VISA LE BLANC, TUA LE NOIR !

Au « Phénix », Chemin Bates à Outremont—où nous avons un mini appartement (pied-à-terre)— m’arrive une Raymonde excitée : « J’ai jamais vu ça, une bestiole blanche comme neige, albinos, un écureuil habillé d’hermine, déguisée « en immaculée conception ! » Suis jaloux; c’est pas à moi —qui aime tant les p’tites bêtes— que ça arriverait. Le surlendemain, rentrant à pied de « Chez Serge », à ma chère École Hôtelière : un écureuil… d’un noir total, une vraie boule de noir-à-chaussure. Il grimpe sur le Sacré-Coeur devant l’église. Tache noironne sur le cœur très sacré ! Puis s’amène une (pas moins) noire… corneille…qui se pose sur le crâne de béton du Jésus (moulé en série). Une noiraude peluche, trépignante, animée !

En 1945, le grand frère de papa rentre de 20 ans de Chine-du-nord. Il apprivoise sur son balcon du couvent de Pont Viau, des écureuils… « noirs », me disant : «Ça nous vient de Belgique, ces noirauds-là ». Je les observais qui mangeaient dans la main du missionnaire retraité (aux curieux : je raconte mon oncle Ernest dans « Chinoiseries », vlb-éditeur). Rue Beauchamp, mon p’tit nègro court sur le balcon d’une maison « toute bleue », la demeure, m’a-t-on dit, d’un adolescent du nom de Claude-Henri Grignon ! Et de ses frères. Leur papa, veuf mais remarié, vivait juste à côté, rue Morin. La cause ? La haine de ses fils pour « sa » deuxième femme. Le « gros docteur » avait fait construire un tambour-passage reliant cette maisonnette bleue à la sienne et on peut aller voir les traces de ce tunnel autour des deux portes, celle de la « bleue » et celle dans la cour, rue Morin. Allez voir, coin Beauchamp, cette longue maison du « papa boudé » avec sa cocasse rangée de cinq (5) pignons au dessus des cinq (5) mini balcons.

Au « P’tit resto’ —devenu un smoked-meat— rue Valiquette, un soir d’été, il y a longtemps, un quasi centenaire, monsieur Lupien (mort il y a peu), me jasait du passé; ô la belle soirée « d’audience » du souverain-conteur; on me connaît, je buvais ses… souvenirs. Mais comment savoir si cet aïeul n’inventait pas ! Un midi, il y a longtemps, je voulus présenter l’ancêtre Lupien au chanteur Claude Dubois mais, en retard, Dubois resta juché sur son Harley-Davidson. La crédulité du monde ? Dubois me confia : « Écoute bin ça, j’ai loué au Sommet Bleu, juste à coté de la croix lumineuse. Je raconte aux gens que, chaque soir, c’est moi qui plogue le crucifix de fer et que, tous les matins, je dois aller tirer la souitche. On me croit ! » Il riait.

      Bon, vas-y, installe-toi bien novembre. Enfin remplis les sacs orange de feuilles mortes. Pas par moi, trop vieux votre chroniqueux, il ne s’échine plus au râteau. « 81 » sonné jeudi dernier.  Humiliation bégnine ! Me reste à guetter « mon écureuil noir » et espérer en voir un tout blanc. Au fait, à quand la première neige ?,  blanche comme l’écureuil du Phénix à Outremont.

Une réponse sur “VISA LE BLANC, TUA LE NOIR !”

  1. Bonjour.
    Un truc pratique pour ramasser les feuilles, c’est un vieux drap qu’on étend par terre sur lequel on fait une montagne de feuilles. Rejoindre les coins opposés puis sauter dessus a plat-ventre pour écraser. C’est le même principe que le ¨fleurier¨utilisé autrefois par les montagnards pour tranporter le foin.
    Salutations.

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