QUOI, DORMIR, RÊVER, SHAKESPEARE ?


 

Cette nuit, bruits et un rat-con, rat-coon, rat masqué… a rejeté nos deux briques au yable et ouvre le bac noir !

La faim !

Un midi, un écureuil, tout maigre, tout frétillant, guette un oiseau nouveau-né !

La faim !

Bof, pauvres petites bêtes adèloises ? Mais il y a les humains : pire sort, atroces famines en certaines contrées d’Afrique. Contraste avec ma passion pour le règne animal et ces magnifiques documentaires à la télé ( ARTV, TV-5, Télé-Québec) où toute vie se résume à un mot : LA FAIM !

MANGER et puis se reproduire ensuite.

Ici, dans notre ciel, derrière le joli neuf resto « So-Thaï » —carrefour Morin-Chantecler— aux mets asiatiques extra-savoureux, apercevoir une bien noire corneille —bec et griffes ouverts— chassant un malingre petit merle.

Manger ?

Impossible d’ignorer tous ces travailleurs jetés à la rue (Aveos-Air-Canada et cie ), ni ignorer la Syrie déchirée. Nous autres bons petits bourgeois des jolies Laurentides allons-nous nous charger des malheurs du monde entier ? Non ? On regarde à la télé —en rotant le bon repas pris— nos sympathiques hordes étudiantes qui crient dans le noir des soirs déambulatoires : « JUSTICE ! » Et c’est plein d’adultes nostalgiques :« C’est beau, c’est bien, nos jeunes découvrent la lutte pour la démocratie ! » Que celle ou celui qui n’a jamais regretté son cher « jeune temps » jette une première pierre à ces mélancoliques.

Or, ici, « dans l’nord », à l’abri des problèmes métropolitains (ô trafic !), les Laurentidiens que nous sommes vivent une existence bien paisible. Une impression seulement car on n’ignore pas tant de destins broyés. Mal cachés dans les replis verdissants de nos jolies collines. Soyons certain d’un tas de misères, ici comme partout.

Je viens de recevoir —éditeur indispensable, Michel Brûlé des « Intouchables »— le récent bouquin de l’esprit libre, Norman Lester. Dernier COUP DE POING et je vous avais vanté le premier, eh bien, courez l’acheter. C’est encore un riche puits d’odieux scandales aux couleurs variées. Ça va du pourpre pourri au violet sinistre, du noir atroce au gris à se pendre ! Que de sordides découvertes stupéfiantes. Ce petit-juif-rosemontais, Lester, c’est l’anti-censure par excellence, lisez-le pour ne pas crever con idiot et innocent.

Être informé c’est être libre, dit-on, ça ne nuit pas mais notre impuissance enrage. La corruption des ingénieurs( élite instruite dévoyée), des bâtisseurs, et, hélas, de nos élus « enveloppés de brun ». Ô fatras à collusions mafieuses. Vite, vite, madame Charbonneau, à vote maillet ! Hélas, la langueur tolérante du citoyen mou exacerbe. Quoi faire ? Quitter ta jolie colline ? Aller en métropole marcher avec la jeunesse ? Ne pas te contenter de surveiller le rat-con juché nuitamment sur ton bac noir, l’écureuil affamé, la corneille tournoyante au dessus de ton cher resto So-Thaïï ? Shakespeare clame : « Dormir, rêver… » Non, Bill, non : s’indigner et agir !

 

 

AIMER LES RICHES ET HAÏR NOTRE PARLURE ?

Le président futur de la France: « Je n’aime pas les riches ». On lit ça… comme médusé. On se dit : Est-ce que j’aime les riches ? Comment mettre tout le monde (des riches) dans un même sac. N’y aurait-il pas des riches aimables. Peut-on dire :  « Je n’aime pas les pauvres ! » Quel risque électoral prend « le socialiste » à proclamer sa haine des riches ? Aucun. Il y a peu de riches et beaucoup de pauvres. Un romantisme datant des « années dix huit cent » criait : les riches, tous des salauds exploiteurs ! Les foules aiment les images…simplistes. Il y a des riches travailleurs, entreprenants, audacieux, acharnés face au succès. Une réalité. Il y a, certes,  des riches chanceux, beaucoup sont né en milieux favorisés et profitent de ce hasard-destinée. C’est injuste ? Fatal ?
Dans un (piètre) documentaire sur « Les belles soeurs » de Tremblay, on a émis l’opinion que c’était un texte sur « la jalousie ». Très vrai. La belle-soeur chanceuse se fera voler ses bons-coupon par ses propres belles-sœurs. Avouons-le, ce je n’aime pas les riches signifie « je suis « jaloux » des riches. J’ai connu des riches merveilleux. Un exemple ? Un très haut fonctionnaire (d’Outremont) qui nous hébergeait, bande de jeunes aspirants-artistes, à son domaine du Lac Brome et qui se faisait volontiers le mentor naturaliste. Claude Mélançon. Un autre ?  M. Chagnon. Qui soutient de son argent (via la vente de Vidéotron à Quebecor) une immense fondation caritative.
La « chasse aux riches » s’avéra un échec et causa le malheur de nations entières martyrisés par despotisme et dictature. On sait la catastrophe de « l’égalitarisme imposé » en pays soviétisés (Chine comprise). Pékin bichonne « ses riches » désormais. Parlant des « Belles soeurs » montrées en 1968,  la caricaturale Madame Courval paraîtra aux québécois —le moindrement lucides— non plus la maudite snob méprisante mais la clairvoyante. En 2012, elle aurait bien raison d’avoir honte de notre parlure brouillonne, de nos accents invertébré et de nos bouches-molles. De notre jargon, argot de paresseux, baragouin pour primates, créole à charabia pour jeunesse molassonne. Charabia « jello ».
Déprimé le chroniqueur ? Non, j’entends des jeunes qui se corrigent, j’en ai croisé en trois endroits :

  1. parmi d’autres opérés comme moi (pour des cataractes),
  2. dans le public d’un film à l’humanité merveilleuse, que je vous recommande chaudement, « Les Intouchables » au cinéma Pine.
  3. au lumineux resto, le plus joli de nos parages, le Viva Vina,  de biais avec le centre commercial de Ste Adèle. Là où l’hôte (sosie de Guy Laliberté), est le petit-fils de notre toute première « Donalda », Nicole Germain. Sa mamie chérie dont il cause et jase sans charabia et avec une belle empathie.

LE RETOUR DE L’EAU !

Soudain, un jour, récemment, regard par la fenêtre un matin et ça y est : l’eau est de retour. Le lac retrouvait sa nature normale. Molle ! Avec des reflets du firmament. Pas toujours. Des promeneurs vont venir arpenter le parc du rivage à l’est, le long de la rue Chantecler. Certains, comme on fait parfois, vont grimper aux terrasses de l’hôtel pour admirer, en belle plongée, tout le Rond. Immense mare fluide au fond de cette… arène?, cirque ?, amphithéâtre formé par les collines qui l’encerclent. C’est si joli !
Voir l’eau courante. Vieux besoin humain ? Je pense à des pays sans eau. Des états entiers sans grandes surfaces d’eau. Aux déserts du monde. Certains Québécois sont venus au monde proche d’un rivage généreux, sur les écores d’une rivière, d’un lac, voire du grand Saint Laurent. Il me semble que ce fait doit changer un nature ?
Je rêve ? De ma naissance jusqu’à dix ans, aucune rive dans nos horizons, rien, pas de ces cours d’eau impressionnants, aucune rivière ni même un ruisseau. La ville. Macadam, béton, asphalte partout. Seules, les eaux stagnantes de la carrière Villeray (aujourd’hui un grand parc rue Chrisophe-Colomb). Ajoutons quelques expéditions au grand parc Lafontaine, certains dimanches de grandes chaleurs, y admirer les deux étangs cimentés aux eaux sombres, à peine frissonnantes.
L’autre midi, « trois beaux canards », comme dans la chanson, « s’y viennent baigner » ! D’où sortent-ils donc ? Trio qui fait plaisir aux yeux, qui nous crie : « C’est vraiment le printemps ! »  Même si le froid persiste, hélas ! Ces jolies bestioles nagent autour du quai, hier encore, terminé la glace  figée dans le rivage ! Y a-t-il hibernation de certaines espèces ? Ô notre ignorance naturaliste à tous, hein ? Il y a peu, boules noirâtres au beau milieu du Rond ! Sortie des jumelles… et guère de précision. Qu’était-ce ? D’autre canards…comme ressuscités ? Des tout petit nouveaux nés ? Sont disparus soudain et pas revus ces objets bosselés qui ballottaient au large ! Une promesse : Sortir tôt la barque sous l’escalier —proche du terrier  de ma Donalda-Marmotte— et me mettre à la pêche à ces truites —qu’on nous dit « généreusement ensemencées par l’État ». Pas si loin de la rive, on voit des sauts, de brefs  remous. Mais oui, en fin d’été, des « chercheuses-écologiques-à-snorkel » nous avaient proclamé: « Des truites ? Il y en a, oui, plein, du côté du Chantecler, dans le très creux, grosses paresseuses ! » Bon, j’irai avec un casseau d’asticots bien gras pour garnir les hameçons. Vérifier ce « très creux » un bonne fois ! Ça va être cette année. L’eau, son attraction, mystère ? Je me souviens, j’avais trois ou quatre ans, ma rue Saint-Denis, enfin la pluie abondante a cessé et je descend du balcon vers le caniveau. Une eau sale courait, avec force, un vrai ruisseau rugissant, fascination, vite me faire un bateau de papier, le regarder filer tout tremblant vers le cinéma Château du coin ! L’eau, oui, une fatale attraction ?

SATAN, COMBIEN ÇA VAUT ?

Ébranlé, écoeuré, aller vite à Val David pour voir de l’art. Comme pour me laver. De quoi ? Des petits sourds et muets salis par une satanique tribu de « robes-noires ». Se purifier en visitant ces statues en pétrifications étonnantes. Singés : Laurent Pilon, un créateur originaire de St-Donat et qui enseigne à l’Uqam. C’est à Val David, rue de l’Élise, c’est fabuleux, silhouettes de faux coraux, créatures de résine, monuments fantomatiques d’un surréel très fort.
Donc, encore un coup reçu : apprendre en médias que dans ma chère « petite patrie », il y a eu l’enfer « catholicard ».  À « L’Institut des sourds », coin De Castelnau et St-Laurent, de jeunes infirmes plongés en bacchanales nocturnes tout près de chez moi, au parc Jarry. Vaste manoir mué en dépotoir pour pervers ensoutanés ! Ce noble « INSTITUT DES SOURDS ET MUETS », mots gravés au fronton à colonnades de pierre taillée cachait donc des bals diaboliques pédophilique. Envie de vomir
Alors, oui, ayez recours à l’art et allez vite admirer, à l’étage, les amusants petits « portraits » de Yannick De Serre à ce Centre des expos. Vous découvrirez des visages crayonnés sous des fourrures variées ! (On pense à certains Séguin vus à St-Jérôme). En bas, bonhommes renversants de Pilon, en haut, De Serre avec sa surprenante série « fourrée » de peaux soyeuses. .
Je tentais d’oublier, d’effacer… des religieux à la vie consacrée « au bon Dieu », n’est-ce pas ?, abusant de jeune handicapés, muets, donc silencieux ! En bande, on y allait certains dimanches de pluie pour voir les bêtes empaillées, au vaste grenier. Lieu de charité respectable refuge d’enfants infortunés…non, l’horreur. Ce sort… « empiré » ? D’où sortaient donc ces démons ? De vigoureux pauvres jeunes gens venus de nos campagnes catholiques, de jeunes rustauds pleins de sang, qui débarquaient, rue St-Laurent, de nos province catholiques, de jeunes forcenés mis au célibat forcé, obligé. Intenable chasteté ! Des « Mister Hyde » changés en frustrés lubriques. Mes « chers » Clercs de Saint-Viateur (de ma petite école De Gaspé), des démons ! Pas tous, hum, il y a eu une tolérance écoeurante, une complicité pourri.
Aller donc vite voir Pilon et De Serre. Bain de jouvence, bel oasis ! Hélas, cela me hante, cela me ronge : voir approcher des avocats « à  fric », à percentage intéressé. L’horrible commerce ! Putasserie de maquereaux jouant les pieux défenseurs de ces anciens-enfants (devenus vieillards) prostitués involontaires, forcés, obligés. Est-ce que l’avocat va avouer le chiffre d’affaires ? Gros pactole chez ces dévoués « collecteurs » ! Un marché lucratif ? Oui, faire jeter en prison (et à perpétuité ) ces enrobés de noir. Chiffrer l’inchiffrable…
Avocat en « entreteneur », « maq », « pimp »…une gène, non ? Au cachot, oui, ces vieilles fripouilles en robe noire mais chiffrer —avec argent précis— l’horreur ? Une petite gène, non ?

RELIGIEUX PÉDOPHILES ET AVOCASSERIES

Entendez-vous l’avocat questionneur ? « On a pas de témoins mais, dis-moi, on t’abusait deux ou cinq fois par semaine  ? » L’ancien enfant abusé :« Dix fois certaines semaines ! » Le plaideur : «  Oh ! ça fait monter le prix ça. Dis-moi, il y avait un seul ou plusieurs religieux qui t’abusaient? »  Le client : « Plusieurs, une bonne demi-douzaine de frères ! »  Le Maître : « Oh, ça aussi, ça fera grossir le montant à réclamer ! » Voyez-vous bien  la situation ?
Cela est embarrassant. C’est comme faire de ces victimes innocentes de simples  prostitués. Involontaires si on veut. On « chiffre » la sordide affaire. Ça ira chercher (en collectif)  dans les millions ! L’avocat pendra combien à la fin d’un procès gagné ? 50 % ? 30 % ? Secret des cabinets d’avocats ? Voilà donc des horreurs innommables qui se travestissent en une sorte de commerce vénal. Compensations ? Ah non, ces « mutilations des âmes » est chose irréparable, on le sait bien.   Donc, un business et fort rétributif  pour ces messieurs —eux aussi en robes noires, tiens ! À partir donc d’anciens faits d’une totale barbarie, verrue purulente au visage des églises, nous voilà pongés dans des avocasseries qui changent la nature de cette gangrène, nommée : « pédophilie-en-soutanes », métamorphosée en calculs comptables. Malaise ! L’ancien-enfant y est montré  en « pute » ? Le vicieux-en-robe-noire en client pervers. Et l‘avocat, lui ? En un marlou, un jules, un barbot, un maquereau. ? Un souteneur ? On peut le voir en effet comme un proxénète qui fixe les prix « après coup ».
Enfin, a-t-on le droit de penser au beau milieu de cette valse de millions arrachés aux communautés (souvent complices et mutiques ) à un « dérive » ? Et d’un ordre rapetissant, oui, à une sorte de « bavure ». D’un matérialisme par trop accommodant ? C’est ce que je pense. Je pense aussi que c’est la prison à vie, la solution. Et, ma foi, avec torture, pour ces monstres en soutanes. Mais ces avocasseries avec monnayages ?
Claude Jasmin
Écrivain Ste-Adèle

,0

.

« VIOLONS SUR LE TOIT »

Je lis (dans un hebdo rival) comme de la haine face à des commerçants qui s’installent. J’étais gamin et je découvrais le monde des commerçants et mon père en était un avec sa modeste gargote à l’ombre du cinéma Château. Je voyais mon oncle jasant avec son quincaillier rue Bélanger, ma grand-mère avec sa marchande de fleurs, rue Molière, un cousin avec notre « bedeau » rue Jules-Verne, le notaire chez notre barbier, rue Jean-Talon —j’écoutais, j’écoutais ! Chez le pharmacien : « Terrible m’sieur Martineau, eh oui, les nazis sont entrés dans Paris ! » Voir ma tante se confier à son boucher, ma marraine barguiner du linge chez Greenberg !
La vie et j’écoutais… le bavardage humain, communautaire, je prenais conscience que les gens se mélangent, échangent des nouvelles dans les commerces de proximité et cela me faisait chaud au coeur d’entendre jacasser chez le fruitier Di Blasio ou chez le cordonnier Colliza, rue Drolet. Je constatais l’importance des marchands. Il en va ainsi dans un village.
Pourquoi hargne et mépris ? A Saint-Sauveur ou à Ste-Agathe ! D’où sortent ces asociaux, ces misanthropes, ces écolos fanatisés, ces « verts » déboussolés, réfractaires, allergiques, à toute nouvelle installation marchande ? Ils sombrent dans l’urticaire et rêvent d’une pureté d’avant le Déluge, éden imaginaire. Sorte d’intégristes, de fondamentalistes qui font un vœu : « Un coup de baguette » et  tout développement s’effacerait. L’ancien village primitif (oh cliché béni !) surgirait.
Cela dit, on a le droit d’aller vivre en ermite.
Mais si on s’installe dans un village prospère, acceptons les bons cotés (écoles, rues éclairées, égouts, aqueducs, pompiers et polices) et aussi les mauvais (trafic, bruits augmentés, déchets variés). Enfant , déjà, je voyais que c’est à cause de tous ces services, échanges, négociations, que les gens en arrivent à parler ensemble, à se découvrir, à communiquer joies, chagrins, projets, déceptions et échecs. Aussi à s’apprécier et, parfois, à se détester ! Je reste donc surpris quand je lis de la rage envers les commerçants, cette réalité datant du début des civilisations en Mésopotamie !
Tenez, un exemple de convivialité ? Ma Raymonde achetait en 1973 sa vieille maison au moins centenaire. Vient un temps où il faut rénover. La toiture ? « C’est pourri tout ça ! ». Le verdict tombe, alors parlement et contrat à signer. Bon paquet de mille piastres viande à chien ! S’amenait une vaillante escouade, celle de Yannick Boyer (pub gratuite !), avec des représentants de trois générations. Alors, bing-bang !, zing-zong !, éclatera le concert de violons grincheux sur le toit ! Dès potron-minet, tout branle au dessus de nos têtes et on a peur !