VIVRE « DANS L’ NORD »

 

Jeune collégien, skieur, « le nord » m’était comme un conte de fée. Y aller, l’hiver, c’était comme un immense « terrain de jeux » ! Mais en m’installant à demeure, —juin 1978— je changeai de perspective. Une chanson criait : « Y a des écoles à Las Vegas… Y a des églises à Las Vegas », dans les Laurentides, il y avait tout ça. Depuis très longtemps. Pas juste des côtes de ski, « y a même des itinérants », disait le téléjournal l’autre soir.

Les habitants de nos villages laurentidiens ( le terme  laurentien engloberait toute la vallée du St-Laurent) font tous les métiers; mais oui, les mêmes que les citadins. Alors chantons : y a des menuisiers, des cuisiniers, des notaires, des maçons, des médecins, des plombiers et des pharmaciens.

Dès 1978 donc, je prends vite conscience que « le nord » était un territoire peuplé d’humains variés et pas seulement des moniteurs de ski. Hors les jolies collines, plein de rues avec de vraies demeures pas que des résidences secondaires pour « petits t grands bourgeois » venus de la métropole. 1978 et ce ne fut pas long que je dénichais —pas seulement les excellent restaurants— où logeaient les artisans indispensables à la vie normale; pour acquérir du mobilier commode, pour faire réparer les appareils domestiques, etc. Une place de « vrai monde, de vraie vie », pas juste de lacs jolis, de sites à ski. Peu à peu ceux qui s’installent « dans l’ nord » prennent conscience que ce sont des lieux qui offrent , eh oui !, les mêmes services qu’en ville.

De Saint-Jérôme à Sainte-Agathe —et même Tremblant— « le nord » n’est pas du tout qu’un gigantesque « terrain de jeu », oh que non, à 45 minutes du boulevard Gouin, « le nord » se montre apte à fournir n’importe quel service et mon petit bottin contient les coordonnées de marchands divers, utiles. Y compris celles de compétences plus rares… pour ces prothèses utiles au demi-sourd. Nous avons de nombreux écrans de cinéma et même des salles de spectacles : Le Patriote, à Sainte Agathe, la salle Norbert-Morin, à Sainte Adèle-en-bas, celle du « Marais », à Val Morin.

Aussi habiter 52 semaines par année « l’ nord » n’est pas s’isoler. Le monde de Séraphin Poudrier c’était il y a un siècle ! Il y a des galeries d’art, des biblios publiques, des cliniques et deux hôpitaux de bonne renommée avec de bons soins (j’ai fréquenté les deux). On y trouve depuis longtemps de ces grands marchés sous diverses bannières, des boutiques spécialisées (saucisses ou fromages, etc.). De ces très « grandes surfaces », ce qui ne me convient pas cependant. Ma compagne est une assidue d’un tout moderne « gym ». Hélas, aucune librairie, eh !, on ne lit pas davantage par ici qu’en ville. Certes, pour lire en 2014, , il y a l’Internet. Et de ces liseuses électroniques, j’ai mon « Kindle » bien bourré de titres littéraires et documentaires.

Avançant en âge —comme tout le monde— j’en suis arrivé à calculer les mérites d’un déménagement en ville, un jour ? Très vieux et sans le cher « permis de conduire », « la » résidence ? Je ne sais plus. Visitant des « plus ou moins » autonomes, je découvre un « HSLD » tout neuf ou bien une modeste auberge aux chambres « adaptées », des refuges fort bien aménagés. Bon, on verra. Tout ça pour dire bien haut que je me suis trouvé une deuxième « petite patrie » et que je l’aime; quand j’arrivai au rivage du petit « Lac Rond » ce fut le bonheur. Notre logis a plus de cent ans, n’est pas une « bâtiment monstrueux », un gîte que ma compagne dénichait en 1973, pour vraiment « pas cher » par rapport à l’argent actuel.

Bizarre mais quand je dois descendre en métropole, j’y suis pas bien du tout, moi qui y suis né, je n’y suis plus vraiment à l’aise, j’ai toujours hâte de remonter… dans l’nord !

 

 

3 réponses sur “VIVRE « DANS L’ NORD »”

  1. Monsieur Claude,
    Vous prendrez bien encore un peu d’eau pour votre moulin ?
    En ballade du coté de Ste-Agathe,nous sommes de Joliette, nous fouinons du coté du IGA. Oh, à notre grande surprise,et si loin de la mer,oui monsieur, un étal d’ huitres digne d’ une poissonnerie du grand village d’ en bas. Miam miam en descendant, bien entendu.
    Une laideur dans ce pays buccolique ; le panneau écrit L’Esterel Resort. J’ai « breaké » pour m’assurer de bien lire…
    I’m gonna tell you, what the f…Votre lac sera-t-il nommé Round Lake on Moriiiin Hill ?
    Non mais !

  2. Travaillant comme représentant, j’ai vécu à Huberdeau et voyagé entre St-Jérome et Mont-Laurier, entre 1977 et 1978.
    J’espère un jour pouvoir m’installer en montagne. Pas trop près de Ste-Agathe puisque cette ville est souvent l’épicentre de séismes.
    Comme je vieillis, :s, pas trop loin des services essentiels.
    Air pur, pollution presqu’inexistante (déchets, emission de gaz, bruit…). Pas d’embouteillage.
    Le PARADIS.

  3. Natif de Saint-Georges,
    dans Beauce-sud,
    il y a quelques années,
    nous sommes déménagés à Lévis.

    Ainsi, une de mes connaissances
    me disait avec emphase:
    « Tu t’en viens dans le nord! Bienvenue…»

    L’été revenu, on transplante des fleurs diverses.
    Alors, on peut, malgré notre âge,
    être rempotté
    dans des conditions favorables…

    Lévis est une belle ville tranquille.
    Encore humaine.
    elle envisage à la journée longue
    la belle ville de Québec.

    Il fait bon vivre ici,
    avec tous les services d’une grande ville.
    Le majestueux Saint-Laurent nous ragaillardit.
    Bientôt les oiseaux de toutes sortes piailleront.
    Que demander de plus?

    Jadis, un vieux disait:
    « Notre chez-nous,
    c’est là où sont nos guenilles…»

    À chacun son nord.

    Bonne journée, Monsieur Jasmin.

    Bientôt, le nord va perdre ses froides couleurs…qu’il hiverne au plus sacrant !

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