UNE TRAGÉDIE GRECQUE

 

C’est Médée (tueuse de ses enfants) en pantalon qui a eu lieu par ici. Imaginez tout un peuple, les mains sur les genoux,  attendant la noirceur dans les estrades de pierres de l’amphithéâtre grec. Imaginez un de ces sombres récits où la mort fait des ravages. Les héros sont des dieux ou des importants héros sortis des contes oraux de ce temps. Des longues torches, de courts s flambeaux, jettent des lueurs sinistres sur les glaives, les poignards, les dagues. Le sang ! Des cris ! La foule fige quand l’effroyable Médée éclate en lamentations. Imaginez maintenant, pas loin d’ici, un joli bourg avec des cottages coquets, cuisines branchées, celliers aux vins luxueux, dehors, beaux jardins de pépiniéristes savants, fleuris, chérantes piscines creusées et des grands bourgeois, des docteurs en médecine qui font rentrer au budget annuel un demi million de beaux dollars. En ce bourg coquet, soudain la tragédie…

Deux parents médecins respectés, dix ans de vie commune, deux beaux enfants gâtés… Mais l’amour, en Grèce d’Euripide ou d’Échyle comme partout ailleurs, l’amour c’est comme le vent, ça souffle où ça veut l’amour. La jeune maman, jolie blonde comme encore dans sa graisse de bébé, a un amant. Entendez-vous les affreux cris de deux bambins qu’on poignarde ? Il n’y a personne dans l’estrade théâtrale de Piémont, il n’y a personne dans le voisinage bourgeois, personne pour voir le cardiologue respectable en train de se venger de l’infidèle. Ô la jalousie du triste héros de cette tragédie laurentidiene ! Se venger. Mettre à mort deux jeunes vies que l’infidèle épouse a mis au monde. Se venger de cette compagne qui l’abandonne.

Cris d’enfants terrorisés, ensanglantés, dans la nuit de nos si jolies collines. Ô misère humaine ! Le misérable dieu, Narcisse, guide méchamment le bras de l’assassin dans les chambres du chic logis de Piémont. Orgueil du trompé. Vanité

Atroce qui exige la punition la plis ignominieuse. Deux jeunes innocents entrent vite dans « la lumière » des Croyants, au paradis promis. Rideau !

Imaginez, jadis, le public qui quitte l’agora, les estrades, les oreilles et les yeux accablés…. Médée en pantalon, vengé, se terre sous son lit. Un enfant gâté avoue qu’il est un imbécile aux policiers accourus dans cette rue quiète du joli bourg tranquille. Rideau ! Un jour, un dramaturge fera le récit de l’horreur de cette nuit d’orgueil fou, c’est certain. Télé ou cinéma. Ou bien au théâtre  de plein air, ici, à Sainte Adèle, rue Morin ? Un jury vient de déclarer que le meurtrier, l’infanticide, ce Médée en pantalon, était fou. Ah oui ? Fou d’orgueil, c’est bien ça ? Rentrons chez nos, braves gens, que l’on éteigne les torches.

4 réponses sur “UNE TRAGÉDIE GRECQUE”

  1. Mais le pauvre homme n’a jamais dit qu’il n’a pas commis l’acte, il dit qu’au moment de la chose, il était dans un tel état qu’il était incapable de discerner le bien du mal ; pour un court instant il était fou, donc pour cette seconde et ce qui s’y est déroulé, il est excusé. Évidemment, cela va avec notre société, ce n’est la faute à personne.
    Je me rappelle de certaines colères de mes chaudes années et de ce qui s’en suivaient, pas facile parfois, mais que j’ai été conscient ou pas, mes colères étaient les miennes et j’ai du faire avec, aujourd’hui c’est beaucoup plus une guerre de juristes, de procédures et de qui sait lire entre les lignes mieux que l’autre, que la simple idée de rendre justice.
    Ca va être quoi la prochaine étape, un millionnaire à large conscience pour échapper à une contravention alléguera qu’au moment dit de l’infraction il était en colère donc qu’il est innocent, et s’il allègue une seconde d’inatention parce qu’il parlait sur son téléphone portable, au lieu de lui double-taper sur les mains, il se trouvera un commanditaire pour signaler que c’est sur sa marque de téléphone que monsieur parlait et que compte-tenu de ceci et de cela, monsieur devrait être acquitté, car comment peut-on être reconnu coupable de quelque chose qu’on fait sans s’en apercevoir.
    Est-ce que ça veut dire que si je prends un café en même temps que j’écris des bêtises que je ne suis pas responsable de ce que j’écris ? Et que si mon billet de loterie remporte le grand prix qu’il sera invalide car je l’ai acheté en compulsion, sans m’en apercevoir ?
    Y a-til plus stupide et irresponsable qu’un homme intelligent ? Dans 1 ou 2 semaines, le méchant monsieur sera une pauvre victime, vous verrez…
    Il n’y a pas si longtemps, mon voisin s’est fait briser une vitrine par un de ses garçons, 1e temps, c’est personne, 2e temps, c’est tout le monde, 3e temps, le coupable se dénonce, 4e temps, au lieu d’être puni, il est récompensé pour avoir avoué sa faute. Avoir su, comme a lançé le plus vieux, j’aura du dire que c’était moué…
    La justice… c’est quoi la justice, sinon ce qu’on veut qu’elle soit, surtout quand on a l’argent pour faire pencher la balance …
    Rideau !

  2. Voici arrivé le règne de l’ enfant-roi à l’ âge adulte. Il ne tolère pas plus qu’ avant la contrariété. Après la route et le bruit de son bazou, calotte vissée, conduite irresponsable, il passe aux meurtres mais, ça aussi, c’ est excusable, on a bien vu ! Pour acheter la paix, on fera dire ce qu’ on voudra à la loi  » écrite « . puis on se dira, ouf, ç’ aurait pu être pire. Oui oui . Hein Adolph le contrarié, hein ?
    Les vrais perdant ? Ceux qui croient encore que l’ homme nait bon et que c’ est la société qui le corromp.
     » C’ est pas moi, c’ est lui « , vieux film toujours d’ actualité.
    Un espoir ? Le coup du pendule, le retour du simple bon sens ; payé pour ses mauvais coups, récompensé pour les bons. Mais il y a une nouvelle donne. La valeur de la vie a changé. Effet de surpopulation, de sur-information ? L’ être humain veut se noyer dans la foule et vivre en même temps.
    Adieu St-Ex ;  » ce qui donne un sens à la mort donne un sens à la vie « . Sans repère, ce sera le sauve-qui-peut général.
    Bon, il est assez tard, allez les enfants, faut aller sous terre…..

  3. Je ne crois pas à la justice punitive. Oeil pour oeil, dent pour dent? Non!
    La société doit restreindre la liberté de ceux qui commettent des crimes,
    non pas pour les punir, mais pour les empêcher d’en commettre d’autres.
    Celui qui a bu boira.
    En même temps, nos prisons doivent reprendre leurs véritables raisons
    d’être et cesser leurs récentes vocation d’hotel.
    Condamnation à huit ans de prison pour un jaloux qui a tué sa femme et
    il n’en fera que quatre???!!!! Nous sommes loin de l’intelligence de Salomon.
    Aujourd’hui, la justice n’est qu’une question de fric. Plus de place on les
    relâche. Tout ça ne lance pas un bon message aux jeunes qui constatent
    qu’enlever la vie à quelqu’un coûte seulement 4 ans. Référence à la mort
    de la fille de Jean-Louis Trintignant.

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