ALEXIS, VIANDE À CHIEN !


Grignon, dans sa bien longue saga laurentidienne fit de son Alexis un symbole de liberté, un fier beau gars privé de son égérie, la soumise Donalda, « vendue » par son père. Il y a un autre Alexis, acteur et auteur, un petit bourgeois d’Outremont, élève d’une école avant-gardiste et qui aura bien meilleur destin qu’Alexis Labranche. Cet autre Alexis, questionné par Dame Pétrowski m’en apprenait sur mon petit camarade de la SRC, Louis.

Cet Alexis, pondeur de « Matroni et moi, s’installe dans la maison d’enfance, fouille « le tombeau » du papa disparu; comment faire « le ménage » des archives ? J’ai confiance. Louis fut un journaliste emeritus de la jeune télé publique et son fils devra raconter les débuts de la « Révo dite tranquille ». Hâte de lire cette biographie car n’est-il pas étonnant que notre libération ait eu comme riche source une machine fédéraliste d’Ottawa, Radio-Canada. Le fier Pet Trudeau, d’Outremont lui aussi, voyait notre néo-nationalisme comme « plaie d’Égypte ». Il s’écrira : « On va mettre la clé dans cette boîte, Radio Canada, ce nid de séparatistes ! » Ce fut l’annonce de « radio-cadenas » ! De nos jours, Radio Canada a précarisé tous ses employés et « presque tout » est confié aux « privés ». Rien à craindre. Le Radio Canada de feu Martin fut une efficace machine, essentielle à notre nationalisme nouveau.

Son papa, comme tant d’autres, fut de ceux qui devaient calculer les coups portés. Rivaliser d’astuce pour participer au neuf nationalisme qui n’avait plus rien à voir avec le nationalisme duplessiste, clérical et conservateur. Pauvre Trudeau, le dénommé « Réseau français » était un « foyer actif » de nationalistes. Duplessis était hanté par la haine du socialisme, Trudeau, lui,  par ce fringuant Québec nouveau « Deux frères » au fond, Pet et Maurice ! Alexis racontera ce brillant Louis et en viendra forcément à raconter ce beau cortège libérateur.

Cet Alexis-là, jeune choyé, va se passionner pour le théâtre, existence risquée, il va s’associer avec Robert Gravel, le fondateur de la LNI et puis auteur. Robert n’a pas connu la jeunesse outremontaise, il venait d’Hochelaga Maisonneuve. C’est rue Parthenais, angle Ontario, qu’il installera son toujours excitant théâtre. Alexis, jeune, dit Petrowski, dévorait les écrits de Tolstoï mais Gravel s’adonnait, houblon en main, à ses chers « jeux-de-société ». Mort jeune, Gravel inventera une dramaturgie à l’hyperréalisme étonnant, forts textes.

Rue Parthenais, désormais y officie Alexis. Parfois en pièces exotiques bien éloignées de l’essentielle quête d’identité. Le papa d’Alexis, journaliste hertzien donc, fut un ardent acteur et observateur en nos batailles libératrices là où il y avait plein  de collabos fédérats parmi des valeureux « résistants » et, fort  imprudents, certains se firent congédiés. Brutalement. Gérald Godin, Louis Bourdon, aussi un Norman Lester. Paradoxalement ce Radio Canada d’antan, toujours guettée par l’État fédéral, fit naître l’actuel Québec moderne,  Fier-Pet fut cocufié.

 

 

VIVE LE CANADA LIBRE !

 

Au Québec, des observateurs critiquaient Gilles Duceppe quand, paradoxalement, il s’époumonait afin d’améliorer le Canada, lui reprochant de se faire aller la margoulette aux Communes pour rendre Ottawa moins centralisateur. Une bêtise, disait certains, dépourvue de logique stratégique. Par tactique, il aurait fallu que le Bloc, au contraire, encourage et applaudisse ce Canada de plus en plus centralisateur. I

Il y a du vrai. Voyez un Louis Plamondon se faisant aller les baguettes pour accabler ce Persichiel, « bloke » unilingue promu « Grand Conseiller » du Harper. Au lieu de s’en réjouir. Sachons dire « adieu » à cette lubie égalitaire « des deux nations », adieu à 1867 et le bonententisme hypocrite.

Avec les migrations constantes, le vœu pieux a échoué. La nation Canadian est désormais dominante aux Communes. Ce fait nouveau conduit à « notre » patrie, c’est nouveau : pour régner à Ottawa plus besoin des votes québécois. Cette neuve situation favorisera « un pays québécois » car il y a deux nations et deux pays ! Autre exemple : nous devons souhaiter un chef unilingue anglo au NPD devenu veuf du séduisant  Layton. Les péquistes doivent aussi favoriser le projet de nommer davantage de députés en Ontario. Et dans l’Ouest.

Cette domination accrue va aider la séparation, il y aura deux pays et amicaux, espérons-le.

Il va y avoir dans pas  longtemps, un Canada libre. Vous verrez. Un Canada libéré  du boulet nommé Québec. Ce Canada  se développera à sa guise, à ses goûts. Il  pourra s’épanouir en paix avec des portraits de la Reine partout, des lois anti-avortement, anti-homos, avec la peine de mort rétablie, les armes-à-feu en vente libre. Chacun ses idéaux. Le Pet rêvait : fin de son délire du bilinguisme de Halifax à Vancouver. Nos « quatre Québécois sur dix », les voteurs de « non », sont en train de se réveiller et, d’ici une dizaine d’années, vive la rupture pacifique des deux nations aux antipodes.

Les Québécois ont cessé de voter Bloc —l’instinct du peuple. Qui a voulu collaborer avec les anti-conservateurs pour battre le « méchant » Harper. En vain. Ce Bloc agonique n’a plus qu’un seul job (pas d’améliorer le fédéralisme) de favoriser l’aggravation des réalités et mieux montrer que nous somme « différents ». Cher Stef Harper, j’en croise chaque jour, voici plein de jeunes voteurs d’ici, qui, désormais, comprennent la lutte des Québécois. Cher Lionel Groux, oui « nous l’aurons notre État français. »

VOTRE CHRONIQUEUR EN LARMES !

VOTRE CHRONIQUEUR EN LARMES !

Dans sa petite chambre d’hôpital, ce dimanche, l’ami Paul Buissonneau me raconte d’où il sort. D’abord, à son loft du  Canal Lachine, ce coma subit. « Claude, quand  je finis par me réveiller à l’hôtel-dieu,—où suis-je ?— se faufilait  dans des rideaux bleus, une étrange silhouette, cheveux longs et barbe blanche ! Effaré, j’ai peur, suis-je mort, est-ce le bon Dieu en personne, ou un elfe magique ? Eh bien, j’apprendrai que,  chaque année, un itinérant vient jouer le Père Noël pour les patients. »
Anciens-jeunes si vous aviez vu, en jaquette, dimanche, à l’Institut gériatrique  —de biais avec l’Oratoire—, le célèbre « Picolo » de la télé. Paul fut mon « premier » patron —pour La Roulotte des parcs. Mon webmestre, Marc Barrière —allez voir à   à claudejasmin.com— a mis « en ouverture du site »  votre chroniqueur sur La Roulotte en collant noir, carabine de carton en mains, qui  joue en dansant, sur du Prokofiev, « Pierre et le loup ».
D’abord Paul nous raconte son effrayant calvaire et soudain, comme lui, avec lui, j’éclate en sanglots ! Raymonde toute bouleversée devant deux vieux compagnons en « bout de piste » de la vie. Mouchoirs de papier. Merci. Calmés tous les deux, Paul ouvre un cahier et lit un de ses contes. Folle passacaille sur l’amour ! Un texte émaillé de titres de toutes les chansons d’amour connues. Un bijou ! Ah oui, mon cher Paul va mieux. Ce devenu fervent « montréaliste » fit le tour du monde, alla au « Ed Sullivan’s show » à New York, accompagna l’inoubliable Édith Piaf avec des « Compagnon de la chanson ». Paul deviendra le fondateur du « Quat’ Sous ». Son étonnant don —vrai génie visuel— pour la mise en scène fit de lui un incontournable initiateur, annonçant ces Robert Lepage. Né plus tard, c’est certain, Paul aurait été « le cœur » du triomphant et planétaire «  Cirque du Soleil » Ce bûcheur, novateur, ce rigoureux gueuleur s’est épuisé. Sachez qu’un Jean-Louis Millette ou feu Claude Léveillée, et tant d’autres, répétaient : « Paul a été mon maître ».
À 86 ans, le voilà remis sur le piton et ce dimanche après-midi, « le vieux maître » a eu des éclat de rire tonitruants. « sois attentif, mon vieux, la vie c’est précieux, formidable » ! Yeux séchés, ce sera l’album imaginaire : par exemple, sa rue Mouffetard, lui en gamin de 13 ans, ouvrier. Et Paris sous les bombes ! Guerre finie, l’adolescent est apprenti acteur-chanteur. Surdoué, ce jeune « misérable » hugolien vaincra le mauvais sort, Cinq ans de gloire. 1950, amoureux d’une Québécoise, il s’expatrie et le voilà vendeur « à 15 piastres par semaine chez Archambault » quand le directeur des Parcs, Robillard, lui confie (!)  un camion municipal, qu’il  devra métamorphoser en théâtre ambulant pour enfants des étés-en-ville. Dès 1953, « Variety »,  un magazine super-prestigieux, lui tresse une couronne de fleurs !
Dans un modeste pavillon de briques (là où se dresse le Stade Olympique) Buissonneau nous faisait répéter ses premiers spectacles, de Orion le tueur —j’y jouais quatre rôles— aux  « Oiseaux de lune ». Aussi son inoubliable « Tour Eiffel qui tue ». Paul renouvelait un art du théâtre inédit et, un  jour, il achète une synagogue (Avenue des Pins). À payer avec ses cachets du « Picolo » de la télé-jeunesse.
Viendra donc ce terrible coma puis une sale bactérie « mangeuse »… la vision du ce lutin noélesque ! Mais la joie dimanche de lq revoir blagueur, par exemple évoquant ce gourou hindouiste, Rampa, auteur  du « Troisième oeil », Un voisin malcommode à Habitat’67 et qui l’engueule ! Excédé mon Paul lui gueulera : « Lobsang, je vais t’le péter, moi, ton troisième œil ! » On rit. Fous souvenirs. Que Dieu te prête longue vie,  je veux lire tes contes d’un ordre spécial. Vous ?

DIRE ADIEU ?

Soudain elle a eu les yeux —comme on dit— pleins d’eau. J’étais mal. Je regrettais mes paroles. Il y a que… ça ne cesse pas autour de moi : « Vous ne pouvez pas rester encore bien longtemps ici ». J’en parle. « Raymonde, combien de temps encore ? » Elle : « Tais-toi, je ne veux pas m’en aller d’ici ? » J’ai dit : « On jase là », en Guy Lepage. J’ai songé à toutes ces « vieilles personnes » obligées un jour de « casser maison ». Tout quitter de ce qui fait notre décor quotidien, nos choses à soi, amis, voisins. C’est qu’il y a l’entretien —pelouses l’été, la neige l’hiver. Si vous voyiez ma cave : un capharnaüm !
Quoi, toute vie a ses cruelles échéances. « Sort humain » répétait un personnage de Mia Ridez. Je pense à tant de « déménagés » malgré eux dans tant d’hospices. Notre tour approche : devoir quitter où nous sommes heureux depuis 34 ans. Ne plus revoir certains voisins, tourner le dos à nos commerçants familiers. Devoir oublier nos arbres, plantés souvent de ma main —j’ai eu 45 ans une fois ! Adieu fleurs, oiseaux, écureuils-acrobates fous. Adieu marmotte à qui je jette du pain si souvent. Adieu cocasses rats musqués, adieu si jolie famille de canards. Adieu anneau de neige, cirque archi lumineux au soleil pour balader humains et chiens…
« Écoute, chérie, on s’essouffle à rien, non ? » La compagne proteste, gestes du refus. Nous en aller dans un condo en ville et fin des soucis ménagers. Vivre comme à l’hôtel. Terrasse, piscine, resto. Vie d’ hôtel ! Bientôt faudra vendre « le char », adopter le commode transport-en-commun. Et taxis. Revoir nos stations du métro. « On ira au théâtre plus souvent, toi qui aime tant ça ». Le temps ! Juin 1973 et ma compagne —enfant de la rue Rachel— découverte d’une aubaine, notre maison à 25,000 dollars ! Pour Raymonde, c’est « le chalet » car, la semaine, c’était boulot. Réalisation des Dubois, Chaput-Rolland, Payette, longtemps, de Lévis-Beaulieu. « Le chalet » cette grande cabane en déclin gondolant, cinq chambres à l’étage. Puis, retraitée comme moi, ç’est le « home sweet home », le statut de « villageoise. Alors, tu y  songeras :  nous en aller où il y spectacles divers, cinéma dit de répertoire, mille restos, aller enfin à ces festivals —jazz, humour, films. « Non, jamais de la vie,  impossible. » La voir si triste : « Okay,  on y repensera. » Tenir…Un an ? Deux ans ? Ne plus aller marcher Avenue Chantecler, ni faire « le tour du lac ». Dire adieu à mon « Calumet-journaux-magazines », Ne plus rigoler avec les postières, ni avec le boucher ? Dire adieu à Fusion aux ses appareils modernes, adieu à ma piscine de l’Excelsior ? A mon École Hôtelière, à l’hebdo Pays d’en Haut ? Bon, on oublie ça, on fera appel à des gaillards juvéniles. Le printemps dans… deux mois et on reverra les mésanges, des pics noirs, le rouge cardinal, nos tourterelles tristes. Rester, facile à dire. Rêvons qu’on ne vieillira plus ! L’on s’attache, à ces collines, jolies. Une « petite patrie » ? Exactement cela.

« ROYALIST » HARPER », SA GUERRE !

Ottawa veut fêter ça en grand. Quoi donc ? Une bataille bizarre qui n’a rien de bien « canadienne ». En 1812, le Canada n’est qu’une autre colonie de la Grande Bretagne, Québec compris. Depuis 1776, les colons du sud se sont décolonisés, eux. Je ne sais pas si les Laurentides étaient développés assez, si, à la porte de l’église de Sainte Adèle et de Saint Sauveur, on a cloué de ces affiches rédigées par nos voisins libérés de la Monarchie parasitaire. « Tout neuf peuple souverain, ces braves  Étatsuniens nous invitaient à nous joindre à leur révolution. Mais on a pas osé. En 1776 nos braves petits curés, modeste « bas clergé »,  défièrent notre Haut Clergé et acceptèrent de placarder ces appels « Bostonnais ». Curés pionniers de l’indépendantisme.  Une trentaine d’années plus tard, en1812, quelques Américains en armes se pointent de nouveau. Nos gouverneurs monarchistes (non-élus) affolés vont les combattre et De Salaberry, soldat de métier, ira au front. Défendons nos bons maîtres ! Salaberry gagna la bataille. Maintenant Harper, valet de la Reine, souhaite en faire une fête nationale. Une bataille de « colonisés soumis ». 1812 n’a rien d’un glorieux « fait d’armes», n’a rien d’un  fier emblème fédéral-national.
Mais, soyons honnêtes, que serons devenus advenant la victoire de ces indépendantistes des jeunes USA ? Un état de plus ? Serions-nous demeurés des « Français d’Amérique » ? Aurions-nous subi une assimilation,  la fin de notre singularité  sur ce continent. Le sinistre  réalisant voeu de Lord Durham, enquêteur envoyé de Londres qui prévoyait notre disparition et la mort lente de « cette petite nation faite de gens sans histoire et sans culture », a-t-il écrit. On peut énumérer les nombreuses tentatives d’Ottawa pour nous assimiler, c’est cette frayeur des USA qui nous a fait gagner des points, arrachés un à un. Et « l’élégant salaud » Elliot-Trudeau, lui, nous dépeindra en
« lamentable peuple de maîtres-chanteurs » Londres en 1832, en 1867, nous fera des concessions. Pas par vertu. À cause de cette peur des maudits voisins décolonisés.
Autre chose ? Éric Bédard du Journal de Montréal publie des déclarations parues dans Québec-Rock en 1981, propos du populaire chanteur Daniel Lavoie, alors demi assimilé arrivant du Manitoba : « Le Québec français sera submergé un jour, je ne trouve pas ça négatif. La langue française, îlot dans un océan d’Anglais, est une fausse fierté, notre culture n’en sera que plus diffusable. Débarrassons-nous des fausses fiertés. » Édifiant ?  Plus tard, en 1982, dans Le Lundi, désormais il craint l’assimilation : «  Ce serait dommage. Le Québec apporte quelque chose de beau, de valable à la vie des humains sur la terre. » Seuls les fous ne changent jamais d’idées. Janvier 2012, stupides en majorité, des amateurs de hockey bavent sur les patriotes qui protestent aux portes du Centre Bell : « Quoi, le français ? Pourvu que le club gagne. C’est toute ce qui compte ! » Tristesse infinie.  Ironique, Gilles Proulx publie : « Dépêchons-nous d’enlever l’accent aigu français sur les mots Québec et Montréal, ça choque ! »
On rit pour ne pas pleurer.

UN ANGE EN SKI, UN SOIR

Du haut d’une colline, par temps clair, un bel après-midi récent, je voyais au loin de minces  silhouettes mobiles qui sillonnaient le paysage saintsauverien, dévalant des côtes toutes blanches et j’ai pensé….
Adolescent, citadin de Villeray, nous allions skier aux Hirondelles, bien modeste site à colline du nord de Montréal, à quinze minutes de chez moi en tramway. Que d’efforts épuisants là où il n’y avait nul remonte-pente. Plein-air souhaité par tant de jeunes collégiens désargentés, épuisés de latin et de grec ancien à maîtriser.
Notre autre grand pôle d’attraction ? Évidemment, le mont Royal. On s’y rendait sans cesse l’hiver, les mardis et jeudis après-midi de congé (Collège Grasset oblige). Prendre le tram St Denis, au coin de la rue Bélanger, heureux, munis de nos lourds longs skis de bois —avec stell edges— les attaches à lourds fermoirs à spring, nos pauvres bottines usagées, nos lunettes googles plastifiées, la tuque de laine tricotée par nos mères. Point de ces casques sophistiqués modernes des enfants d’aujourd’hui. Au sommet, proche du grand chalet —dix sous le chocolat chaud— au dessus du Montréal de bas de la ville, nous nous jetions dans la cuvette. On nous disait « vestige d’un ancien volcan » ! Nous risquions —l’audace des jeunes— de nous rompre les os dans les golleys (le petit et le grand). Active recherche de pentes plus raides encore, ô les casse-cous intrépides à quinze ans !
Des enfants choyés, dont les pères possédaient des autos,  nous parlaient de vraies splendides excursions en ski…dans les Laurentides. Lointaines en ce temps-là. J’écoutais ces chanceux autour du petit Lac des Castors, là où il y avait un rude câble en guise de remonte-pente. Au chalet de ce bassin artificiel il y avait aussi du chocolat à dix cennes le grand gobelet.
Longtemps, par la fenêtre de mon bureau, j’ai admiré les mouvantes silhouettes de jeunes aux joyeux habits de ski d’un multicolore ardent. Un jour le Chantecler fermait hélas à jamais cette partie skiable aux pentes douces— d’en face de chez moi.
À quinze ans, les filles commencent à nous envoûter. Ayant su qu’il s’en trouvait de bien jolies sur les pentes douces du « pied du mont Royal », de la rue mont Royal à l’Avenue des Pins, je décidai d’y aller fleureter. Un beau soir sous la magie des lampadaires : la féerie des jeunes demoizelles glissantes dans la nuit douce de fin février. Je ne serai pas déçu. Ayant élu une ravissante skieuse dans sa combinaison moulantes aux tons de roses, je m’y attachai. Bout de conversation innocente  —« il fait doux hein ? C’est beau la nuit hein ? J’aime les couleurs des pompons de ta tuque ! Quel est ton nom ? Tu étudies où ? — et je la suis partout. Voici qu’une lente neige à flocons immaculés se met à tomber, nous admirons les rideaux d’une voilure romantique dans les lueurs des réverbères. Nos coeurs en émoi s’agitent. Elle a enlevé ses mitaines et va s’asseoir sur un rocher, je veux toucher ses doigts, elle consent et nos visages se rapprochent. Premiers baisers, c’est si bon, je vois la beauté d’un ange. Tellement plus vivant que l’ange de bronze du monument voisin. Une quasi voisine car elle habite rue Saint Valier, 6970, chanterait Beau Dommage. Deux cœurs en fête iront prendre le même tramway.

MORT DE JEAN-PIERRE GUAY, POÈTE FOUDROYÉ

 

 

Sale jour de Noël pour ceux qui l’aimaient. Meurt Guay le 25 décembre à Québec. Le landerneau québécois des lettres garde un souvenir embarrassant du récent disparu. Soudain, éclairs et tonnerres  dans le ciel littéraire, des années 1980. Une prose cruelle surgissait, méchante, indiscrète : celle du Jean-Pierre de Beauport. Éclatait un phénomène : des tomes et des tomes de journal intime rédigés férocement, avec une rare folie.

Jean-Pierre Guay, jeune poète doué, coureur de bourses et de subventions, élu Président de l’union des écrivains, entra soudain en une guerre ricaneuse. Impudique, Guay dévoilait tout et, ainsi, blessa ses confidents, certains gravement. « Journal » devenait très vite  « the talk of the litteracy establishment ». Et pas qu’un peu.

Férocement ricaneuse, ciblant tout « le milieu littéraire », Jean-Pierre avait un vrai génie pour inventer des néologismes désopilants, décapants aussi. Sa talentueuse (tueuse !) mitraille de mots  inventés m’éblouissait. Certes, il m’avait mis  avec Les menteurs, les « bloffeurs », un écrivain quoi !

Vieilli, amusé, Pierre Tisseyre éditait tome après tome, ses brûlots fous. Puis il se lassa et stoppa. Guay, diariste privé de son poison revitalisant s’étiola, s’isola, finit par disparaître. Nous étions tous sans nouvelles puis, soudain, le 25 décembre : trouvé mort ! Adieu camarade, vole, vole, avec ces oiseaux de ton Beauport.

Claude Jasmin

Écrivain, Sainte Adèle.

JE RÊVE D’UN JANVIER TOUT BLANC !

« Longtemps je me sis levé de bonne heure…» en hiver pour le détester. J’ai changé. Suis devenu un amateur de nos blancheurs saisonnières, sa lumière solaire si stimulante. Saison bénie de la jeunesse, des sportifs. À mon grand âge, j’ai la marche. Aussi mon refuge à L’Excelsior, là où on peut admirer le plus beau sapin décoré, me voyez-vous sous une mini-cataracte d’eau vive, pateaugant sous ce petit palutivier de la piscine-serre, aux racines sorties ? Le bonheur !
Lire, entre mes baigneries : que le ministre fédéral Moore va répétant que « Radio-Canada-CBC est avant tout un instrument d’unité nationale ». Menteur ? La CBC est une faillite, gaspillage de 666 millions de $ . Les Canadians n’ont d’yeux que pour la télé des USA. Seul le réseau français fonctionne (333 millions de $). Pas autant que TVA mais…. Nous sommes une nation (Harper dixit), un pays « français », pas mal protègée de cette hégémonie culturelle populaire de notre sud. Sauf chez nos demi-assmilés. Bon, aller à ma piscine.
Lire Hugo Chavez, ex-cancéreux, Président du Vénézuela, parano fou ?, il déclare à la sauce-complot : « Étrange, ce fait : tous nos présidents et nos ex-présidents en Amérique du Sud frappés par le cancer ! » La CIA? Voir ahuris les Koréens du Nord en hystériques sanglots, à la mort du dictateur ! Effet de propagande ! Pas moins cul-cul la praline le magazine Maclean’s nommant un prince et une princesse, (parasites) de Londres « Personnalités de l’an 2011 » Et quoi don ? Notre compatriote doué, Laferrière invite à la télé tous nos écrivains « à sortir du Québec ». D’autres créateurs doivent donc sortir de l’Italie?, de l’Allemagne ?, de l’Espagne ? Quelle connerie! Aussi tordues que nos « nouvelles » citoyennes jurant à Ottawa vêtues de leurs voiles islamiques. Voyez-vous, à Téhéram  de nos demanderesses vêtues de mini-jupes ? Ottawa-connasse ! Aller à mon palétuvier ?
Bravo à Foglia qui cite quelques sales « morviats » anti-québécois signés Mordecaï Richler. Un franco-phobe à qui de nos  caves veulent donner le nom d’une rue. Masochisme stupide ! Et puis, vite, appuyons Marsolais qui voudrait interdire la boxe, un sport —s’assommer jusqu’au coma, exhibition d’arriérés mentaux, la boxe. Ailleurs ? La Presse du 28 décembre : « près de 100,000 tués au nord du Mexique » que dénonce un repenti des trafics, réfugié aux USA. Le Président Calderon serait entouré de corruptions. Va-t-il pogner un cancer, M. Chavez ? Oui, aller nager. Tiens, ce prêtre de Joliette, Raymond Gravel, jeune ex-homosexuel prostitué, qui accuse les ex-abusés sexuels par « en soutanes ». Des avides, acoquinés avec des avocats cupides, dit Gravel et pouvant ruiner les communautés ? En effet ces « hiérarchiques » muets jadis  peuvent ruiner des innocents ! Dura lex sed lex ! Ô vite, ma piscine. Encore ? À l’ouest de Jérusalem, des fanas religieux (Hassidims ?) tourmentent cruellement des écoliers non-orthodoxes ! En finir ? Lafrance, ex-boss à la SRC,  ayant crié « voyou » pour fustiger M. P.-K. Péladeau, nous avons craché 400, 927 de $ de nos économies publiques, en réparation. Pas moins de 5 millions en « fêtes », un demi-million en « conférences » et un autre demi-million en publicité; un tourbillon ! Ah, aller marcher dans la blancheur hivernale.