« CACHEZ CE SEIN… »

Non mais… peut-on ficher la paix à ce brave bougre de petit maire du Saguenay ? Il a bien le droit de prier quelques instants en public. Ceux qui l’on traîné en procès sont des fanatiques immondes. Au Québec des athées militants sont comme des fondamentalistes extrémistes. Ces anti-crucifix, anti-prières sont des illuminés dangereux qui s’associent pour entrer en lutte (juridique) contre quoi au juste. Ma réponse ? Contre ce que nous avons été, contre d’où nous venons collectivement !

Comme toute nation, nous avons des traditions. Nous avons été fondés sur l’histoire chrétienne, sur les principes de la catholicité. Ça fait partie de notre héritage. Il en reste que notre bonne vielle religion fait partie intégrante de notre patrimoine. Parmi nous, plusieurs ont pris leurs distances, d’autres, plus rares, ont conservés les pratiques ancestrales. Telle la prière à l’hôtel de ville. Les crucifix sont donc des témoins de ces fondements culturels historiques. Bafouer, moquer, cracher sur ces signes sensibles relève d’une mauvaise santé mentale. Je garde, cloué sur ma porte de bureau, un pauvre bénitier de fonte dorée qui était, enfant,  dans l’embrasure de ma porte de chambre. Pis ? Un témoin  de ce qu je fus. Je conserve aussi un crucifix avec une tête de mort et deux os croisés aux pieds du crucifié. Souvenir de ce que je fus.

À un énergumène laïciste dénommé Baril, je dis un jour : « Doit-on aller dévisser et jeter par terre la croix illuminée du mont Royal ? » Il resta muet. Il reste une chose vraie, même l’agnostique a le droit de conserver des croix, c’est notre héritage, notre histoire. Les énervés, exilés d’eux-mêmes, racistes, se méprisent. C’est entendu, au nom de croyances il y a eu des abus, à l’occasion abrutissants. C’est le lot de toutes les civilisations sur cette terre. Je vais laisser, suspendue à mon babillard, le chapelet de « cristal de roche » qui me vient de ma grand-mère. J’y vois ses mains froissées, son visage ridé, j’entends sa voix chevrotante qui s’inquiétait de moi sans cesse, marraine qui vivait à l’étage. Nous formons  80 % de la population d’ici, nous n’avons pas à enterrer notre histoire, nous avons pu résister à l’assimilation (toujours menaçante) « aussi » à l’aide de cette religion, elle faisait partie intégrante de notre lutte. Nier cela, c’est se nier soi-même. Laissons ces reliques religieuses en paix. Fuyons ces querelles fraternelles. Il n’y a plus guère de grenouilles de bénitier ou de rongeurs de balustre, restons néanmoins ceux qui reconnaissent ce que nous avons été. Qu’un maire en province, candide et pieux, s’accroche à un rituel bon enfant, ça dérange qui ? Que des fanatiques anti-religieux. Voir quelqu’un prier, ou se recueillir, fait mal à qui ? Aux excités d’un laïcisme totalitaire, à des aliénés, au Saguenay, à l’Assemblée nationale, n’importe où ! Le fou démonté, dans Molière, qui criait « Cachez ce sein…, est le jumeau d’un autre fou gueulant :  « Cachez ce crucifix… »

10 réponses sur “« CACHEZ CE SEIN… »”

  1. Je suis entièrement d’accord avec tout ce que vous dites dans votre texte.
    J’ai dit à ma mère, lorsque j’ai eu vingt ans : »Depuis l’âge de quinze ans
    que je vais à la messe pour te faire plaisir, maintenant je cesse pour me
    faire plaisir ». Ma mère, très pieuse, m’a rétorqué sur le champ : « Allez don tousss chez l’diable! ». Je n’ai jamais cru qu’elle fut sincère en le disant.
    Elle était terriblement choquée.
    On laisse le droit aux fumeurs d’empoisonner notre air. Que ceux qui expriment leur foi, en plublic, le fasse librement. Pourquoi serait-il contraint
    de se cacher?
    Surtout qu’avec l’accommodement déraisonable, quelqu’un peut se promener avec une arme religieuse.

  2. @Claude Jasmin
    Sur votre billet : PLAN ESSENTIEL : DEVENIR DES « COLLABOS »
    j’ai écris un cemmentaire qui n’a jamais été publié.
    Est-ce une question de censure?

  3. Tous les mots sont là, tous les mots sont dits! Bravo monsieur Jasmin!
    Par chance que le Québec compte un certain nombre de personnes qui comprennent le principe. Je n’ai que 52 ans et j’adhère à tout ce que vous venez d’écrire ci-haut. Moi, je ne suis plus une catholique pratiquante. Je crois en Dieu, mais bien au-delà de ce que les Hommes en ont fait avec les religions. Mais, malgré tout, tout comme vous, j’ai grandis entourée de signes religieux et je respecte ceux-ci, car ils me viennent de mes ancêtres. Pour la MÉMOIRE de notre HISTOIRE, sainte misère!
    Je trouve toujours très pertinentes vos chroniques….continuez!

    Vie

  4. @Claude Jasmin
    Mon texte sur le [PLAN ESSENTIEL : DEVENIR DES « COLLABOS »] est là car le système de gestion des textes a détecté un doublon.
    Alors, je l’ai réexpédié avec un préambule

  5. Vous ennuyez-vous de recevoir un rappel à l’ordre ou d’une amicale tape sur l’épaule M. Jasmin ?
    Pour les 60 ans et plus, l’Église catholique que vous avez connue n’est pas celle dans laquelle j’ai grandi. Il y a une grande discordance entre les deux églises, celle de nos patriarches, celle des cinquantenaires dont je suis et celle que nous n’avons que peu pas transmis le sens et l’utilité.
    La vôtre était en latin ; le prêtre tournait le dos au peuple ; il y avait du sacré partout à tel point que le «sacré du sacrage» s’est répendu. Votre génération avait plaisir à chanter, en tout cas marmonner, des chants auxquels ils ne comprenaient rien, mais puisque c’était sacré. Il y avait foule aux processions. Il y avait de longues files devant le confessionnal ; il y avait… une autre époque qui est morte et qui refuse qu’on l’enterre avec des curés qui portenetencore la robe hérité du XVIIIe sciècle.
    La nôtre, notre église, elle était faite de remise en question ; de curés mal à l’aise de parler aux Hommes de face au lieu de dos ; elle s’est construite sur un monde qui était tanné que tout soit péché, mal ou interdit ; elle s’est animée au son de la guitare qu’on tôt fait de rejeter les plus vieux sous prétexte que ce n’était pas le sacré qu’ils avaient connu. La nôtre a inscrit son histoire dans un grand mouvement de laïcisation ; on pouvait penser autrement que de suivre bébêtement ce que le curé moralisateur imposait selon son humeur et ses frustrations.
    L’Église que nous avons transmise à nos jeunes est encore plus différente ; elle n’a aucun fond, rien n’y est plus sacré, les curés sont faits de chair et d’os et chez eux, un con est un con, même s’il est curé ; elle est faite de bénévolat, de Mission mondiale, des nouvelles internationnales qui demandent et imposent une entraide qui dépasse celle jadis nécessaire des fonds de rangs où le mot « sens commun » avait encore un sens ; de la montée des églises protestantes qui offrent une relation théiste individuelle au lieu de collective. Il y eu des percées du Bouddhisme, de l’Islam, de la Scientologie, et des autres.
    Ce qui avait été donné à croire pour vous n,est pas ce qui l’avait été pour nous et encore mois pour les plus jeunes qui à leur tour se cherchent une palce pour transmettre ce dont ils n’ont aucune idée. Pourquoi se battraient-ils eux, puisqu’ils n’ont pas la nostalgie du sacré que certains semblent avoir. En passant, le sacré était le thème de mon doctorat en théologie pratique avec l’Université de Montréal.
    Qu’on se batte pour sauver notre patrimoine, je suis bien d’accord, qui peut êre contre la vertu quand elle est bien appliquée ? Mais de quel patrimoine parle-t-on M. Jasmin ? Celui de quelle génération ?
    Que M. Tremblay de Saguenay, joue sa joute politique en utilisant le fait religieux pour choquer l’opinion publique et pour passer pour un héros et un sauveur de l’Église catholique (mais pas les autres évidemment) en se préparant ainsi un siège éternel au Conseil municipal, est une insulte à la décence à l’intelligence. Qui donc oserait se mettre en travers de son chemin sans passer pour un tueur d’église ? Ce n’est même plus un combat politique que M. Tremblay veut livrer, il glisse dans ce que les Québécois ont de plus flou, le sentiment d’identité.
     »Il faut savoir choisir ses combats », nous propose un dicton. M. Tremblay a choisi une arme contre laquelle il n’y a aucune défense sinon de durcir le ton, et par là démontrer notre mauvaise foi et immanquablement par la suite, passer pour des méchants qui n’ont aucun respect pour le fait religieux.
    Dieu n’est pas dans une médaille, un lampion, un chapelet, un vitrail, une chanson ou un crucifix, il trancende tout, c’est dans la prière et dans les oeuvres qui sont faites dans la foi qu’on peut s’en approcher.
    Je trouve beaucoup plus respectueux de tous et chacun, de donner à tous une petite minute de silence pour entrer en relation avec ce sentiment intérieur qu’est la foi que d’imposer une prière catholique à deux générations pour lesquelles ça ne fait ni sens ni raison.
    Quand on dit que la politique est sale…

  6. @webmestre
    Je m’amuse en informatique avec quelques ordinateurs chez moi.
    Et pour votre commentaire ci-dessous—–

    Je serais bien surpris. Ce doit être un problème technique. Peut-être qu’il n’a pas passé, trop long?. Pas vu.

    I don’t believe a word of it

  7. Il veut marmonner des inepsies le petit maire, laissez-lui sont plaisir et les autres de l’ assemblé municipale, profitez-en pour  » chatter  » sur vos cellulaires. Mais restez assis, soyez conséquent, ne l’ alimentez pas. Ça va lui passé, tous les maires passent.

  8. 3e tentative
    « l’hégémonie maudite de l’anglais. »
    —-Encore 60 ans et ce sera terminé.
    « Folie Notre indifférence »
    —-Pour le commun du mortel, à mon avis, plutôt de la méconnaissance.
    « le moindre filet de talent quand il émane des États-Unis »
    —-Avec la publicité, la plus petite grenouille devient un boeuf
    « Ces bourrés de fric aux USA crachent sur les autres cultures. »
    —-Ils subiront un jour un orage de salive
    « autarciques constipés égocentriques »
    —-hum!…autarcie par intention mais gonflée comme une fragile
    —-baudruche dont chaque individu me donne l’impression d’être
    —-plus épais…:D..:D..:D…que la baudruche
    « Ce voisin est « le » leader partout en Occident »
    —-Mais les fils vivront ce que leur mère à vécu : la gloire et le déclin
    —-Ce qu’ils faisaient dans les siècles passés avec leurs armadas
    —-et leurs guerriers, ils le font maintenant avec l’argent.

    Serons nous mieux nantis avec les Asiatiques????
    —-Je ne suis pas pro-américain ni pro-asiatique mais pro domo
    —-pour ma cause : un jour nous serons tous terriens gouvernés
    —-par des sages plutôt que gouvernés par des sales !

  9. Ça fait donc 50 ans que je crois plus à cette Église et son Inquisition.
    Nous avons eu nos extrémistes, nous aussi.
    Le crois ou meurt. Ma grand-mère paternelle nous a dit un jour que sa propre grand-mère n’avait pas d’âme.
    Même avec ces inepties et après l’avoir tournée en dérision, je garde dans ma chambre cet objet qu’on appelle Chapelet qui contient dans la Croix de l’eau de Lourdes.

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