LES EMPIRES ET MOI ! (une réplique)

J’avais donné « La petite patrie » aux Éditons La Presse, donc à l’Empire-Desmarais, ce fut un franc succès d’édition  et je l’ai pas regretté. En ce temps-là (1972) mon éditeur habituel, l’ancien Leméac (de feu Yves Dubé) négligeait de me verser mes droits. Pour mes chroniques hebdomadaires je fais affaire avec Quebecor, l’Empire-Péladeau et je ne le regrette pas. Chère Josée Pilote, j’ai lu votre verte diatribe où on laisse entendre que ma liberté d’écrire ce que je veux serait en danger à cause de …L’Empire. Lire cela chez un concurrent. « Accès », est fortement prématuré. Une directrice s’évertue à effrayer le public ?  Or, jamais je n’ai pu percevoir la moindre censure, là où je suis publié, j’y jouis d’une totale liberté.

Mettons les choses au clair : Madame Pilote vous menez une guerre commerciale. Soyez plus franche. Il s’agit d’un business, et des prix d’une page de publicité. Ma liberté d’écrivain, comme vous le lassez entendre, n’a absolument rien à voir avec cette bataille des prix des pubs. C’est de l’amalgame niais. Je n’y connaît rien en cette matière des « commerciaux » offerts aux marchands  « pas chers, trop chers ou trop bon marché ». Ça ne me regarde pas. Prière de ne pas mêler le public.

Je sais fort bien que mon roman annuel est offert « pas cher » chez Costco, oui, bien moins cher (hélas !) que chez mon cher petit libraire indépendant habituel. Nous sommes, auteurs, impuissants sur ce sujet. Les créateurs, les écrivains ne sont pas conviés aux affaires de distribution, etc.

Si mon hebdo offre « une page de pub » à meilleur compte qu’un autre hebdo, c’est une question qui ne me concerne pas. Il y a telle chose que la liberté de commerce, je suppose. Je me souviens, enfant, de la colère de ma mère chez notre épicier Bourdon (rue Chateaubriand) lui criant que les prix étaient « bien meilleurs » au Steinberg qui venait d’ouvrir rue Jean-Talon. C’était un empire naissant. Qui n’a pas duré. Bourdon est devenu un « Métro ». Juste dire ici que l’industrie (quelle qu’elle soit) mène un jeu purement affairiste hors de notre intérêt et de notre portée.

Que les gros joueurs, les joueurs puissants, évidemment, mènent le bal, c’est vieux depuis les premiers trocs en Assyrie !  Cela dépasse le rédacteur qui rédige une chronique. Vive la liberté madame Pilote ? Si je revois l’ami Pierre-Karl Péladeau à notre resto préféré —« Le petit Italien » de la rue Bernard— je ne vais pas lui « dicter » le prix qu’il doit exiger pour les encarts publicitaires commerciaux dans ses journaux. Tout de même. Par contre s’il m’annonce qu’un sondage maison indique que je suis très peu lu, là, oh !, je vais filer doux et lui faire des promesses d’amélioration.

Bon, bref, cette guéguerre n’autorise personne, madame, à laisser entendre que la liberté des chroniqueurs de Quebecor (Pays d’en Haut) est menacée. Belle foutaise et bête amalgame, arguments fallacieux, pour embellir, anoblir (?) « une simple bataille des prix ». Querelle hors de sujet quant à mon indépendance d’auteur. J’ai été souvent collaborateur de publications modestes et risquées, tel Québec-Presse. Librement. Dans ces modestes journaux, j’y étais ni moins libre, ni plus libre qu’ailleurs; par exemple à La Presse (1960-1965) un temps, ou au Journal de Montréal (1970-1976). Ne mélangeons pas, madame, les serviettes et les torchons, il y a l’écriture en toute liberté et il y a la chamaille ordinaire des espaces à vendre pour la publicité.

À bon entendeur, recevez mes salutations amicales et mes bons voeux de succès à votre hebdo.

 

(30)

 

UN CANARD PERDU, UN FIER CHAT ET VIEILLIR

Mon cher Jacques Brel chante que… le ciel y est si bas qu’un canard s’est pendu… » Je revois mon canard solitaire, comme perdu, égaré, il rôde, plonge et replonge, disparaît parfois si longtemps sous l’onde… suicidaire ? La Florida —où ma fille Éliane s’en va hiverner—  ne l’attire donc pas ?

À un de nos feux de feuilles mortes, visite du Souverain pontife chat (de ma voisine). La lourde bête me frôle : pas un seul regard, je l’appelle, ne se retournera pas d’une oreille ni d’une moustache; l’indifférence absolue. Cheminant lentement vers le vieux saule : noblesse ! Pas un chien au monde resterait aussi superbe, les chats sont des princes.

De sa petite rue St-Michel à Val David, mon fils Daniel n’est pas un indifférent et veille sur son géniteur. Le 10 novembre, cadeau d’anniversaire : bouquin du docteur Benetos, gériatre connu, 280 pages pour un « L’ABC DU CENTENAIRE », Laffont éditeur. J’y retrouve le menu connu : pas de tabac, pas d’alcool, faites de l’exercice et méfiez-vous des « recettes-miracles », aussi des gourous et autres gamiques en psycho-pop, enfin des substances « à la mode », chinoises, etc.

L’hérédité ? Lâchez tranquille « popa et moman » : que 20% en garanties et si tu fumes sans bouger, rivé aux écrans, oublie tes parents en grande santé ! La vitamine « D », oui, oui, mais le yaourt, surévalué dit Benetos. Le vin rouge?,  oui. Le blanc, non ! Ni bières, ni alcools, du caca ! Du botox pour madame ? Pourquoi pas ? Du Viagra pour monsieur ? Oui si on a le coeur en forme ! Mais, avant tout : marcher, skier « à fond » et en collines, vélocipédaler aussi, et « crawler ». Nager quoi ! Le gériatre de Nancy insiste : « Faites rire et riez. Le plus souvent possible. Fameux médicament, dit-il, et  gratuit.

Oh : le bref récit de mon camarade Gilles Archambault, lu avant-hier, m’a fait éclater en sanglot dès la page 35. Des deux d’un vieux couple uni, « celui qui reste…vit en enfer », chantait Brel, encore lui, l’immortel. Déception : je reste de glace en lisant ( Prix Renaudot!) la vie de Édouard… « Limonov », signé Carrère. Assommant. D’un ennui grave, Carrère, « fils de famille parisien », s’entiche d’un déboussolé né en Ukraine, filant à Moscou. Une gouape. Ganache à grands coups de gueule d’anarcho-fasciste. Bien long récit (Moscou, New York, Paris) avec du« name droping » éhonté. Potinage mondain. La critique (ici et ailleurs) ? Bien complaisance.

Je rentre maintenant —800 pages— dans une autre vie racontée. Celle de Gaston Miron, animateur —poète parfois—et infatigable prédicateur de notre liberté. Ça débute en Laurentides au temps de la Grande Crise mondiale ! Sainte Agathe commerce. Pierre Nepveu, le raconteur, se montre méticuleux, un travail d’obstiné, soucieux d’exactitude. Son vrai nom « Edgar Migneron » ! Eh oui !, des curés durs de la feuille allant vite en besogne. Sur sa stèle, vous verrez les noms de ses ancêtre tous analphabètes. Miron, laid, généreux, prophète,  ex-religieux enseignant, nous parle encore : « il fait un temps de cheval gris qu’on ne vit plus/ il fait un temps de château très tard dans les braises/ il fait un temps de lune dans les sommeils lointains ». Je suis à la page 40, j’ai le temps.

 

 

* (Gilles Archambault: « Qui de nous deux », récit, 120 pages, Boréal)

COUP DE « POING… À LA LIGNE »

 

Ce bouquin (aux Intouchables)  signé Norman Lester, j’y reviens, est à mettre sous le sapin. Ainsi vous en saurez davantage…

1- sur : les agents de la CIA en Afghanistan au temps des « méchants » Russes, qui enseignaient le terrorisme. Mais oui, à piéger des voitures, à fabriquer des bombes artisanales ! En somme, la « technologie du terrorisme » puis, les Russes partis, ces « initiés » se transforment en « fous-d’-Allah » armés à Kaboul et vont fonder  Al Qaïda ! Tel, en 1993, ce Youssef à Manhattan, viendra ce Mohammed et les DEUX TOURS! L’enfer ! Et la vicieuse « ISI » au Pakistan. Dites merci à la CIA.

2- sur : les militants-Libéraux de Jean Charest ? Un « parti d’anglos-ethniques » avant tout, écrit Lester, et il se dit déçu de son ex-camarade (Radio-Canada), Christine St-Pierre, qui ira s’y creuser une niche.

3- sur : apprendre que Chrétien stoppa net l’enquête sur nos soldats dégueulasses en Somalie (1993), cette sordide affaire révélée par un médecin-soldat écoeuré : nos troupiers torturaient volontiers des prisonniers somaliens. Vite : dissolution de ce  régiment aéroporté et, paf!,  plus d’enquête

4- sur : la francophobie hurlante face au renvoi de 10% de ROMS,là où ils sont un demi-million. C’est 750 millions de gitans dans les Pays de L’Est avec plein de racistes  anti-Romanichels, surtout en Roumanie.

5- sur : le tabou à propos d’un odieux génocide à TerreNeuve.  Amérindiens exterminés, tous, les Béothuks. En 1829, disparaissait le tout dernier Béothuk. Silence. Tabou.

6- sur : l’Angleterre où diminue sans cesse l’historique et vénérable religion «l’Anglicane ». Qui fut d’abord une sorte de secte catholique (!) farouchement anti-papiste. Cette église où des femmes ou des homos peuvent devenir prêtres, agoniserait. Ainsi Tony passa chez les « cathos »

7- sur : le zèle farouche d’une Sheila Coops pour l’arrosage de fric sur tout le Québec —« commandites ». Un zèle approuvé nos anglos et nos demi-assimilés québécois… dont McClean osera publier que ce pourrissement est « génital» ( « ces Québécois ont la corruption dans le sang ».)

8- sur : Ferraras de la RCMP publiant que Trudeau ne craignait nullement le FLQ en octobre 1970 mais une certaine sympathie dans le peuple, effet du manifeste lu à la télé. Lester écrit qu’Ottawa savait —et très bien— qui était le auteurs à chaque enlèvement.

9- sur : le fameux « Lieutenant Casey », va-en-guerre fou, et l’auteur d’un massacre de 50 civils vietnamiens. D’abord la prison puis, après 24 heures de tôle, on changea Casey en héros national qui fut médaillé par Nixon

10- sur : le syndicalisme devenu petit-bourgeois, corporatisme égoïste, les agents inconscients de l’actuelle stagnation. Oh ! C’est le cher Richard Martineau, captivant chroniqueur à LCN et au Journal de Montréal qui va apprécier. 11- sur : son dernier scoop (2001) à Radio-Canada, : « Qui est Gilles Breault alias Mouamar ? ». Norman Lester avait osé raconter ce Beault, payé par la RCMP, qui joua le provocateur (masqué en islamiste) nommé : Joseph Mouamar ! Qui voyage à Khartoum, rencontre, oui, Ben Laden, (1996), va en Afghanistan et au Pakistan, en France aussi. Puis notre Tit-Gilles Breault rentre au Québec, farouche Arabe anti-sémite. Breault va expédier des «menaces à la bombe », par exemple, au Cégep Rosemont, en stations du métro, On veut voir s’amener des illuminés,, il n’en vient aucun ! De Paris, un célèbre traqueur de terroristes vient à Montréal pour le questionner (le célèbre juge Bruguière). Affolée, notre « police à cheval » va le cacher au Motel Universel, rue Sherbrooke. Le scandale éclate, enquête torchée nommée « Châle », un léger blâme à la RCMP, des excuses à Paris et pouf!, affaire étouffée. Ah oui, lisez ce «  Poing à la ligne ».

 

 

 

 

(30)