FORTES FEMMES EN CANOT !

Dans mon canot, aviron en mains, je fais le tour du lac Je me sens bien bourgeois quand je me compare à tant de nos ancêtres, intrépides canoteurs. À notre bibliothèque, un livre renversant : « Elles ont fait l’Amérique » par Bouchard et Lévesque (Lux éditeur). Ce bouquin raconte les renversantes aventures de femmes pionnières dont les prouesses sont oubliées par l’histoire officielle.

À un bout du lac, j’observe le parc, sa jolie plage, à l’autre bout, un rivage préservée où le lac prend sa source. Je chantonne en hommage à ces découvreuses « Envoyons de l’avant nos gens… » Lisez ce livre fascinant, lisez sur cette Mina qui canote en baie sauvage d’Ungava. Qui explora le Labrador, y fit des cartes, des photos et publia des récits au pays des Naskapis. Retraitée d’aventures, Mina (Benson-Hubbard)  ira faire des conférences, à Londres, Paris, Rome. Elle  sera une vraie « coqueluche » pour des auditoires étonnés. En canot, en kayak, vêtue de peaux de caribou, Mina étudie les Esquimaux (les Inuits désormais). Vieillie, cette « hors du commun » discutera avec les Bernard Shaw, Henry James et un jeune colonel nommé Winston Churchill ! Notre savant Jacques Rousseau, épaté, s’en fera une confidente.

Pas moins renversante : Esther (Wheelwhrigt). Vers 1705-10, des Abénakis attaquent ces lieux où l’on va en vacanciers : Ogunquit, Kennebunk, York et c’est à Wells qu’Esther se fait enlever. Mode de prendre des otages Blancs pour exiger des rançons. Élevée en forêt du Maine parmi les « sauvages », canoteuse sur les rivières, elle est une indigène —au visage enduit de boue contre les moustiques. Conduite à Bécancour pour transiger, Vaudreuil acceptera de payer. Fusils, couteaux et rhum. Plus 40 écus. Esther sera conduite au pensionnat des Ursulines, le papa Whellwrigt est introuvable. Instruite, brillante, cette sauvageonne deviendra la directrice des Ursulines ! Lors de la défaite de 1760, Esther —une anglaise— sera le chouchou des Anglais. Ils accepteront de reconstruire le couvent qu’ils venaient de bombarder.

Il y a Elisabeth, devenue Isabelle, une Montour, une métis farouche, fameuse en canot canoteuse elle aussi. Elle est un  « truchement » fameux , une interprète, car elle parle plusieurs langues amérindiennes. Cette Montour ira explorer aux Grands Lacs, la région de Chicago, Détroit, villes pas encore fondées. Elle rencontrera le chef Pontiac, héros de la Grande Paix amérindienne de 1701, aussi le fameux Radisson. Aussi un jeune officier du nom de George Washington ! Madame Montour, dite la « Mal engueulée », fut une « coureuse des bois » respectée. Devenue très vieille, on la voit encore canoter, monter à cheval, se tenant très droite, devenue aveugle mais pouvant encore guider jusqu’en Ohio,  —terres vierges encore.

Hélas, pas l’espace pour Susan Laflèche-Picotte qui finira dans le show business avec Buffalo Bill. Ni pour Marie Dorion, refaisant l’expédition de Lewis et Clark, amie du célèbre Toussaint Charbonneau, fondant en Californie du nord, un village de Québécois ! Ni pour Émilie Fortin, Saguenayienne, unique « chercheuse d’or » au Yukon ! Ni pour cette Marie-Anne Gaboury, qui canotera de Lachine —où on met vingt canots à l’eau— naviguant l’Outaouais, les lacs, jusqu’au Manitoba pas encore fondé. Sans parler —partie de Sept-Iles et canotant dans la baie d’Hudson— de cette Maude (Maloney-Watt), dite « La mère Castor », nourriture des Cris. Femmes, vous devez lire ce livre ?

Une réponse sur “FORTES FEMMES EN CANOT !”

  1. Pas étonnant qu’elles ait été ignorées de l’histoire : selon la religion catholique, qui fourrait son nez partout, les femmes n’avaient pas d’âmes.
    De plus leur comportement ne s’intégraient pas au modèle de femme peint par la religion, soit faire des bébés, obéir à leur mari ….etc.. Comment des êtres humains, qui se disent représentant de Dieu ( quelle prétention ),
    peuvent-ils avoir et mettre en pratique de telles idées.

    Avec l’arrivée d’un certain groupe ethnique, le statut de la femme va encore en prendre un coup, jusqu’à peut-être régresser. Mais ça, c’est un autre débat.

    Ce livre m’intéresse. Il me le faut!

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