NOS « TROUBLES » ?

Je guette le vrai printemps. Il tarde. Trop de neige sur la terre, non ? Ai-je « un trouble » avec le climat ? Combien sommes-nous à nous impatienter d’un printemps retardataire ? Paraît que l’on nomme « toc » une manie. On disait, jeune, « un toqué » pour parler d’un doux maniaque. On le dit de celui « affublé d’un TOC, souffrant d’un « trouble obsessif compulsif ». Suis-je « toqué » à tant soupirer après le printemps. Je l’avoue, je n’en peux plus tant j’ai hâte d’aller errer, fouiner, vaquer « à ci et à ça », vagabonder quoi, oui, me promener tout bonnement dans mes alentours et en souliers !

En attendant un air plus chaud, de voir disparaître (enfin) tous ces restes de neige, j’en viens à songer « troubles ». Notre bonne vieille peur de l’anormalité. Je raconte dans le premier chapitre de mon « Anita… » (merci lecteurs d’en faire un best-seller) ma peur de la folie. Comme nous avions tous, jadis, une soutane (prêtre, religieux, nonne) dans chaque famille, nous avions souvent « un fou » à St-Jean de Dieu. On en avait… trois !

Désormais, médecine moderne aidant, nos fous ne vivent plus dans des asiles. Merci progrès. Ainsi, il nous arrive désormais, n’est-ce pas ?, de croiser sur notre chemin d’étranges personnes. Ça m’arrive par ici. Parfois les mêmes silhouettes aux mêmes jours, aux mêmes heures, avec un comportement plus ou moins quelque peu erratique. Enfant, dans nos rues de Villeray, dans les années 1930, nous avions une faune bigarrée : un trembleur convulsif, un qui parlait à voix haute et gesticulait, s’engueulant parfois avec des invisibles, un qui, courbé, barbu, trembleur et baveur, tournait la manivelle d’un vieil orgue dit de barbarie au marché Jean-Talon, une romanichel à voile, nez crochu, nous tirait « la bonne aventure » avec un perroquet trieur de cartes. Ou encore un « sans jambes aucune », torse à deux mains dans sa voiture qui se se mouvait à l’aide de deux gros fers à repasser antiques ! Un travesti exhibitionniste tournoyait autour du cinéma du coin. In « ti-coune », drogué montrait un rat vivant, un vétéran, un gazé de 1914, ses images « polissonnes». Aux quatre coins de Jean-Talon. s‘époumonaient en harangues névrotiques « des dérangés », fous de politique fasciste ou de religion ! Eh bien, nos paysages d’enfant en étaient comme… oui, égayés ! Car « le dimanche les enfants s’ennuient » cher Trenet. Mais parfois nous filions sous les jupes de nos mères !

Stop ! Avril 2013. À Ste Adèle et je lis pour voir plus clair. Je me documente. Qui suis-je, qui êtes-vous ? Du genre parano ? Qui se méfient sans cesse ? Peur d’être jugé. Du genre schizoïde ? Détaché de toutes relations sociales, apathique. Du genre narcissique ? Qui se surestime, se voit supérieur. Obsessionnel compulsif ? Voit à l’ordre, le rangement, le contrôle. Personnalité histrionne ? Émotions excessives, quête d’attention et des jugements des autres.

Suffit ! « Toc » pas « toc », devoir vivre avec soi et s’endurer. Se montrer endurable aussi. Sans le déni total, admettre son « récit de vie » :1) le bagage involontaire, l’inné. Et ( 2) l’élevage, l’acquis, l’appris. Et toi, printemps, arrive. Vite !

 

2 réponses sur “NOS « TROUBLES » ?”

  1. L’hiver ne change pas beaucoup, d’année en année, mais, comme la terre se réchauffe, il devient de plus en plus doux. Pas assez cependant car il ne progresse pas a la vitesse de notre vieillissement.
    Au fil du temps, chaque hiver devient de plus en plus restrictif. Et, pourtant, il ne change pas beaucoup. Dans notre jeunesse, nous glissions sur nos bottes délibérément et avec plaisir sur la Côte des
    Hirondelles. Maintenant, nous nous méfions des plaques de glaces.
    La peur de se casser des os gâche le possible plaisir de glisser.

  2. Il y a quelques années, un horticulteur me disait reconnaître le genre de clients qui lui disaient :

    « Ouais, il va pleuvoir…» alors qu’un autre lançait, le même jour : « Il fait beau, profitons-en!»

    Le printemps revient…une fois par année et pourtant la météo se tapoche, se morpionne toujours avant la bonne chaleur. Notre sport du chiâlage éternel!
    Enfin, chacun de nous porte ses bébites au plafond. Un tel lave son entrée de stationnement au boyau d’arrosage, un autre garde sa maison plus propre que propre, à la Howard Hugues. La peur des accidents, la phobie des foules (Boston hier…), la manie de vérifier les barrures de portes avant de se coucher…Ti-Guy qui ne peut écouter une seule fois un air de musique et qui remet sans cesse la même toune…Pierre qui conserve tout de son passé : factures diverses d’il y a 40 ans, reçus de caisses inutiles, et boites qui s’empilent au sous-sol.

    Ne parlons pas des sportifs et de leurs manies maniaques de sauter sur la patinoire du même pied, de se laisser pousser la barbe en fin de saison…et j’en passe. Les tempéraments artistiques déversent souvent leurs folies…tant mieux!!

    La frousse de la mort, des morts, La folle peur des mouches, des serpents. Ces hommes, ces femmes qui aiment trop!! Je me reconnais ici et là….

    Il y a plein de Ti-Counes dans notre entourage. Peut-être en sommes nous?

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