UN VILLAGE À PART ?

Chaque village a sa marque. Sa note, son ambiance. Il y a un monde entre Saint Sauveur avec sa vraie « rue St-Denis », grouillante de restos, sa rue De la gare et ses boutiques, sa belle église de pierres, son actif centre commercial et, disons, Sainte-Marguerite. Ou Val Morin, Saint Adolphe.

Il y a donc Val David. Ce village où, m’assure-t-on, il y a des tas de créateurs. Modestes artisans ou artistes de divers ordres. Où il y aurait même un ashram hindouiste pour méditer ou jeûner, oui, Val David ne ressemble à aucun autre. Ce fut cette ultra populaire boite à chansons longtemps, feu Le Patriote.

Pas loin de l’église (banale hélas), on y verra un vieux logement tout retapé où l’on présente des expos. Ces temps-ci, deux lots : dans l’entrée, Bernard Chaudron. À ses fours, Chaudron ferraille depuis un demi-siècle en son atelier de Val David. Il a pondu des trésors d’une joaillerie solide, ferme, sans affèteries niaises, jamais.

Dans d’autres salles, surprenantes bêtes géantes ! C’est signé Beaudry et Isabelle. Le mot sculpteur ne convient guère pour ces deux bricoleurs étonnants, le mot modeleur pas davantage. Allez vite voir ce grand rapace aux ailes grandes ouvertes. Ou ce taureau, cornes basses, chargé de chaînettes d’acier, manteau armé, couverture métallique étonnante. À l’étage, voyez ces poissons géants, corps insérés de lucioles aux luminosités troublantes. Ces amusants exhibits ferrugineux relèvent du monde du design et même de la décoration. Ils plaisent, n’ont rien des bidules surréalistes des créateurs « géants » à Venise ou à Frankfurt.

Ces jolies bestioles feraient bel effet en des édifices (ou places) publics. Bien mieux que cette kioute « guidoune » dorée d’un art conventionnel que des malins (aux USA) veulent offrir « gratis » aux candides dirigeants du Parc Olympique. Manœuvre ou astuce commerciale bien louche à 50,000 $ l’installation ! Une pétition circule s’y opposant et je signe volontiers. La Ministre Christine St-Pierre se réveillera-t-elle ?

Aussi, à Val David deux sites rituels : un, la vaste expo de mille et une céramiques, dehors, chaque été et, deux, le site naturaliste en plein boisé du graphiste René Derouin. Voyez ses panneaux peints (naturalistes encore) tout autour des murs du supermarché du lieu. On y voit oiseaux, poissons, bosquets contre des ciels nuageux. Ouvrage rare n’importe où dans le vaste monde. Chapeau ! Oui, Val David ne ressemble ni à Ste-Adèle ni à Ste-Marguerite, patelin « à part » qui a de bonnes raisons d’être fier.

Le divin croque-monsieur, coin Valiquette et Morin, au neuf resto-bar, « Garçons », ce midi-là. Puis, au soleil —non mais quel bel été !— J’entends « pratiquer » des tounes de rock au parc voisin car c’est samedi. Au lac, dix canards —foin de mon hibou-Rona et de la tourniquette dollarama— chient à cul que veux-tu, hélas. Pataugeant, je regarde filer —parfois j’en sursaute— des têtes émergente, des bras comme métronomes, de ces noirs nageurs à souffle inépuisable. Des figures olympiques, c’est « Londres-2012 » au lac Rond. Moi avec ma saucisse de plastique jaune, je croule de honte face à ces athlètes vigoureux. Oh, le poids des ans !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *