TUTTI FRUTTI

Un aimable loustic : « Des romans, j’en lis rarement mais vos brefs romans dans mon hebdo favori, oui,  toujours. Pourriez-vous me recommander un ou deux de vos meilleurs romans ? » Lui dire : « Mes préférés ? « La sablière, Mario », où je raconte la triste vie d’un frère handicapé. Qui était ma sœur dans la vraie vie. Aussi, « La vie suspendue », où je raconte ma vie avant, pendant et après un suicide que j’ai vu de près en février 1983, hélas, vécu. » Jadis, j’allais demander aux librairies un roman de Gabrielle Roy, ou d’Yves Thériault, ils les avaient tous en stock. Maintenant ne cherchez plus un livre qui date d’un an chez Archambault ou Renaud-Bray, tout est renvoyé après six mois à l’éditeur. Eh ! Allez donc  à votre biblio publique.

Cou’ don !, a-t-on tué mes petit canards ? On les voit plus défiler. La mère est seule. Parfois accompagnée d’un ou deux bons amis ! Une Médée, un docteur Turcotte ? Je m’inquiète. Ou déportés dans un camp de concentration, au grand nord?

Photo dans Le Devoir : de la renouée japonaise et mon souvenir que c’était la plante chérie de papa mort. Il en planta deux tiges un été. L’été suivant, le parterre d’en avant en fut couvert entièrement. Ça renoue cette renouée !

Août entamé et notre beau sorbier va montrer ses fruits orangés. Réserve d’automne et d’hiver pour la gent ailée. Notre grand mahonia va faire bleuir ses fruits et, en 15 jours, tout sera mangé ! C’est beau la neige quand même, non ? Avez-vous hâte ?

Mangez dehors, l’été, quel bonheur ! Chez Juliano, juché sur une collinette de la sortie nord de Sainte Adèle en face du sombre Château Sainte Adèle, y vivre un jeudi soir parfait. Avec ma chère bavette, parfaite. Le spaghetti aussi. Les pennine de ma blonde, parfaits itou !Tout autour de la terrasse le beau boisé ! Des chaises pour l’apéro. On se croirait chez Derouin, à Val David, pas loin de son expo de bricoleurs naturalistes intitulée  « Leg ». Faut que j’aille visiter ça.

Certains matins, m’imaginez-vous en voleur ? De fleurs, —hydrangés blancs énormes— dans une haie de ma  tabagie Le Calumet. Proprio Taillon rigole : «  Servez-vous, allez-y, ce sont les fleurs du notaire Jean. » De gros bouquets et Séraphin-Jasmin est b’in content, viande à chien. De plus c’est « mon » notaire car, accoté-pas marié pantoute, il m’a fallu rencontrer Me Jean pour testamenter.

J’y repensais, cette belle vieille maison de pierres, Chez Juliano, il me semble que c’est l’ancienne demeure de Jean-Charles Harvey, pas très sûr, maison de l’auteur conspué —sous Duplessis— du livre scandaleux : « Les demi civilisés ». Nous tous en 1944 ! Un livre introuvable en librairie ! Ce pamphlet lui fit perdre illico son job au gouvernement. Ce Harvey courageux dirigea longtemps, réfugié à Montréal, l’ultra populaire hebdo Le petit Journal. Là où, à vingt ans, on m’acheta ma toute première nouvelle. Cinq pages. 20 piastres !

Qui écrira maintenant Les demi colonisés ? Du genre à se voter « non » deux fois ! 1980 et 1995. Allons, jeunes auteurs,  courage et perdez votre job !    

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