MES «’TITES » BÊTES ET LES LUMIÈRES NOËLLESQUES

Avec les premières neiges sont tombées, on découvre parfois des pistes. Allant couper des branches (de cèdre) apercevoir des traces fraîches… on se sent redevenir chasseur, coureur des bois, sauvages à l’affût. J’en vois partant du dessous du long escalier qui s’allongent sur notre terrain vers le vieux saule du rivage. Ma marmotte ? Elle dort pas alors ? Mystère. Ou est-ce le passage d’un lièvre, d’un renardeau ?

L’autre matin allant vers nos boites postales de la rue Richer, encore des pistes filant de ma rue Morin ( nommée jadis « Route Rurale No.Un »), vue de pistes chez Simony ! Ma mouffette ? Pourtant disparue de sous le perron d’en avant ? Tout jeune et amant tant écrire, j’avais composé une nouvelle :« Où vont les « ch’faux » la nuit ? » Je suis d’un temps, cher Azanavour, que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent comprendre » car il y avait des tas de chevaux. Laitier, boulanger, épiciers, etc. Tout se livrait avec un cheval !

En tous cas, on le sait tous, les chats n’hibernent pas comme les ours, aussi mon joli «  noiraud », vif comme panthère, rôde derrière le IGA-Jasmin. Vagabond frénétique que je frôle —à faillir l’écraser, à, chaque périple —aprèsmidien— vers mes piscines de l’Excelsior. Autour de l’École Hôtelière, d’autre quadrupèdes m’apparaissent comme éclairs poilus : maigre chat gris, obèse marcou tigré, désossée chatte orange toujours enceinte ! Mon somptueux angora, lui, semble me guetter quand je descend vers la 117 de la rue Archambault… Ah cette rue, chaque fois, je tente de me remémorer où habitait le poète et ambassadeur, Robert Choquette, aussi feuilletoniste à la télé (« La pension Velder »). Ce zélé souteneur du « Centre d’art d’été » animé par la fille du docteur Rochon me tutérisait. Y étant engagé, il m’offrait des baignades chez le multimillionnaire Bronfman (toujours parti en croisières). Il avait la précieuse clé du grand bain. Sa précieuse fille s’amourachant de moi, ce fut la fin des baignades. Crainte que sa belle héritière aille trop loin avec ce vulgaire « fils-du-peuple ». Rions-z’en !

Je ris aussi en découvrant que mon amour n’abandonne pas un certain romantisme noëllesque car la voilà qui m’implore : « Sors les décorations de la cave, sors nos jeux d’ampoules multicolores, fais-moi un peu de décoration. » Docile, j’ai installé la couronne à la porte d’entré et puis des jeux de lumières au sapin du jardin. J’ai mis aussi des mini-ampoules dans des maisonnettes d’argile trouée sur un buffet. Enfin, me voyez-vous, à mon grand âge, juché sur un escabeau pour garnir cadres de portes de branches de cèdre munies de ces p’tites lumières ? Il y eut étourdissements et danger de chute —ma hanche opérée se re-casserait ?— mais quand on aime hein ? Avant de monter au dodo, c’est son « Oublie pas mon chou de fermer toutes « tes » lumières ! » Ouaille !

Ce matin, de nouveau, émerveillés tous les deux par cette brillante lumière solaire sur la petite plaine blanche, le lac. Bientôt m’sieur le maire ordonnera à ses services la pose des anneaux circulaires, pour marcheurs, skieurs de fond, aussi les deux patinoires, aussi de ces bancs sur l’eau gelée, pour nous tous, la Secte des adorateurs de l’Astre!

Pas moins romantik-cul-cul q’elle, je me surprend à entonner les sempiternelles musiques du temps des Fêtes : Beau sapin, Petit tambour, Sainte Nuit et je songe à Germaine, ma mère morte, chantonnant « Petit papa Noël » avec son cher Tino Rosi. Chez moi, mon papa, membre du Tiers-Ordre, archi-pieux et peureux, ne permettait aucune lumière : « Danger d’incendie ça ! » Pas l’arbre « des lumières du nouveau solstice », nous n’avions au salon qu’une vaste crèche avec tout le monde nazaréen peinturluré; « Peuple à genoux » et attend ton rédempteur ! »

5 réponses sur “MES «’TITES » BÊTES ET LES LUMIÈRES NOËLLESQUES”

  1. Bonjour
    Joli retour sur le temps de fêtes
    Sans oublier la ritournelle La Charlotte prie Notre Dame
    jadis naguère.
    Je vous souhaite un heureux temps des fêtes avec ceux que vous aimez

    Réjeanne Beaudin

  2. Bonjour Monsieur Jasmin,

    Aurons-nous le plaisir de vous entendre lire l’un de vos contes de Noël à la radio cette année? Cela fait partie de la tradition, même si vous avez sauté quelques années!

    Toujours heureuse de lire votre chronique, surtout que vous nous rappelez beaucoup de précieux souvenirs.

    Joyeuses Fêtes à vous et à votre Aile et BONNE SANTÉ pour continuer de nous divertir avec vos histoires parfois touchantes, parfois farfelues, mais toujours divertissantes!

    Michelle
    Sherbrooke

  3. Bonjour Monsieur Jasmin,

    toujours un plaisir de vous lire, je me vois un peu comme vous dans une trentaine d’années avec mon amoureuse femme Suzanne. Toujours un peu nostalgique de l’époque où le centre 40/80 était ouvert, de même que le fameux chalet Cochand. Dans le coin où je séjourne souvent, Sainte Marguerite du Lac Masson, il n’y a plus que l’Estérel qui tienne le coup. Dernière fermeture, le sympathique mais minuscule Snowy Owl qui vivotait depuis quelque temps. Ce qui demeure toujours cependant, c’est ce micro climat si vivifiant, la neige, le froid sec et la lumière pure de l’hiver.

    Meilleurs voeux pour le temps des fêtes!

  4. Chez nous, pas trop de folklore, mon père n’aimait pas, la musique de cowboy non plus.
    Mais y avait du moderne, Perry Como ou M. Hétu à l’orgue…Criss qu’on s’amusait en r’gardant les bulles de lumière monter et descendre dans les tubes…

    Joyeux Noël et Bonne Année m’sieur Jasmin.

  5. Joyeux Noel

    Je sais bien que je suis hors propos en écrivant ce qui suit et je le fais quand même.
    Je viens d’écouter, en différé bien sûr, Janette Bertrand à Guy A. Lepage.
    Je suis un homme éduqué, en partie, par un machiste.
    Je pourrais en dévoiler des vertes et des pas mûres, mais je me contenterai d’approuver Janette à 100%

    Comme il est possible que je passe la période des fêtes sans commenter, je souhaite dès maintenant à Monsieur Jasmin et à tous ses proches:

    Longue vie en santé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *