LA P’TITE VIE ?

Vendredi, midi, ravis, on entend —une première— les beaux cris d’un engoulevent (whirpool-will ?). Ma thébaïde (lieu où éditer), depuis ma retraite des ondes ) c’est ici, au bord du bien joli Rond. Hélas, août « fait son frais », n’est-ce pas ? On se croirait en début-octobre, cependant, mon aimée, toujours un peu à court de souffle, elle, ne déteste pas ce « fresh air. »

Bon. Je viens de lire John Fante :« Mon chien, Stupide », un grand succès, un bref roman pour faire rire. « Rires jaunes ici et là. Un jumeau de « La petite vie » folichonne de Meunier. Fante raconte, en farces, sa vie d’échoué aux plages californiennes. Malheureux et sinistre dans son spacieux « home ». Il moque « bobonne », l’épouse écœurée et au bord de faire ses valises. Aussi ses quatre ados déboussolés. L’ex-scénariste-à-gages (à Hollywood), en chômage, narre son existence de fainéant raté. Vif récit rempli d’actions dérisoires, avec son « Stupide ». Un grand chien trouvé qui lui sert d’odieux fil conducteur, un défilé de tableaux comiques de désabusement. Au fond, ça glace cette « p’tite vie » !

Ma p’tite vie à moi ? Faite de riens. Avec des visions charmantes. Exemple : regarder se sauvant du IGA-Jasmin, un long chat d’un orangé dense rare, ou observer l’autre midi ce « pic-bois » très agressif qui pique le tronc de mon mahonia (ou sureau ?); arbuste rempli maintenant de bleuets sauvages; cette manne pourpre attire les mignons chardonnerets ( sont-ce des passereaux ?) aux becs grand ouvert; spectacles de la vivacité ailée. Quoi encore ? Rentrant de ma chère baignoire (chauffée) de l’Excelsior-spa, je découvre un chat angora au magnifique pelage —crème, caramel et chocolat— assis et fixant mon camarade mort, Claude-Henri Grignon, mâchonnant —comme un Lucky Luke— un brin de paille dans son pré de foins jaunes; joli placard au parc de la côte Morin. Cet angora est-il à personne ? Envie de l’embarquer, de m’enfuir avec… Hon !

Quoi encore ? Avant-hier, allant au bac noir, qui détale « à la folle épouvante », le raminagrobis de ma voisine (hôtesse du Château Ste-Adèle), ce matou aux poils « violets et suie ». Il cavale chez lui; jamais moyen de lui caresser le collet ébouriffé. Se garde-t-il fidèle qu’à sa maîtresse ? Que de félins ? Hier encore (salut vieil Aznavour ! ) rue Richer, revoir ce faux-tigre-chat-marcoux. Oh, son énorme bedaine ! Promesse de chatons. « Je veux un chat », me dit ma tendre compagne. Moi : « Hum, c’est de l’ouvrage, Raymonde ». Elle : « Ah oui c’est vrai. Bon, plus tard alors », elle va au BBQ pour surveiller nos appétissantes bavettes saignantes. Quoi encore ? Ô Pauvre Égypte en sang et puis lire sur la crise économique en Europe. La cause ? « Vous consommez pas assez ! » Les ingrats, ils me ressemblent car je suis pour « la simplicité volontaire ». Ainsi, tout l’occident (et la Chine désormais) est piégé par cette loi d’airain : « malheur et misère si vous consommez peu ». Le frugal que je suis est donc une nuisance au système ? « Maudit séraphin poudrier » !, me dit un proche. Je fuis ces omniprésents criards, aux pubs incessantes à la télé. Notre protecteur, le traître CRTC permet cette plaie. Le CRTC méprise le peuple. La foule (nigaude) se presse à ses sanctuaires laïcs, les centres commerciaux. Oh, je ne suis pas sans péché, jeune, j’y allais « aux toasts », vieilli, on en revient. Une chorale insatiable me crie : « Quoi, tu ne possède pas « tablette, GPS, portable nouveau, I-ceci et I-cela ? Aucun téléphone intelligent ? Alors, chien, tu fais durer la crise ! »

Avoir honte de ma « p’tite vie », de ma thébaïde, à observer tous ces jolis chats. Ou les canards du lac le cul en l’air !

2 réponses sur “LA P’TITE VIE ?”

  1. Bonjour Monsieur Claude Jasmin,

    Votre p’tite vie elle est très enviable et bravo pour votre prolifique carrière, je suis en vacances au chalet de ma soeur au Lac croche près de L’Estérel et je vais profiter de cette semaine bucolique pour lire  »Anita ».

    La caissière du Métro rue principale ne vous connaissait pas, espèce d’inculte! Un auteur de votre trempe!

  2. Bonjour Claude Jasmin,

    Malheureusement la section sur Anita ne permet plus de laisser des commentaires alors je tente de vous envoyer ce texte par d’autres moyens.
    Comme je vous l’avais mentionné dans un autre message, j’ai décidé de consacrer une partie de ma semaine de vacances au Lac Croche pour lire votre roman.

    Quel plaisir! D’abord l’histoire, l’écriture, le style, plusieurs mots nouveaux qui nous font fouiller dans le dictionnaire ou Google mais surtout, le formidable tableau de Montréal à cette époque.

    Plusieurs aspects de votre vie et du roman m’ont touché; d’abord sur le plan de l’évolution personnelle, j’ai eu également à fréquenter une école de métier sauf qu’à mon époque cela s’appelait le secteur professionnel long, en mécanique automobile, ce qui ne m’a pas empêché de poursuivre mes études par la suite.

    Sur le plan des lieux, vous parlez du parc Saint-Viateur; j’habitais au 486 Bloomfield, juste en face, avant de déménager plus au sud sur Mc Nider en 1970. Mon bureau est tout près du Parc Lafontaine et j’ai fréquenté à de nombreuses reprises les salles de cinéma Château et Rivoli, dont j’ai conservé les billets comme souvenirs. Ma mère a d’ailleurs habité un temps la petite patrie et elle m’a raconté toutes sortes d’histoires à ce sujet.

    J’ai adopté depuis longtemps le parc du Cap Saint-Jacques et l’Anse à l’Orme comme lieux récréatifs pour la pratique du ski de fond ou du jogging et encore aujourd’hui ils m’inspirent énormément de calme et de plaisir. Que dire du magnifique parc du Mont-Royal, je m’y rends depuis toujours pour des ballades à vélo, ski de randonnée ou raquettes l’hiver et le superbe lac aux Castors.

    Sainte-Adèle, les Laurentides…j’étais patrouilleur de l’ambulance Saint-Jean aux pentes 40/80 puis une fois directeur régional, j’allais vivre les dernières saisons du fameux chalet Cochand (Lac Lucerne) avec ses installations vieillissantes et son club privé du côté du Lac. Grâce à la magie de Facebook je me suis lié d’amitié avec le fils de Louis Cochand, Chas, avocat basé à Londres. J’ai eu la chance de rencontrer Louis un an ou deux avant son décès, à l’hôpital des anciens combattants à Sainte Anne de Bellevue. Une rencontre marquante avec ce type aux yeux encore allumés par la passion lorsqu’il m’avait parlé de ses années au Chalet et de ses exploits de pilote de Spitfire.

    J’ai trouvé le dénouement d’Anita très fort et quelle tristesse en effet d’avoir été victime de cet antisémitisme. Je peux très bien comprendre ce que vous ressentez car j’ai moi aussi été marqué par une fille extraordinaire qui fréquentait en 1977 la même école secondaire à Outremont, l’école Paul-Gérin-Lajoie sur Bloomfield, autrefois les Clercs de Saint-Viateur.

    Autre histoire d’amour cependant, je n’avais jamais osé approcher cette fille et je l’ai gardée en mémoire pendant plus de 30 ans. J’ai eu l’audace et le courage de lui écrire il y a quatre ans, alors que mon ex épouse et moi allions nous séparer. Nous nous sommes écrit de nombreux textes, de plus en plus profonds et sentis, puis une première rencontre en personne a confirmé tout ce que j’avais ressenti à 14 ans. Nous nous sommes fiancés l’année dernière et marié le 4 août dernier…

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