VAL-DAVID-SUR-LA-NORD


 

C’est fou, étant si souvent allé à Val David, jamais je n’ai appris qu’il y a en ce lieu le plus joli parc de nos alentours. Le village est-il trop modeste pour l’annoncer correctement ? Pas loin de votre arrivée, tournez à gauche, vers le nord quoi, Rue de la Rivière et : pam-pam! Quel paysage féerique ! La Nord coule le long de ce parc avec de splendides cascades. Des visiteurs sont installés (avec ou sans bouffe) à des tables rustiques. Ils admirent sous la canopée ces vivifiants rapides, et entendent le gazouillis charmeur —si romantique— de l’eau qui court sur des rochers cachés.

Nos ancêtres, Néerdantals, Cro-magnons, X…pithèques quelconques, estimaient-ils déjà ces cours d’eau vive, ces frises d’écume décorant ces eaux en descente vers leurs embouchures ? J’ose le croire, m’imaginer que ces primitifs chasseurs, impétueux et si peu cultivés, posaient leurs engins assommoirs aux rives de ces beaux sites à cascades. Pour rêver un peu, àquoi ? À rien et à tout. Allez-y voir ça à Val David, vous verrez bien. Toujours un moment de stimulante rêverie. Une halte utile. Une pause rassérénante qui fait du bien.

Val David n’est pas Saint-Sauveur, ni Sainte Adèle, ni Sainte Agathe à côté. Le lieu ne jouit pas de solide notoriété. Pourtant, allez-y faire un tour, il se dégage de Val David un charme particulier. On dit que s’y trouve un grand lot de créateurs, modestes et fiables artisans ou designers branchés. À chaque passage —Daniel, mon fils y est installé— je fais des rencontres inusités. Pas seulement de quelques Juifs Hassidim ou de nombreux « bouddhistes » (parfois en safran), mais aussi de ces bonshommes vieillis à cheveux longs, à barbes bien fournies, parfois à bandeaux au front et je me sens alors comme replongé aux temps du « Peace and love »et de San-Francisco-la-libertaire.

Rue Principale, j’y ai mon « four » bien-aimé, chez « Grand’Pa » aux pizzas succulentes et autres restos sympas. Je l’ai déjà mentionné, l’église est sans beauté hélas, mais on découvre une galerie d’art publique (c’est rare ailleurs) et des échoppes où s’offre de la beauté. Certes Val David ne jouit d’aucun prestige fort, d’aucun ensemble de pentes de ski, ni de grands hôtels renommés, à part la bonne vieille « Sapinière ». Jadis, le village a vu grandir sa réputation à cause de feu la très active et populaire boite à chansons « Le Patriote ». Qui s’est déménagée chez sa grosse voisine, Agathe ! Val David à prestige minimum est heureusement renforcé, (pas seulement par son petit marché populaire) par deux grandes expos de prestige : celle, singulières, initiée par le célèbre graphiste René Derouin sur son domaine et aussi celle de la céramique avec les « 1,001 Pots ». Quoi qu’il en soit, j’aime ce village modeste, sans gros centre commercial (ouf !). Charles Trenet chanterait assis sur un banc public : « On y voit le bleu du ciel, le rose des nuages qui courent au dessus des enfants du parc de la vieille gare… » Mais surtout, allez vite voir ce parc où la Nord coule en cascades scintillantes. Pressée d’arriver. Mais où donc ?

 

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