DEVOIR D’ÊTRE HEUREUX, DE BONHEUR ?

Vive le bel été, ô joie, vive la nature épanouie, ô bon bonheur ! Tous les jours, trois beaux canards (comme dans la chanson) se baignent au rivage. Certains jours, deux, un couple avec le mari coquet et décoré, l’épouse, sobre et terne (!). Certains matins : un seul. Querelle dans un « Ménage à trois »? Est-il un canard « Tanguy » refusant de se construire une vie-bien-à-lui.
Ça mange et c’est comique de les voir, les trois culs blancs en l’air, les six pattes qui pataugent, six becs en plongée. Pour quoi ? Pour des alevins (les p’tits ménés, disait-on). Mon trio, hélas, moments de pauses, va se hisser sur notre radeau, se secoue les ailes, se rapetasse en boules de boulingrin, et… merde ! ( c’est la cas de le dire) décorent la plateforme de multiples morceaux d’un chocolat déféqué et pollueur.
Un matin chez mon « puscher » de nouvelles), Monsieur Taillon-du-Calumet (noble sire) me questionne : « Le lac, là-haut, c’est bon pour la baignade, oui ? » Oh oui et quelle aimable vision quand j’aperçois, au loin, la plage remplie de joyeux baigneurs au soleil. Arrosés et arroseurs, petits cris de plaisir, maillots colorés variées, c’est ça « le plein été » avec juillet qui s’ouvre. On sait que les résidents y ont droit gratuitement et venez voir les neufs jolis aménagements; merci m’sieur l’maire Charbonneau ! Concert de duettistes dans l’air ?, ma foi oui : comme en échos à ces joyeuses clameurs, je vois les baigneurs d’en face, à cet hôtel où, aspirant potier démuni, je lavais la vaisselle en hiver de 1950. Bon. Enfin, preuve du vrai été, le soleil-jean-claude-gauthier, est revenu à sa charrette lumineuse rue Valiquette, ô petits fruits bénis !, et sa perpétuelle belle humeur.
Samedi, soirée magique à Saint-Eustache-la-Neuve, boul Pie X11. Fête surprise pour 50 ans de « vie commune », pour  ma cadette, Nicole. Elle s’amène en toute innocence chez son fils l’horticulteur, Sylvain (qui porte bien son  nom !) et c’est le total étonnement ! Découvrir au jardin une trentaine de convives (parents et amis) qui lui chantent « bonne fête ». Vive motion. Larmes discrètes. Ce sera l’inévitable « album parlé » sur nous tous, avec les deux  clans, les Vézina-Jasmin. Bavardages croisés faits de nos folies de jeunesse, petits bonheurs masquant les petits chagrins, des déceptions. C’est long, un demi-siècle. « Entre la jeunesse et la vieillesse » chantait feu une poète de Morin Heights…samedi, quelques jolies jeunesses : Aube, Fanny, le petit Milo…qui nous sourient examinent ces têtes blanches rigolards de tant de souvenirs, Heureux, parfois tragiques. J’en parle ici pour dire que l’été c’est « le bon temps » pour des rassemblements familiaux. Samedi, au milieu des rires et des cris, des gâteaux et des vins, pas un mot sur cette pauvre Syrie qui saigne en ce moment ou sur le Mali en Afrique-des-désespoirs, toutes ces ténèbres armées ! N’y a-t-il pas un devoir d’être heureux pour ceux qui, comme nous, ont la chance de vivre par ici. Les « faces de carêmes », les « grise mines », les « longues figures », sont des ingrats occidentaux repus. Des inconscients. Chanceux et comblés, oui, il y a devoir de bonheur.

Une réponse sur “DEVOIR D’ÊTRE HEUREUX, DE BONHEUR ?”

  1. Bon, voyez ? Les lettres se suivent et ne se ressemblent pas. Vous voilà de belle humeur.
    Vous avez la vie devant vous. Rien que ça… et une journée à la fois. Nos mères disaient et s’ enlignaient de même. !

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