CHRONIQUEUR DE QUOI ?

Les sujets de discussion sont nombreux. Quoi vous dire cette semaine ? Jadis, dans nos tavernes, les hommes discutaillaient sur le sort du monde ou bien… de Maurice Richard. Désormais. Ii y a les cafés, les bars, les terrasses en belle saison. Un chroniqueur n’a qu’à ouvrir la radio, sa télé, RDI et le RDI du canal 10, ou bien un journal, un magazine. L’éventail s’étale. Ô « Actualités » d’ici ou de Paris. Ou de New York. Il y a, sans cesse, foule de thèmes. Quoi dire ? De quoi parler ?

J’ai du plaisir, on le sait, à rédiger souvent sur nos éphémérides locaux. J’y vois un besoin de fuir la commode distance, cette manie d’écornifler partout sur le globe et de mépriser sa propre vie, son existence quotidienne. Besoin de savoir intégrer notre entourage immédiat, notre monde familier, si facile de vouloir régler « le sort du monde » comme on le faisait à quinze ans dans les couloirs du collège aux heures de récréation. Nous rêvions. Comme ceux des manifs. C’est correct. Si on ne rêve pas à cet âge…

Il reste, chaque fin de jour, des tas de propos à ranger, à corder, à mettre en bon rang. Je suis entouré de petits papiers, de monceaux de coupures de journaux que me regroupe dans le Nouveau-Rosemont, rue Ephem-Longpré, Marielle, ma petite soeur-secrétaire. Ça peut attendre longtemps, parfois. Il y a ce petit chat noir écrasé dans ma rue… Ou l’interminable crise étudiante, la Grèce en banqueroute, ou Madame l’Inspecteure Charbonneau à son neuf maillet, ou encore l’Afrique en malheurs divers, la Chine « capitaliste » qui grimpe, les valeurs d’antan qui s’estompent : « la vie bonne » qui est quoi donc maintenant philosophe Nietzsche ? Calmons-nous. Tout change. Mais oui, vieillards mélancoliques (pas moi, Dieu m’en garde!), nerveux « vieillards » : les Facal, Pratte, Duhaime, Dubuc ou Martineau (oui, déjà !), camarades scribes scandalisés qui arrosent d’huile bouillante les feux-de-la-peur populiste. Ô ces sauveteurs auto-proclamés accrochés aux épaules du populo.

Tout évolue. En mal. Et parfois en bien. En mieux. Point de cette nostalgie facile chez moi. Oui, il y avait du bon mais aussi de l’épouvantable dans nos existences de jadis. Tant d’hypocrisie, de mensonges, mille et mille « Tartuffe » régnaient vêtus de robes de femme, rouges ou noires. Ce clergé dominateur et maquillé ! Tant de religiosité avec tant de dévotionnettes connes, avec une religion sotte, tellement idiote. Envie de se tourner alors vers le Bouddha. Lui aussi n’écrivait pas, comme Jésus, il ne dictait pas non plus comme ce « guerrier » fougueux et polygame, Mahomet, l’illettré qui répétait à ses scribes les paroles de l’Ange Gabriel. Bouddha ? Non merci ! C’est 155 « tablettes » ! Oui, 159, exactement ! Voilà le malheur : il y a les évangiles mais tant de propos par « les Pères de l’église » et autres ratiocineuses mémères ! Comme il y a les commentaires bien bavards du Talmud sur la Thora. Cette manie de faire échos sur échos avec les notions des grands sages.

Bon, suffit, je plonge. Parlons d’un chercheur québécois étonnant. Mario Beauregard, son nom. Il bûche sur une hypothèse audacieuse dans son cagibi avenue Vincent-D’Indy. . L’esprit (la conscience) existerait en dehors du corps physique, indépendant dans ses émotions. Aïe, terrain miné ! Ce prof de neuro-psychologie (à l’U de M), examine les gènes. Il veut savoir si le cerveau —mi-biologique, mi-psychanalytique— n’impose pas l’idée suivante : « la conscience serait, mais oui, indépendante, totalement, du corps ? » Ah que j’aime la folie des chercheurs, moi ! Ce chercheur : « De plus en plus de « morts cliniques » racontent la sortie du corps. » Il vient de publier (en lingua franca) « The brain wars ». Il a vécu comme malgré lui des expériences d’ordre spirituel). Il a examiné par exemple, les cerveaux des religieuses carmélites en prières ou méditantes. Un monde hein mon sujet cette semaine !

p.s. : erreur : c’était « Federico » Fellini.

 

 

Une réponse sur “CHRONIQUEUR DE QUOI ?”

  1. M. Jasmin, ça tombe bien. Je viens de terminer la lecture de « The Mind’s I – Fantasies and Reflections On Self and Soul » de Douglas R. Hofstadter et Daniel C. Dennett. Livre que je vous recommande fortement si vous êtes curieux du pourquoi du comment du « je »… Je n’ai pas la prétention d’être une autorité en la matière (ou la non-matière 🙂 mais voici mon opinion.

    La conscience est un produit du cerveau complexe (par opposition à un cerveau plus simple comme celui d’une abeille). L’idée que le corps et l’esprit sont deux entités séparées, le dualisme, est aussi vieille que la philosophie elle-même (http://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_corps-esprit). Pas de cerveau = pas de conscience.
    Le livre de M. Beauregard semble assez populaire sur le Web.
    http://www.salon.com/2012/05/01/near_death_rehashed/singleton/

    Bonne journée,
    Luc

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