JEUNES GENS, LE MONDE EST BON !

« Il était une fois des gens heureux… », dit la belle chanson de Venne pour le film Les Plouffe. Vu le flot de pourriture chez la Juge Charbonneau, des téléspectateurs glissent dans la morosité : « Tout est corrompu! » Une saveur de boue à cochon dans la gorge. Je dis que les médias —journaux, radio, télé— intéressés avant tout par ce qui va mal, ce qui pue, sont coupables de ces foules désespérées. Les bonnes nouvelles —découvertes utiles comme intéressants progrès— n’amènent pas d’importantes audiences. Montrons les pourritures citoyennes et, alors, des lots de belles jeunesses sont dégoûtées.

Non, non, chers jeunes futurs citoyens engagés, résistez à cette image truquée, unidimensionnelle. N’écoutez pas seulement ces noirs tableaux mais oui, au delà des manchettes de sang et de crotte, le monde est beau. Il faut me croire, le monde est bon et il y a des gens heureux. Jeu sordide, nos informateurs n’illustrent que pourritures et turpitudes car « Les monstres attirent la foule ». Le monde des gazetiers ( même via internet !) veut cela, la foule ! Ensuite, vendons nos espaces bourrés aux tonitruants marchands !Ils mettent des nappes imbibée de sang sur leur table d’ignominie, détaillons le dépeçage d’un étudiant chinois par ce dément gravement aliéné, Luka Rocco Magnotta.

Yam,yam !, se pourlèche l’annonceur des désespoirs, des noirceurs, maniaques à gages pour divulgation morbide, pour agrandisseur des images du « mal » ! Au boulot, besogneuses courroies dociles, la Galipeau, le Bruneau, la Thibault, la Nadeau ! Volontariat sordide du « noir », à sa seule affiche le Frankenstein Hannibal Lecter ! Il y aura foule, prévisible. Non, non, jeunes gens, ces moulins aux horreurs sont rares, partout autour, observez bien : le monde est bon, avant-hier, il y a la couturière à mi-côte-Morin, d’un dévouement charmant, hier, ce vendeur itinérant aux frais scampis me fait voir sa joie, ce matin, cette maîtresse d’école en congé aide ses voisins très âgés, mon vendeur d’imprimés au Calumet me sourit chaque jour, Robert de l’École Hôtelière, si serviable, tout dévoué, madame Groulx et sa fille, indispensables auprès des grands « aînés » de ma sorte, Tom du Pine, généreux en infos, son voisin Desjardins, sans cesse courtois, l’héritière du quincaillier Théoret s’offre sans restriction à son magasin, enfin, à ma pharmacie, on s’efforce de concocter remède utile à mon glaucome ! Sachez résister, chères jeunesses. On veut vous noyer au fleuve glauque du « journal » et « téléjournal », dans son courant putride, chargé que d’infos véreuses, Oui, oui, le monde est bon.

Je ne favorise pas l’autruche, oh non, c’est essentiel de tout savoir mais je conspue l’abus et le sens unique, le silence sur « ce qui fonctionne bien ». Je l’ai proclamé publiquement : s’il y a 7 % de pédophiles dans le clergé, il y a donc 93 % de gens de bien et dont on ne dit…rien, justement. C’est la même exploitation des foules au cinéma, le choix est touffu. À la télé, au menu sensationnaliste varié. Au théâtre, voir « Les morbydes », au 4-Sous. Ça vient de loin, Quoi pour remplir les amphis chez les anciens Grecs ? Meurtres, assassinats. Cher Sophocle. Au TNM, Reine Jocaste crie :« Te crève pas les yeux Œdipe, mon fils, mon amour ! » Les monstres attirent les foules. Bon le monde ? Près de moi, j’ai vu Lynn, Murray, Claire et Daniel, tout faire pour ma Denise —vieille comme moi— lui installer un nouveau foyer à Saint Jérôme, loin de sa demeure abandonnée rue Saint Évariste. Que de soucis et de bons soins…le monde est bon ?

 

 

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