LE NAGEUR DU LAC ET NOTRE NOYADE

Sans cesse, un matin, un midi, une fin de journée, au milieu du lac, je vois le lac traversé par un prodigieux nageur. Souvent comme une simple boule de bowling, bien noire, émergeante. Boule humaine remuante dans l’horizon du lac. Ainsi un nageur passe. Figure comme mythique, Sisyphe à son labeur répété.

Mais trêve de méditationa, je suis indigné par notre actuelle noyade. La langue du « gros voisin riche » s’installe comme jamais, en métropole surtout. Vite, une loi ! SOS ! Je n’ai aucune carte de parti politique. Il s’agit de notre noyade. Pendant que Christine St-Pierre-ministre molle, traîtresse,  calcule comment aider à l’anglification des enfants de nos déracinés, sonne à maints signes l’alarme : nous glissons vers l’assimilation. Il nous faut vite une loi québécoise sur les migrants. Et merde aux « pères Noël » de la Supreme Court ! Cette loi acceptera n’importe qui venant de la francophonie mondiale.

Pas de choix. Le temps presse. Il faut fermer nos frontières à tous ces migrants (de l’« anglophonie »). D’Asie  lou d’ailleurs. Stop aux ghettos anglifiés genre Parc Extension. Ou Côte des Neiges. Vite un bouchon. Des pays solides comme France, Espagne, Italie, etc., n’ont aucune crainte de noyade, nous faisons exception, nous sommes que 2 % de la population sur ce continent nord-américain. Une telle loi s’impose si nous voulons survivre entant que nation différente. Éviter la noyade. La menace est réelle. La dilution grossit. L’assimilation lente (promise par Lord Durham) gagnera si on ne fait rien.  Jean (ou John ?) Charest aura-t-il ce courage, cela surprendrait mais sait-on jamais. Les militants du Parti de Camille Laurin doivent inscrire une telle loi dans leur programme. Pauline Marois doit réaliser le péril :chaque jour qui passe amène la désagrégation de notre culture particulière sur ce continent.

Ce nageur courageux qui va d’un horizon l’autre me stimule.  AGIR : plus un seul migrant venu des pays plus ou moins anglophones. Refus net. Avec un ministère à Québec qui se tient debout, qui doit voir à notre survivance comme « nation » (mot aimé du Harper). Ceux qui, frileux, inconscients surtout, s’énerveront, sont des aveugles, des sourds surtout. Allez marcher au centre ville de la métropole, cent et mille témoignages avertissent. C’est devenu évident, effarant aussi. Il faut agir de toute urgence avec une loi forte, claire. Certainement discriminatoire, pour notre salut, notre survie. Aucun, (« none is too much », disait le King d’Ottawa), oui, aucun « aspirant québécois » ne doit être accepté sur notre territoire s’il n’est pas francophonisable.

Ce nageur étonnant qui traverse d’une rive l’autre m’est symbolique, exemplaire. Si l’on répugne par un excès de démocratie mal intégrée, à cette radicalité, on est fichu, ce sera, à « pas très long terme », notre disparition. À échéance prévisible nous serons écrasés par le rouleau-compresseur-english-only ! Tous ces migrants venus des ex-colonies britanniques ont un grand choix : les neuf autres provinces du Canada. À Québec il doit y avoir une volonté : la résistance. Comme nation absolument unique en Amérique du nord donc plus un seul nouveau venu de tous ces pays d’influence anglaise. Refus net aux bureaux québécois d’émigration. Québec seul décide. Ce sera notre sauvegarde et notre normal épanouissement, la fin des périls, du danger constant, des menaces stérilisantes, que ce « deuxième début ». Comme la « Loi 101 » fut l’enclenchement vital en faveur de notre culture. Le temps est venu, il est d’une urgence indiscutable. Le nageur du lac ? Une image de pérennité.

4 réponses sur “LE NAGEUR DU LAC ET NOTRE NOYADE”

  1. Monsieur Jasmin,
    Vous avez mille fois raison, hélas ! Je suis né et j »ai grandi dans le centre-sud, rue Saint-André. C’était ma Petite Patrie à moi. J’ai aujourd’hui 54 ans et quand je constate que même dans mon quartier d’origine, typiquement francophone, certains commerçants éprouvent des difficultés à prononcer une phrase complète en français – plusieurs d’ailleurs s’en fichent-, je m’insurge comme vous. C’est encore pire, je crois, dans le quartier de votre enfance. Mais les francophones eux-mêmes, avouons-le, contribuent à cette situation. Ainsi un sentiment de honte m’envahit quand un quidam, dans la rue, qui veut quémander un peu de monnaie, me demande : parlez-vous français ? Attitude de colonisé que l’on croyait pourtant révolue…
    Il faut en effet un virage important pour sauver ce qui nous reste de notre langue à Montréal; le prochain gouvernement agira dans le bon sens, espérons-le.
    Je songe parfois à mon grand-père Phil – que vous avez sans doute connu puisqu’il incarnait l’arrière grand-père Vieux Louis dans LA PETITE PATRIE. Son premier métier était celui de professeur de français et de diction; il serait bien désolé de nos jours par le massacre continuel auquel participent les médias électroniques. Et que dire du Web où 90 % des internautes qui laissent des messages sont incapables d’écrire correctement !
    Enfin, gardons tout de même espoir. Chaque personne consciente doit agir. Pour ma part, je suis correcteur; par mon métier, je suis donc au service de la langue française, et tente de contribuer modestement à sa survie. Quant à vous, continuez de la magnifier par votre écriture alerte et toujours colorée. Je relis d’ailleurs, ces jours-ci, MAMAN-PARIS, MAMAN-LA-FRANCE. Toujours savoureux !
    Au plaisir,
    Denis Desjardins

    À VOUS ET À CEUX QUI FONT LA MËME ERREUR: souvent je lis ce faux argument: « si vous aimez votre langue, parlez la mieux. »
    Cela est d’une facilité. Et on confond CAUSE et EFFET. Effet (triste)_ ET CAUSE (RESPONSABLE).
    Oui, avec UN vrai pays, souverain, il y aurait amélioration et plus grande fierté. La fin de la « seule » valorisation (conscient ou inconsciente) celle de l’english.
    C’est notre longue situation de colonisé (du speak white please ) qui a fait notre français délabré, magané, puni même (un temps, et si ma en point.
    Avec un vrai pays, une fierté nationale normale. la langue ira mieux; ce fut prouve ici et là depuis les décolonisations post-1960.
    Ici, sur ce continent « étatsunien » l’anglais est vu comme seule langue forte, admise, rayonnante, payante, etc. etc.
    De grâce cessons de brailler sur l’état du « bon peler » et luttons pour une patrie souveraine.
    Vos verrez les chialeurs, le français, s’améliorera, oui, oui, se redressera et vite. C’est souvent illustré ailleurs dans le monde des ex-colonies et cela non pas pour une forte langue internationale comme le français, mais pour des langues fragile et menacées, en Asie, en Afrique, etc.

    Claude Jasmin

  2. Alors, merci Denis, de ce pas, je vais chercher ce livre.
    Nous avons tendance, moi le premier, 65 ans, à décliner notre âge. Pcq, nous avons connu et vécu l’ espoir puis la morosité du  » règne  » Lévesque. L’ internet, la mondialisation ont accéléré le processus d’ oubli, de noyade, les valeurs ont changé. Pour toujours.
    À ma fille, prof de français au sec. je cache ma plaie de grande déception. S’ il fallait que le français survive, rebondisse. Mais là, contrairement à Claude, la marche est spéciale et bien haute pour y croire. C’ est le monde contre ce petit bled de Québec. C’ est pas Marois qui va nous  » sauver  » c’ aurait été Parizeau et les quelques intègres. Pourtant, on demandait juste un pays pour y vivre en français tout en faisant des affaires avec le monde autour. Il nous faudra rompre avec Ottawa ou mourir englouti. Sinon, comme les anciens de l’ Ile aux Coudres, nous serons folklorisé. Pour toujours, vous l’ ai-je dis ?
    Lionel Lefebvre,

  3. Claude,
    T’as que mettre la faute sur les gens de ton pays, taba! C’est eux qui veulent parler anglais a tous les coups. Moue, chu temoin! Alors, ca va? Les annees t’ont bien rogne? Chu en contact avec un poete de 93 ans. Il a l’esprit vif comme n’importe quelle jeunotte! J’espere que tout va bien chez toue. A propos, je vis maintenant a Barnstable dans le Cape Cod. L’ete prend fin… l’hiver arrive vite et nous viellisons comme des cons comme mon ami manceau Guy Choisnet a dit dans le temps…
    G. Tod

  4. Je partage vos sentiments sur le danger qui menace la langue française au Québec.Par contre,je suis également d’accord avec Tod Slone.En effet,les francophones nouvelle génération contribuent eux-mêmes à leur assimilation.Ils disent aimer leur langue,mais c’est faux.S’ils l’aimaient,ils ne la massacreraient pas comme ils le font en parlant ou écrivant tout croche.Ils ne passeraient pas à l’anglais aussitôt qu’une tête carrée qui vit ici depuis 25 ans,est encore incapable de dire deux mots de français.Avez-vous remarqué tous ces prénoms anglais que les parents francophones d’aujourd’hui donnent à leur progéniture? Les Kim,Cathy,Maggie,Sean,Steve,Terry,Jimmy,Tommy et j’en passe,pullulent et « y a pas d’problême,stie! » Au fond,Jimmy Tremblay,c’est tellement un beau nom français,mais je préfère Maggie Morin ou Tommy Thibault…

    Il est tard,peut-être même trop tard.À moins d’un sérieux,mais improbable coup de barre,je crois que dans 25 ans,le Québec commencera à ressembler au Nouveau-Brunswick.Dans 50 ans tout au plus,le français au Québec sera aussi foklorique qu’il l’est en Louisianne.Ça me fait mal de voir ça,mais en même temps je m’en fous,car j’aurai probablement déjà levé les feutres quand ça arrivera.

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