NOS COLLINES S’ALLUMENT !

« Que c’est beau…la vie », chante le bonhomme. C’est parti. On va revoir des cars remplis d’asiatiques étonnés de nos arbres allumés ! Il y a aussi l’actualité : il y a commémoration du terrorisme d’octobre 1960. Souvenir : candide, j’embarque dans un neuf parti de gauche pour me faire élire échevin à Montréal. Les enlèvements (Cross, Laporte) vont faire en sorte que notre campagne s’écrasera. Les électeurs fascinés par les nouvelles collent aux téléviseurs et oublient ces élections, Annulation de toutes nos assemblées. Ville désertée. Jean Drapeau, démagogue,  gueule : « Avec le FRAP, le sang va couler dans nos rues ». Ça aide hein ? Jean Marchand s’époumone : « Le FRAP est la façade du FLQ ». Ça aide ! En octobre 1970, des artistes mis en prison, les arbres se métamorphosaient néanmoins en lumineux plateaux de fruits, gigantesques palettes de peintre, terreur ou non, c’est comme chaque automne.

Ce brave maire Gérald Tremblay vu, pas loin du Marché Métro-Chêvrefils, qui marchait sous les toutes neuves couleurs. Souvenir encore : toujours candide, moi le pamphlétaire qui avait vertement critiqué les Juifs Hassidim —« au racisme tout inconscient »— d’Outremont, je veux devenir candidat dans… Outremont. Octobre, 1989. Le cher « Gérald » serait mon adversaire. Mais le «  bureau »  de « Monsieur », sur la Plaza,  doute de ma victoire. Et branle. : « Jasmin ? On le vire ? »  Je fuis. Plus tard, face à face lors d’un lancement, il rigolera : « Ah c’est vous, mon redoutable adversaire de 1989 ? » Il ricane gentiment. Dehors le rituel inouï d’octobre, les beaux bouquets couleurs citron, cerise, bleuet, orange, pommes.

Rancunier ? Oui ? En 1980, une veille de Noël, sur une plage de Floride, face à face avec le Marchand « retraité, déçu —la bataille du français aux Gens de l’air— les yeux ouverts désormais sur la « francophobie » fédérate. Il me sourit mais je lui tourne carrément le dos. Moi en façade du FLQ ? J’oubliais pas. Cette beauté dehors, hum, je viens d’un quartier populaire sans couleurs en automne. Béton, ciment, bitume,  asphalte, macadam autour de nous dans Villeray. Seuls, rue St-Denis, et Jean-Talon, deux peupliers mais sans coloration. Enfant, je ne saurai rien de cette lumineuse avalanche dans nos arbres de nos collines. On ne sortait jamais de son quadrilatère. L’église, l’école, le marchand de bonbons à la cenne et… la rue St-Hubert. Cela a bien changé, Dieu merci !

Souvenir : tout jeune, être venu « dans l’nord », un jour, pour vérifier les félicitations à la nature d’ici. Ravissement des yeux : c’était vrai. Collines d’octobre en vitraux fantastiques ! Le soir venu, goûteuses viandes au populaire « Quidi Vidi » (près de la clinique) démoli désormais. C’était vrai, partout de gigantesques bouquets. Tenez, près de chez moi, juste au haut du parc-amphithéâtre, premier sorti, un érable géant en feu ! Des roses d’une intensité ! Cette sorte de rose tout rouge ! Au tronc de ce champion, j’ ai accroché un bout de ruban, jaune, trouvé à terre.

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