QUAND PARIZEAU, MON RAT MUSQUÉ, PLONGE

Heureux, détendu, allongé au bord de l’eau dans mon transat, une sorte de bio d’Anne Hébert à la main, je roupillais —on a un été si beau— et, soudain, bruit au rivage, je vois une bête mais c’est flou et paf ! Un plouf gigantesque, c’est lui, c’est Parizeau, mon rat musqué pas vu depuis longtemps qui plonge du quai ! Derrière moi, traverse le terrain, un chat au pelage d’un rare beau gris, très fourni, on croirait à une bestiole sauvage ! Je miaule. Il stoppe, me dévisage et puis miaule à son tour puis s’en va la queue en point d’interrogation, chez Blondinette  —qui est devenue Noirette, ô teinture des femmes ! Ainsi Valdombre se serait fait une « blonde »; ma foi, il a du goût mon vieux monarque bougon. Fuyant les bruyants rénovateurs, hier, chez Luau, vision de la fuite éperdue d’un chat très noir mais aux quatre pattes toutes blanches. Je souriais : chat ayant trop trempé dans du lait ou bien dans cette peinture pour les lignes de la voirie ?

Bonheur des matins d’été : le mini marché, rue Valiquette, avec le joyeux Gauthier, ses petits fruits, ses concombres, ses jeunes fèves, son beau maïs. Dire que cela va finir bientôt, merde ! « On a du beau blé dingue », criait le maraîcher de ma ruelle.

Revoir enfin mes sept canards…grossis ! Maintenant, chaque après-midi c’est leur parade, un défilé stimulant, si joli. S’y joignent souvent pas deux adultes mais quatre ! L’autre jour, le « groupe des sept », tous  avachis sur mon radeau. On aurait dit les plaques rondes d’un jeu de « shuffle board ». Ou encore les grosses pierres d’un jeu de boulingrin, alias curling. Cocasses rondeurs brunâtres.

Les onze reviennent et m’examinent ?, s’approchaient, je leur jette alors des baies rouges de chèvrefeuilles pour voir…et ils en mangent ! Ma joie enfantine. Un matin ma Raymonde ébahie : « Tu dormais encore, je me suis réveillée, suis allée à la fenêtre et j’ai vu la mer ! Mais oui, il y avait une imposante brume tout le long du littoral d’en face, le ciel bleu clair était joint à cette brume, alors c’était l’infini. Plus de Chantecler en face, plus rien,  juste du blanc emmêlé au bleu,  c’était vraiment océanique ! »

       Je lis dans une gazette  les paroles —« Dans ma Camaro »— d’une  toune pop de Plamondon du temps que je faisais des décors de Variétés; dont la scénographie d’un mignon gosse, Steve Fiset, favori du tribun Bourgault longtemps. Cette Chevrolet Camaro avait fière allure et, au garage rue St Hubert et Jarry, je fus séduit. J’avais acheté une Corvair, modèle pimpant mais accident sur L’Acadie et la Corvair inutilisable. Mon vendeur : « En échange vous pouvez prendre notre Camaro. » Un cabriolet blanc qui me dura longtemps. Devenu Rouge et bien vieillot, je le vendis un jour à mon futur gendre; Marco goguenard perça des trous dans le plancher et, capote ouverte, lavait sa Camaro à grandes eaux avec le tuyau du jardin ! On rigolait.

Oh, Parizeau qui réapparaît et, plouf ! qui plonge de nouveau. Les onze canards me reviennent. Vite, à mes baies rouges : têtes à l’eau et culs en l’air. Comme en mosquée ! Au fait ça goûte quoi ces baies ? Non, je n’ose pas…          

Une réponse sur “QUAND PARIZEAU, MON RAT MUSQUÉ, PLONGE”

  1. Un rat musqué nommé Parizeau!
    Je vois le parallèle…. rondelet, des poils sous le nez, le liquide est son élément favori. Assez cocasse et plein d’humour.

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