Dans le trafic…

D’abord ma honte et mes excuses pour mes deux verbes au pluriel inadéquat la semaine dernière; avec promesse de mieux me relire. Parlant pluriel que je vous raconte « une journée infernale » dans le trafic métropolitain. Ma foi, nous devenons des villageois, de vrais campagnards et on va à Montréal le moins souvent possible (deux fois par mois ?) Aller-retour vite fait. Cette fois, dur devoir d’y rouler des heures et des heures.

Avant la plongée urbaine, arrêt pour avaler un « petit déj » (comme on dit à Paris) à Première Moisson. Leurs très fameuses brioches. Ensuite, rouler dans l’Avenue du Parc très bondée de voitures, puis dans l’Avenue des Pins, pas moins bondée et puis descendre sur Atwater, filer vers cette clinique (pas moins bondé) de mon ophtalmologiste saoudien. En plein matin, voir tant de grouillements à l’ouest du vieux Forum ! Incessantes silhouettes pressées traversant la rue chargée de mille et mille véhicules. Vertige chez nous deux, villageois devenus.

On sort de l’examen et on veut revoir ce qu’est devenue la vieille « Catherine ». Bon dieu, tudieu, parlesangbleu que tout a changé depuis ces années 1960 quand on bossait, elle et moi, à la SRC dans l’ex-hôtel Ford ! Vie grouillante au paroxysme ! Roulant vers l’est, tournant dans Amherst, arrêt chez un de mes éditeurs (VLM-Quebecor) pour sauver du cruel « déchiquetage » quelques exemplaires de mes trois derniers ouvrages. Mes « enfants-de-papier »… mis en charpie ! Mon futur imprimé ? Ce même triste sort ? Vous qui m’estimez ici, cet automne, achèterez-vous « La fille numérotée ». Mon récit-confession racontant ma fuite soudaine ? Cruellement jetée cette Anita, jolie juive « numérotée » d’Auschwitz que j’embrasse en cours de céramique à mon École du Meuble.

Filons ensuite rue St-Denis pour « Boréal-éditeur » avec un colis pour le boss, l’ami Pascal. Trafic intense ce midi-là, les restos (cafés, bars, et.) grimpent sans cesse ! Un jour, au 7,068, verra-t-on un resto nouveau sur le site même de la modeste gargote que papa a tenu si longtemps, site que de 1974 à 1976, des millions observaient le dimanche soir dans « La petite patrie ? Devoir ensuite filer au CHU de Notre-Dame. Prendre des photos radio du souffle court de mon amour. Tout autour du parc, grondements partout dans les rues, —ô faux campagnard adèlois dépassé !— des bus, des taxis, des camions, immenses joutes aux mille roues !

Rouler à l’est vers une grosse clinique populaire et, moi, lire dans l’auto en l’attendant. Petite rue Cartier soudain comme un coin surprenant, presque champêtre. Calmes, des gens décadenassent leurs vélos. Des piétons lents vont vers l’Enfer-Sherbrooke. Un moustachu patron de buanderette lit sur sa chaise pliante. Ouf ! Accalmie ! Ma Raymonde revenue, aller bouffer des « baveuses » très « baveuses », succulentes omelettes remplies de bons ingrédients « de la saison » à la terrasse du Café Souvenir. Cette rue Bernard c’est vingt, cent rencontres et je félicite Jean-François Lisée de son engagement. Cela fera de l’intelligence brillante à l’assemblée. Saluts à Chaput-les-conférences. Carrefour à restos pour y croiser P.K. Péladeau, Martineau et sa charmante « Dure-au-rocher ». Apercevoir Gilbert Sicotte, Meunier et Côté-l’omertà, nommez les notoires, ils y sont tous ! Assez du tintamarre citadin, on grimpe vers nos collines à sapinages, nos canards.

 

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