« PAS DE CHIENS, PAS DE JUIFS » ! Ce titre ? Jeunesses d’ici, voilà ce qu’on pouvait lire aux plages de nos Laurentides, avant la guerre.

« PAS DE CHIENS, PAS DE JUIFS » !

 

Ce titre ? Jeunesses d’ici, voilà ce qu’on pouvait lire aux plages de nos Laurentides, avant la guerre. Oui des placards antisémites posés par de bons proprios Canadien-français catholiques. Comme tous les nôtres, mon père, détestait les Juifs. « Ils ont tué le Christ », me répétait-il et notre pieux clergé d’approuver. Étudiant, en 1950, je lui annonce être « tombé en amour » avec une jolie Juive de mon École des arts appliqués. Papa ne m’adressa plus la parole. J’ai fini par rompre ave cette jolie Anita Gertler et dans quelques mois, chez XYZ, sera édité mon récit de cet amour lâchement abandonné.

En 1989, trente ans plus tard, chez mon dépanneur, je croise un certain Jacques Neufeld, Juif d’une bonhomie énergique. Neufeld me racontera sa vie de clandestin quand il sauvait de la Gestapo des tas de ses compatriotes traqués par la Gestapo et la sordide Milice française. J’avais conduit chez mon éditeur d’alors, Leméac, ce Neufeld qui y publia ses aventures. Il y a peu de temps —ô piscine de L’Excelsior, ô piscine du chic Club du Sanctuaire !— rencontre d’un chimiste emeritus ex-prof à l’U de M. Il m’offre sa traduction d’un récit de Yossi Indig, un camarade baigneur. Un Québécois interné dans un camp nazi : « Adieu à Sihget » (édité à compte d’auteur). Émouvant. Si vous allez à la (grande) Bibliothèque nationale, vous lirez cet « Adieu à Sighet », une autobio qui raconte son brutal « ramassage » au ghetto juif de cette ville Sighet, en Hongrie. Poignant récit (préfacé par Elie Wiesel) d’un jeune garçon chez les nazis avec toute sa famille.

La guerre finie, l’adolescent libéré va choisir Montréal. Qu’il aima vraiment. Après avoir été petit commis « dans la fourrure », débrouillard, il se jeta dans le commerce des vêtements via les « fins de ligne » des manufacturiers. Marié et père de famille, Yossi réussit avec sa boutique à aubaines. Installé (dès 1964) rue Mont-Royal. Au coin de Fabre, rue célébrée par Michel Tremblay. La concierge qui loge à l’étage du « Belle mode », le forcera à fuir le Plateau. Furieuse antisémite. Aux ordres du propriétaire de l’édifice, un certain Adrien Arcand, chef Québécois nazi avant la guerre. Yossi Indig s’en ira rue Ontario coin Valois poursuivre son commerce. Dans son récit, Yossi louange une Micheline Martin, dévouée gérante et « bras droit » durant trois décennies. Il lui reconnaît volontiers ses succès. Là, rue Ontario, un incendie ravageur et il ferme. En 1995, le petit garçon tatoué », numéroté— prend sa retraite des affaires et suit des cours de peinture via la télé. Le voilà peinte et il rédige donc ses mémoires. Ce livre «  La promesse à ma mère », en anglais, en français « Adieu à Sighet » montre un fort courage. Son chapitre narrant un retour à Sighet arrache le cœur. Ici, je veux remercier J.-C. Richer (retraité qui vient de publier une énorme « somme » sur la chimie, un ouvrage unique au monde), de m’avoir offert « Adieu à Sighet ». Il m’a prouvé la volonté exemplaire de la race juive, dans chaque chapitre on retrouve cette force de cohésion, cette union inouïe qui a fait des héritiers du « vieux testament » une nation vraiment « tricotée serrée » et d’une résistance incomparable. Au lieu d’avoir placardé ces « No dogs, no jews » sur nos plages laurentidiennes, nous aurions mieux fait d’imiter cette solidarité raciale à toute épreuve, nous, minorité méprisée et bafouée du temps du mépris raciste des anglos dominateurs de 1939.

 

 

 

 

« PAPA A RAISON ! »


 

Débat actuel : Radio Canada à Montréal, trop nombriliste oui ou non ? Ecoutez ça jeunesses : en ce temps-là (on dirait l’évangile ) le bien cher « P.E.T. » d’Ottawa, hystérique, crachait sa haine du Réseau français de Radio Canada). « C’est un nid de séparatistes », vociférait-il ! Les patrons montréalais frissonnaient et le PET en remettait : « On va fermer ça, Radio Canada, on va diffuser des images de vases chinois ! » Le boss de la SRC française voyait son job perdu ! Un personnel tout séparatiste, allons, des machinistes, des techniciens, votaient Caouette et Samson, créditistes anti-souveraineté.

Ce PET riche, héritier des garages Champlain (une chaîne), et du célèbre Parc Belmont, était informé. Vrai, des auteurs, des artistes divers, des réalisateurs militaient, plus ou moins clandestinement, pour un Québec libre. À la section « nouvelles et affaires publiques » feu Marc Thibault, père de Sophie à TVA, grand patron en était constipé et ultra nerveux. Aussi l’on congédia pour l’exemple et intimider, ces Gérald Godin et autres indépendantistes imprudents, comme Louis Bourdon, époux de madame Harel.

Jeunesses, ces années 1970, « C’était un temps déraisonnable », comme chantait Léo Ferré. Or, actuellement, un gang de zélotes « harperriens » s’énerve encore et accuse le Réseau français de Radio-Canada : « Bande d’égoïstes, de nombrilistes ! » Il faudrait, chaque soir, jaser sur toutes les provinces de la fédération et cessez de ne commenter que les affaires québécoises car le Québec ça les ennuie à Halifax et à Vancouver ! Certains sont aveugles, bouchés. Québec n’est pas « une simple province ». Même Harper a été forcé d’en convenir, il y a « nation ».

Un bon paquet de red-necks, blokes ignares, veut revenir au temps où le téléjournal d’ici, faisait un topo d’un faucon piégé à Regina ! Ou d’un vieux cabot égaré dans le port de Sydney. Il y a peu, dans nos gazettes, un M. Théoret, franco ontarien, braillait : « Nous, habitants de Sudbury, Radio Canada français nous ignore ! » A-t-il accompli un ouvrage mémorable ? Non. Rien. Le Réseau français est au service de la majorité, point, barre. Les Québécois francophones vivent à 82 % au Québec. Face à ces braillards les patrons du Réseau Français doivent encore s’énerver. Après Trudeau, la peur des harpéristes —avec menaces de vases « Ming » ? Y a-t-il une critique à faire ? Oui. Bien loin de Vancouver ou Halifax, celle de ne pas assez nous renseigner sur Inde ou Chine, sur ce Brésil qui monte, sur cette Grèce qui descend. Le monde, on en sait si peu sur l’univers des hommes.

À propos de cette panique folle des années 1970, feu Gérald Godin, alors journaliste, me racontait : « Faut voir ce cirque aux infos, observer notre boss, Marc Thibault (le père de Sophie à TVA), pas croyable, le bonhomme Thibault a un chrono vissé aux doigts et joue les Salomon. Peu importe le poids des événements, il gueule : «  Equal time, le petits gars ! Ce mois-ci, les Libéraux ont eu 152 minutes et le P.Q., 154 minutes ! Faut donc vite accorder deux minutes à Robert Bourassa ou à Trudeau. » Quelle bêtise d’avachis terrorisés !

Alors, ces jours-ci, reprise donc des lamentations. Qui se joint à ce concert québéphobe ? Nos demi assimilés, nos anglaisés, nos américanisés. Diable, les Québécois crachent 33% d’impôts pour ce Réseau français, non ?

 

 

 

LA PEUR DE LA FEMME-POLICE !

 

 

Ma jeune voisine (au somptueux chat couleur de pourpres) Blondinette, devenue Noirette, m’invite —vite— à admirer un haut sur pattes héron qui batifolait sur son quai ! Ô la beauté de cet oiseau géant !

Puis mon tour du lac quotidien et découvrir ( rivage en terre humide étatisée) une marmotte… morte ! Plus loin, le cadavre d’un petit castor ! Encore ? Oui, proche du (bon) resto So Thaï, un joli chat noir tacheté de blanc, mort lui aussi ! Bigre, sombres présages ? Oh oui, on découvre cette diplômée de « L’École de police (à Nicolet), enragée démontée, criant sa haine viscérale imbécile des « artistes » ! Incroyable femme « armée » que cette grosse musclée, Stéphanie Bureau. Bastonnant, menottant, étouffant et… blasphémant comme un charretier !

Que vaut donc cette école publique ? Que pense ce genre policier de nos Noirs ou de nos itinérants. Aïe ! Pis que pendre ? J’ai eu affaire, il y a peu, à une jeune patrouilleure de la S.Q. de Sainte Adèle. Une excitée du même genre que la butch Trudeau, vociférante pour avoir oublié de stopper au coin de ma rue Morin. Toute démontée, comme si j’exhibais une bombe, elle criait, répétant à tue-tête :« Ne sortez pas de votre auto ». J’étais chez moi dans mon entrée ! Une diplômée de L’École de Nicole. Son chef alertée par moi, m’écrivit… qu’il « la rencontrerais ». Et puis silence.

Oui, que vaut cette école de Nicolet payée par notre argent public ? Rien, monsieur le directeur Parent aux polis excuses mais seulement après la vidéo à la télé. Diplômes accordés donc à ces prévisibles tueurs et tueuses en uniforme ! Pas fou le peuple d’avoir peur de la police et davantage que des « ritals » maffieux. Une autre école damnée ? Oui si on écoute, chez Dame Charbonneau, juge, qui « bavasse », un certain Z., ex-corrupteur (il l’avoue) qui raconte tous ces ingénieurs —pas des truands hein ?— complètement corrompus. On se dit : mais ces super instruits ont pourtant fréquenté la prestigieuse école universitaire dite « Polytechnique ». Cours difficiles pour des cerveaux aiguisés. Là aussi c’est « zéro » question d’éthique ? Polytechnique enseigne-t-elle la pourriture morale ? Aucun code moral, mais aucun, n’est donc transmis aux élèves, futurs ingénieurs ? Deux tristes lieux : Nicolet et l’U de M. Navrant et très très inquiétant. Les cognés, les frappés, les victimes de tous ces psychosés armés, n’osent porter plainte : la « parole de la police » est sacrée, privilégiée. On le sait trop. Et l’avocat, on le sait bien, fonctionne à haut taux avec leurs minuteries réglés. Surtout, il y aura délais, des mois, parfois des années souvent. « Omertà » prudent alors des citoyens bafoués par « law and order ». Ces fripouilles à la Trudeau frapperont et cogneront de plus belle.

Nous tous, placides habitants de nos jolies collines, méfiance ! Une balle perdue peut vous tuer. À Sainte Marguerite, autre terre à chics résidences, c’est du baseball : « une balle, deux balles…un homme de mort ». Qui ? Encore un « rital ! », Vincente Pietrantonio, déjà condamné comme usurier, joli métier ! Écoeurés ? Voici un agent de la S.Q, incarcéré la semaine dernière pour pornographie juvénile. François Blouin, 47 ans; ô Internet, si utile outil, qui peut servir de bordel à des désaxés en uniformes ! « Dans quel trou m’avez-vous mis, mon Dieu ? », écrivait jadis Réjean Ducharme ! Mais il y a aussi la beauté sang et or des arbres qui, hélas, va s’éteindre bientôt. On gèle comme en janvier ces temps-ci ! La vie est belle ? Oui. Las de marcher, j’ai retrouvé mon palétuvier tout feuillu au dessus de la mini mangrove qu’est la piscine du spa Excelsior; pour ma patte folle opérée rien de mieux que l’hydrothérapie.

 

 

 

 

 

 

 

NATURE DE SANGS ET D’ORS !


Parlons automne. Ma marche rituelle autour du Rond et halte au joli parc publique de la rue Chantecler : le noir des grands sapins contraste avec le scintillement du lac au soleil et l’étincelant des érables d’octobre, décor de sangs et d’ors ! Admiratif, tu bénis la vie par ici. Et tu puis tu entres pour des rôties avec de la bonne confiture de ma chère École Hôtelière et tu ouvres ton journal puisque « être informé c’est la liberté ». Alors l’horreur reprend son cours : les mauvaises nouvelles, ON CACHE LES BONNES ?, pas ici à Pays d’en haut. Les reportages sur les gourous des Malboeuf et Vailles ( La Presse) : « d’ la vra marde », chanterait la Leblanc ! « Faux curés » (gourous) des détresses humaines, crapules, ici, dans nos collines, à Prévost, à Trembant. Ces «  curés laïcs » parfois charismatiques, existaient jadis. Existeront dans l’avenir. Soudain, mots de la fin, on lit : « Les professionnels de la santé admettent que cela (les bons) peut aider » ! Comment trier les bons des fumistes ! Autre point, Dame Justice (les polices) est impuissante car il y a, hélas, consentement et aucune violence exercée. En 2012, qui sont donc ceux qui gobent ces poutines ? Des gens fragilisés, proies don t la cervelle est comme annihilée ?

Marche mon vieux, marche et regarde encore le noir de sapins contrastant avec les scintillantes feuilles en sangs et en ors, le lac étincelant au soleil d’octobre. Le temps s’obscurcit et tu vas au cinéma. Merde: bien peu de public pour « Inch’Allah », de la brillante cinéaste québécoise, Anaïn Barbeau-Lavalette. Un magnifique film illustrant la Palestine murée par Israël. L’histoire d’une kamikaze, avec sa bombe dans son sac à dos, qui commande un café à une terrasse de Tel Aviv et « boum ! » Encore moins de monde pour « Rebelle », un film effrayant sur les enfants-soldats enrôlés pour tuer au Congo ! Lysiane Gagnon (La Presse) en est scandalisée et moi je crains le découragement du proprio du Pine, le cinéphile Tom, à faire venir de tels excellents films ! Oui, nation nigaude et qui me désespère.

Parlant de Lysiane Gagnon : courageuse elle vient d’oser condamner ces Juifs orthodoxes « à natalité galopante » —les Hassidims d’Israël. Majoritaires dans Jérusalem et aussi écoeurants que les fanatiques de l’Islam, pire que ces Salafistes d’Égypte, qui méprisent les femmes. Ces Juifs religieux détraqués (les Haredims) sont un fléau là-bas. Le corps de la femme c’est le mal. Nétanyahou est obligé de composer avec ces « fous furieux de HYAVEH ! Sophie Durocher défend la vaillante reporter du « Journal de Montréal » (Émilie Dubreuil) qui a bien fait de fustiger les écoles juives de Montréal où on oblige les enfants à n’étudier que Thora et Talmud, les destinant à un avenir bouché.

Nos taxes contribuent à payer ces écoles d’embrigadement. Ce con de rabbin, Allan Nader (dans The Gazette) en fut fou de rage. C’est l’intelligent Gershom Gorenberg —historien et journaliste en Israël— qui passe pour un « traître ». Il a osé publier « La démolition d’Israël ». « Des années d’études vaines et nulles, dit-il, qui ne préparent pas à la vraie vie. » Lendemain, faire face au lac scintillant, aux arbres étincelants de sangs et d’or. Je me console de ces sombres actualités.

 

 

 

AIMER LA CHINE POUR « LA PIASTRE » ?


 

Enfant, j’aimais déjà la Chine. À cause des lettres, photos, cartes postales d’Ernest Jasmin, oncle missionnaire là-bas.

Étudiant en céramique, j’ai admiré, extasié, ces poteries ancestrales mirifiques, enfin, professeur d’histoire, j’ai découvert —et fait aimer— une Chine culturelle riche sur tant de plans et dans tellement de domaines. Voyez la Chine bien aimée du « boss » de La Presse, M. André Desmarais. Il la raconte au reporter Howard Green du réseau BNN. Amour extrêmement réducteur : « la piastre ! » Lisez, c’est triste :

 

1- « La Chine constitue une opportunité économique …

Une relation positive sur le plan des affaires ».

2- « Il faut voir le développement qui s’y fait au fil du temps…

Cette évolution peut avoir des effets sur une entreprise (Power Corporation ?) ».

3- « Dans toutes leurs entreprises …ils sont si novateurs »…

« On peut avoir du rapport avec les occasions qui s’offrent à nous ».

4- « Ils veulent évoluer sur le plan économique… »…« 8% de croissance annuelle… c’est du bénéfice net pour le Canada ».

5- « Nos ressources naturelles… ce seul marché prospère vite…  L’offre acceptée… ces transactions sont bonnes pour nous… nos intérêts sont satisfaits ».

6- « La Chine dont les 1,4 milliards d’habitants luttent pour l’amélioration économique… »

7- « Ennemi ? Je vois rien que les Chinois aient fait sur le plan politique pour y voir quoi que ce soit… « Pour l’instant (…) le développement de la Chine est pour nous une merveilleuse occasion économique »…Si 1,4 milliards de personnes se sortent de la pauvreté, continuent à avancer vers plus de richesse, c’est pas mauvais pour nous et le monde ».

Business, occasions d’affaires, bénéfices, exploitation, profits et pas un seul mot sur « arts, spectacles, littérature », (passé ou présent) des Chinois. Pire, pas un mot —« rien », dit-il— de reproche à propos des nombreux dissidents chinois en prison. Quel esprit riche hein ?

 

Claude Jasmin

Écrivain, Ste Adèle.