MUSÉE, DROGUE ET VIEUX MURS

Partir, aller revoir « Les belles soeurs » mais « en chansons ». Découverte que Joliette sur la carte est vis à vis Val Morin et on décide donc de piquer, dès L’Estérel, à travers les petits chemins de campagne. Forêts fauves, lacs mal cachés, beautés sauvages. Ziguezaguant en « montagnes russes » bénignes, on découvre ainsi du pays inconnu. Joie. Le texte de Tremblay  a un peu mal vieilli mais la scène s’anime sans cesse, le bonhomme Cyr y est exper, toute sa troupe pète le feu.

La veille, vue d’une dense fumée noire dans le ciel de l’ouest chez Pierre-Jodoin-l’écolo. Bizarre trombe, celle de la série « Lost » ? « PERDU » en effet, cette colonne mouvante d’un noir bleuté. Ouvrir une enquête ?

L’avant-veille, à mes pieds, découverte «  su’a’gal’rie » d’un mauve chardonneret mort les ailes toutes déployées et le bec gluant. Mort comment ? Fonçant dans la fenêtre ? Agression ? Ouvrir une enquête ? Je vois alors dans les fourches du  mahonia une belle blonde et une belle noire ! Deux beautés d’écureuil guettant les p’tits oiseaux gourmands de nos cerises violettes.

Un peu plus tard, sur une dalle de l’allée, un mulot agonise la queue en l’air. Hum !Qui ? L’écureuil a le dos large ?

Je pratique l’hydrothérapie pour cette hanche droite que l’on va me scier, mon toubib Saint-Pierre (du Paradis) l’a décidé. Quel musée voudra de mon os ? Soudain, une Jane Fonda casquée de blanc traverse le lac athlétiquement. Accroché à mon radeau je la louange et la dame lance : « Facile. Question de pratique ! » Déjà rendue loin, je ne peux lui jaser de mon os à couper !

Oh bonheur ! Mes fleurs sauvages, enfin, enfin, se montrent au pied de l’escalier. Un jeu modeste néanmoins d’une folle gaieté pour les yeux. Oh, ça sonne et voici le voisin Vadeboncoeur, en artisan emeritus, avec son beau bol en mains. Né de notre vieux saule tombé. Cadeau fort apprécié.

Laurent, un de mes cinq petits-fils, se démenait pour que l’on puisse voir les dessins d’illustrations de son cher vieux papi, moi.  Échec à la Grande Biblio , il ira cogner au Musée d’art populaire de Trois-Rivières…bingo ! Un dynamique duo sort d’ici, apparemment des experts en expositions. Comme un p’tit garçon, le vieillard boiteux (eh !) sortait ses pontes, étalait ses beaux efforts graphiques. Le couple semble apprécier mes gribouillis, graffiti et barbouillages et il y aura dès l’an prochain (ça se prépare de longue date !) une expo du romancier connu qui s’amuse à jouer du crayon, du pinceau, d’eaux d’aquarelle et d’encres de Chine, à noircir du papier à dessin.

Les envoyés du musée repartis, courir au lac pour y noyer ma satanée, ma saprée… patte folle qui me fait tant souffrir, qui m’oblige à me droguer pour dormir la nuit (oui, à la codéine de St-Pierre ). Au ciel le cher Galarneau se cache, embarrassé par trop de nuages se poursuivant et, soudain, deux aigles gris aux becs crochus, ailes ouvertes, griffes pendantes, comme un de mes dessins, ça glisse au firmament. Léonard de Vinci disait à ses élèves : « Observez bien le ciel, tout, les vieux murs, vous y verrez d’étranges paysages, d’étranges personnages. » Vrai.

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