LE MONDE DES BÉBITTES !

« There’s back », dit elle. Qui ça ? Les fourmis. Dès le retour des temps doux, on les regarde parader dans la maison. Un temps, ce fut effrayant : des « fourmis aillées », oui, plein le mur qui rampaient, denses régiments entre deux fenêtres au bois pourri du portique !

Vue l’autre soir une répugnante araignée juchée sur de talons hauts des six pattes. Gracieuse et apeurante à la fois. Cris de la femme et sortie d’une gazette : paf ! Fier de jouer le héros; ridicule mâle va ! L’autre matin, apparition sur une rampe de « bêtes à patates », de « bêtes à bon Dieu » (disait-on aussi) rondes bébites familières, jolis mini-dômes orangés piqués de cinq point noirs. Une pichenette et la ronde bébite s’envole cul pardessus tête avec atterrissage dans les lilas.

Hier, soudain, le premier papillon en visite, tout simple, tout nu, blanc. On est loin des jolis monarques qui reviendront d’hiverner au Mexique. Ensuite, au bord de l’eau, entendre les premiers croassements, ma première grenouille sous le myrics baumier de la berge. Eh b’en ça y est : tout sort de terre. Ça y est, l’été va s’installer et tout un monde lilliputien va nous apparaître. Un univers, parfois quasi invisible, va se sortir des flancs des terrains. Les mulots, « rats des champs » ?, abandonnant leurs boueuses tanières miniatures un peu partout. Pistes inconnues ici et là. Mystère souvent pour l’ignare en affaires de « bébittes » comme moi.

Ce monde de « peu de place » témoigne néanmoins d’une vie vive. Et je me souviens, enfant, à chaque printemps, ce petit monde grouillant de diverses vermines sous le hangar de notre cour, là où notre père, bricoleur, entreposait n’importe comment, ses vieilles planches. Gamins, on poussait parfois des cris d’horreur découvrant à genoux ou à quatre pattes, des vers gluants et poilus, de bizarres chenilles rousses se trémoussant, le dos rempli d’antennes, des mille-pattes se dodelinant dans le cœur du bois pourri et nos sœurs, des filles, criaient.

Au camp d’été, souvent, une variété multipliée, gros bourdons luisants, guêpes-léopards à tailles fines, scarabées aux picotages troubles, se griffant dans la moustiquaire métallique des galeries d’été. Ô « mouches à feu » bien aimées dans les soirs sous nos fumées —à chasser le maringouin. Écoutons dans la longue « balancigne, tard, les « bonnes chansons » de maman —qui permettait de veiller tard lors des canicules. Se souvenir soudain d’une vraie « plaie d’Égypte » rue St-Denis, des sauterelles, par millions ! On s’entendait marcher dans un craquelage inouï sur le trottoir. Ou bien, soudain, par millions encore une fois, millions de « mouches de chaleur ». Ou ces « mantes », une blanche neige hirsute qui recouvrait partout tout.

Ah oui, il est revenu le monde des p’tites bébittes !

2 réponses sur “LE MONDE DES BÉBITTES !”

  1. « Ou ces « mantes », une blanche neige hirsute qui recouvrait partout tout »
    Son autre nom: Éphémères.
    Si je ne me trompe pas, elles durent moins de 24 heures.
    Dans la maison, tout insecte est intolérable.
    Dans la nature, ici, au Québec, la mouche noire rend fou.

  2. Il vaut mieux ne pas coucher au piquet quand les frappes-à-bord arrivent!
    Des vraies mouches à marde.

    Deux anciennes expressions de la Beauce (et d’ailleurs?) qui veulent dire :
    Il faut mieux ne pas coucher dehors
    quand les grosses mouches noires débarquent.
    Il est difficile de s’en débarrasser.

    Avez-vous beaucoup de frémilles (fourmis) chez vous?

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