CHANTER SAINTE ADÈLE ?

Le surdoué Luc Plamondon finira bien par nous chanter lu aussi. Il y a eu Ferland avec « À SAINTE ADÈLE P.Q. » mais, avant lui,il y a eu le grand Félix avec son train-fantôme qui roule en fou  et où « il y avait « seulement un passager qui était le conducteur, tchou tchou… ». Ça tournait l’autre matin à la radio publique. Juste avant la voix divine de Monique Leyrac qu a eu un timbre si vibrant, j’écoute :  « Pour cet amour qui vient de toi ». Frissons !

Clic, j’ai plongé. « Monsieur mon passé »… eh oui, encore et toujours. Image de la belle Leyrac qui, un jour, me saute dan les bras se laissant choir en souriant d’une des plateformes —trop haute— de mon décor inventé pour elle. L’idole au fond de mes bras, aïe !  Frissons, j’avais vingt-cinq ans. Cette plongée : me donne envie raconter comment Félix Leclerc était un joyeux drille.  Aussi un sacré menteur. J’étais en réunion de production, nous attendions le poète qui résidait à Vaudreuil. Jacques Normand —animateur de « En habit du dimanche— me dit : « Ça peut être long, le problème avec notre gars né à La Tuque c’est-que-c’est… un très grand marcheur. Encore une fois, il sera venu à pied de son village, partant aux petites heures. » Je regarde Jacques Blouin le réalisateur et il opine du bonnet : « Eh oui, un grand marcheur ! Moi, je n’en reviens pas. Quand, enfin, s’amènera rue St Luc —devenue Maisonneuve— le troubadour bien-aimé, je le questionne : « Venir à pied ? De Vaudreuil ? » Lui : « Non, non, pas cette fois. J’avais une émission de radio à CKVL à Verdun ça fa que…j’ai marché ça à ici ».

Toute une trotte, me dis-je. La « répète » terminée, la scripte me dit : « Quel menteur, regarde dans la cour, c’est sa petite  coccinelle que tu vois. »

Un farceur aussi. Normand me raconte : « Félix, louangé en Europe, est devant un micro de l’ORTF à Orly, France. Le questionneur s’amène, obséquieux, complaisant « genre », et  lui susurre : « Ô grand Félix-Le-Canadien, vous venez de quitter vos grands espaces, vos immenses espaces, vos bâtiments avec tous vos animaux, dur, non ? » Félix fatigué dit : « J’ai laissé ma chatte chez une cousine. J’ai confié mon chien au voisin. » Et il s’en va.

Normand toujours : « Une autre fois, il est à une radio de Nice, un animateur radio ose lui dire : «  M. Leclerc, on nous entend d’ici au Québec parfois, alors aimeriez-vous saluer un ami. Ou une amie ? » Blagueur cruel, mon Félix s’empare du miro et salue un par un, tous ses voisins de Vaudreuil en les nommant et en précisant « un bon menuisier, boulanger,un fameux, mon indispensable épicier. ET cela dura presque une demi-heure. Le gars s’arrachait le cheveux. Félix jubilait. »

Au coin de la rue Guy, ce jour-là, la coccinelle de Félix tournait et le docteur Norman Béthune me dévisageait monté sur sa statue.Ce célèbre médecin montréalais, ami et confident de Mao, le Grand Timonier, Béthune avait habité Ste Adèle. Et Félix aussi, c’est dans sa bio. Sainte Adèle a été un temps un fameux lieu de culture. Théâtre de répertoire dont « La mégère apprivoisée, un ciné-club, des concerts —oui,oui— des cours de peinture, de poterie, de sculpture. Gratuits pour les enfants de la place ! De son logis du bas de la côte Morin —devenu une crêperie— Pauline, la dynamique fille du vieux doc Rochon, animait tout. Peut-on rêver qu’un de ces jours, on puisse revoir cette vitalité culturelle adèloise ? Sait-on jamais.

2 réponses sur “CHANTER SAINTE ADÈLE ?”

  1. Les temps se suivent et se ressemblent un peu.
    Comme dans la chanson de Claude Léveillé…..les pianos mécaniques ont été remplacés par des boites à musique ( juke box ). Maintenant se sont les lecteurs DVD.
    Simple évolution….oui….mais nostalgie quand même. Seuls resterons, peut-être, les
    centres culturels non transférables au médium qu’est l’internet.

  2. Belle poésie

    Clic, j’ai plongé. « Monsieur mon passé »… eh oui, encore et toujours. Image de la belle Leyrac qui, un jour, me saute dan les bras se laissant choir en souriant d’une des plateformes —trop haute— de mon décor inventé pour elle.

    Nous étions deux rivaux, sans nous connaître……:D…:D…:D…lol lol

    Référons nous à Dubois « Femme de rêve »

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