances ? On voit rien encore. Mais j’ai bien vu, une première !, un papillon d’un beige enluminé de symétriques ornements gothiques (oui, oui) se poser sur un garde-fou et, oui,  choir sur le côté ! S’immobiliser « penché » les pattes en l’air. Quoi ça ? Trop gavé ? Il pulsait fortement. Papillon ivre-mort ? Je l’observais et calculai : ses grandes ailes, ce serait comme si nous supportions, attachés à notre dos, des voiles de 40 ou 50 pieds de haut ! Alors, épuisement ou trop de sucs bus ?

L’ami Jacques Allard m’autorise à me baigner chez lui. Il possède un coquet spa-auberge, le Excelsior, passé le grand domaine skiable du Chantecler. L’une de ses piscines s’orne d’un immense arbuste, sorte d’admirable palétuvier avec ses branches feuillues décorant la serre tout autour du bain et qui  fait ma joie. En rentrant de nage, avant-hier, la Rivière aux Mulets venant frôler la 117, se montra d’un bleu à la clarté totale. Mon étonnement ! Un bleu bien loin de ce gris-brun de la Nord. Rivière encore vue en voiture quand nous sommes rentrés du Val David « d’en arrière ». À l’ouest. Nous apprenons que ce chemin qui aboutit, via le Mont Sauvage, à un carrefour adèlois, était la très ancienne route. On y découvre toute une campagne comme secrète et y nichent ici et là de rares vieilles belles maisons. Et des « modernes », bien moins jolies.

Arrivage d’écureuils ces temps-ci. On avait cru les avoir tous déportés l’an dernier avec la cage de Maurice-Voisin. Non. Gare à la douzaine de nos jolies jardinières suspendues ! Quoi faire ?  Emprunter de nouveau le malin appareil-à-trappes avec nouvelles « déportations » sauce acadienne ? Triste. Ah, chaque fin de mai ou début de juin selon les climats, voir ma « tendre fidèle », mettre ses gants fleuris, réunir ses outils et ses bouquets de Botanix, inventer ses arrangements floraux, la joie pour moi !

Vente du pédalo et achat à Saint-Agathe d’un canot-chaloupe. Pour pêcher. Poids ? 48 livres ! Mise à l’eau et soudain surgit un couple de fiers canards. On dirait qu’ils ne nous voient pas ! Allure d’indépendance totale, c’est ça la belle souveraineté, amis lecteurs. Ça  se promène le cou (très) en l’air, la mine noble, non mais… On nous a dit (des gens-grenouilles) qu’un grand nombre d’énormes paresseuses truites roupillaient au fond du lac. Au pied de l’hôtel du lieu et pas loin des condos de la Villa Major. À nous deux les paresseuses ! J’aime l’été.

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