MOI, L’HANDICAPÉ SOCIAL !

       Vous avez bien lu ce titre. Et, le pire, c’est que je ne le savais pas. Devrais-je remercier de ce « diagnostic » de Gendron  un p’tit maire à grande gueule (ce qui ne me déplaît pas, en étant une autre !). Donc je serais un handicapé social ? Ce savant pseudo-sociologue, aussi élu maire d’Hundington (et chassé du Canal V), déclare —urbi et orbi, tel un pape— que : « Les Québécois qui ne parlent pas couramment la langue des Étatsuniens sont tous des handicapés sociaux ». B’en du monde à messe, je ne me sens pas trop seul.

Ce handicap ne m’affecte pas du tout.  L’inverse tient-il la route, bonhomme Gendron ? Tous ceux qui ne parlent pas français aux USA sont-il des handicapés ? « Ah b’en non », dira ce coco : « Eux, ils sont une majorité ». Nous sommes majoritaires au Québec, plus de 80 % ! Le bilinguisme « institué » dans un pays, c’est la porte grande ouverte à l’assimilation. Avant l’adoption de l’indispensable loi 101, ici c’était parti. « Une loi raciste »,  tonne le fou d’Hundington, aussi amateur de nécromancie. Ce maire exhibe un cercueil dan son salon !

Certes je baragouine l’anglais quand je vais me baigner dans le Maine. Or, j’ai survécu à mon handicap social, je n’ai  parlé que le français durant « mes » carrières —un demi siècle— et n’en ai aucunement souffert. C’est même ma fierté, et ma normale francophilie fait que je ne m’intéresse pas du tout à la culture populaire des USA, ce gros machin à poutines rock. Que La Presse promeut sans cesse dans ses cahiers-spectacles, hélas ! Chauvinisme disent des Gendron ? Non, je regrette infiniment le peu d’intérêt de nos médias pour la culture hors-USA, allemande, espagnole, italienne, etc.

Ma (relative) notoriété, je l’ai acquise « avec » mon handicap social, toto-Gendron. On peut certainement apprendre l’anglais s’il y a besoin urgent. Chez Berlltz ou ailleurs, en peu de temps, n’importe qui (pour un job intéressant par exemple), saura la parler correctement. Perte de précieuses heures scolaires que ce projet idiot du régime Charest : l’anglais intensif dès la deuxième année, l’immersion en sixième année. De savants pédagogues l’affirment.

Les gens de ma génération a connu ces cours d’anglais,. Onze années de cours avec un résultat nul. Sauf l’empiration, pardonnez ce néologisme, des anglicismes. En onzième année (après je suis allé dans une école technique), je ne savais pas du tout parler la belle langue de William Shakespeare. Pas plus belle que celle de l’immortel Cervantès ou du génial Aliguieri Dante. Hypocrites, les Gendron font mine de ne pas voir l’attraction fatale du gros-puisant-riche voisin du sud. Déraciné, déculturé, ce monde-là se complait dans l’assimilation lente; voyez le désastre actuel dans Montréal-Centre-Ville !

L’indifférence face à a perte de leur identité profonde est un mépris, de soi, une lâcheté. Français d’Amériqe, notre identité « différente » est indispensable à l’épanouissement de la jeunesse québécoise. Imbécile-Gendron : vive les différences et vive la diversité ! La Chine devenant la « deuxième puissance » du monde, imposera-t-elle partout le mandarin ? Mais non. À Rome, ne craignez rien italophiles comme moi, on gardera l’italien. Et à Berlin, l’allemand. Ceux qui auront besoin de parler comme les Chinois —pour un job intéressantiront chez un Berlitz. Mon vrai handicap est ma demi surdité, ça me suffit, maire Gendron-le-tit-coune,le bozo,le baluet, le demi assimilé.

 

 

7 réponses sur “MOI, L’HANDICAPÉ SOCIAL !”

  1. ===je ne savais pas du tout parler la belle langue de William Shakespeare==

    Je fus obligé d’utiliser la deuxième langue. De toute façon, dès l’âge de 10 ou 12 ans, j’écoutais « The Ed Sullivan Show » et autre du même acabit.
    Des « Roy Rodgers », « Hop Along Cassidy » et « The Lone Ranger ».
    Ne nous cassons pas la tête avec la langue de Shakespeare. Les termes scientifiques sont construits à partir du Grec et du Latin. L’anglais utilise le français et le prononce différemment.

  2. Nous finirions bien un jour, dans très très longtemps, je suppose, par parler
    une seule langue sur notre terre. En attendant, c’est assez pénible de constater qu’il existe, à l’intérieur même de notre culture, des traitres à notre cause.

  3. Les Anglais ont perdu les faveurs de Neptune et l’Aigle sera bientôt déplumé.
    On ne peut cracher indéfiniment sur les autres sans recevoir un juste retour.

  4. Vous prenez la peine d’ une chronique entière pour un sociopathe avoué. Le petit Gendron est tout chamboulé par le déclin physique de son papa. ( dit à la tv ).
    Ce qui accélère sa  » maladie  » c’ est sa mauvaise lecture de la vie. Il croit que c’ est en étant fanfaron qu’ il trouvera sympathie. Il ne récolte que pitié. Comme le Mailloux de la fâble, il se marginalise, se met les autorités à dos, insulte à tout vent.
    Sa vie publique achève. Le faux avocat va trinquer dur dans les semaines à venir. Sa cause est entendu. Sa délinquance dépasse…!

  5. Durant mes 15 premières années de vie au bord du Fleuve, à St-Romuald, même le mot Anglais m’était inconnu, mes parents étant de souche robervaloise et celle des aïeux étant charlevoisienne.
    Les 30 suivantes, en foulant le Royaume du Lac St-Jean où j’y ai élevé mes enfants (un bien grand mot), je ne savais de l’Anglais que ce que les média nous en rapportaient.
    De retour dans mon patelin natal par quelque coup du destin, un emploi de gestionnaire m’impose d’approfondir l’autre langue. Il a fallu que je bataille ferme pour les rencontres en haut lieu se tiennet en français, mes colistiers étant d’origines ethniques diverses et pour eux, une langeu ou l’autre faisait l’affaire.
    Et puis, je m’y suis mis… et pourtant je dois bien admettre que s’il est possible de vivre en français chez nous, pour peu qu’on veuille sortir de notre niche, il faut au moins savoir lire le menu en anglais et commander en anglais, particulièrement chez nos gens de Gatineau qui semblent avoir honte de parler français ; durant la même fin de semaine, je me suis fait servir en français en Ontario et en Anglais au Québec.
    Monsieur Gendron a le talent qu’il a. Pour mon plaisir, je crois bien que je lui trouverai une place dans un de mes livres de fables ; « La grenouille à grande gueule et la langue sale » , me semble que ça ferait une belle histoire.
    Salutation cher vieil arbre, vous tenez ferme et vous donnez encore du bon fruit…

  6. Claude,
    Ah que j’aime ta verve! Chez nous faut apprendre l’espagnol car les Hispanos n’apprennent pas l’anglais! C’est donc un peu comme chez toi la ou tu devrais apprendre l’anglais car les Angliches n’apprennent pas le francais. Quand on est a Rome, fait ce qu’on fait chez soi et non pas a Rome! Ca c’est le dictum multiculti! Chu ben content que t’es pas encore mort… et moi itou!
    G. Tod
    Cape Cod

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