QUEL EXIL À OTTAWA ?

 

CLAUDE JASMIN

Étrange réflexion du fédéraliste Laforest (à Laval) à propos d’un « Québec qui serait en exil (!) de lui-même à Ottawa » , aux éditions Québec-Amérique). On a lu ça et on reste perplexe. Son pressant appel « à la jeunesse d’ici » de « mieux participer à la vie politique fédérale » est un aveu de Laforest face à l’indifférence des jeunes. Il en est fort marri. Avec nos luttes ( de Jean Lesage à René Lévesque et Parizeau ), avec la puissance gagné du Québec actuel, oui, pour les jeunesses « on l’a notre pays !, c’est un fait. Et ils ont raison par rapport à cet ancien Québec, petite province timorée de jadis !.

Une photographie du renégat, G.-É. Cartier illustrait son article, j’y reviens, Cartier que le régime-Harper veut nous voir fêter, qui fut l’adjoint (toutou docile) du Grand Manitou, Macdonald. Jeune Cartier fut un des fiers Patriotes de 1837-38. Vieilli, il défroque et se fait un des « pépères » de la machine à diluer notre nation, cet engin pernicieux nommé Confédération. Cartier donc fut un vire-capot, on dira un infâme « collabo »de notre noyade. De notre minorisation.

Nos lecteurs doivent se questionner sur ce que signifie ce : « Un Québec « exilé » dans la fédération » ! Ce prof d’université écrit «  le Québec est un joyau pour le Canada ». Quoi ? Notre pays le Québec, une bébelle ? Un colifichet, une parure ? En réalité, face à l’énorme pays étatsunien, les Canadians (de Toronto à Vancouver) utiliseraient le Québec comme simple « caution » !!! Tous ces anglos, faisant hypocritement mine de « tolérance du français », farcesque, on a vu et on voit : c’est notre « l’assimilation » qui fut en marche, elle l’est encore, partout, pas seulement en Ontario ou en Manitoba.

Ce M. Laforest est-il aveugle : voyez les hordes de migrants, venus d’Asie ou d’ailleurs, s’ajoutant à cette dilution. « A mare ad mare ». En effet professeur, les jeunes sont mieux instruits, clairvoyants même : en 1974, les nouvelles générations sentent qu’ils l’ont déjà leur pays, le Québec, qu’ils forment une nation et, surtout, plus lucides, que le Canada désormais peut se passer de nous, faire élire un chef à leur gout tel M. Harper.

Nos jeunes ne s’intéressent même plus à la vieille bataille des référendums car nous ne sommes plus 30 %, nous serons à Ottawa bientôt un petit 10% ? Donc sans plus aucun pouvoir. Au Québec, nous restons majoritaires, plus de 80 % Alors, quoi cet exil ? Aucun exil, c’est un refus un rejet, même pas, une indifférence et cela crucifie ce cher bon vieux bonze de Laval. Son grave « déni » —d’ordre sentimental ?— est pathétique. Sniff, sniff… on va interdire aux blokes —rednecks ou pas — « leur « bébelle » nommée « joyau ».

Une réalité ? Le Canada n’existent pas à fond, c’est un pays artificiel (Duhamel dixit). Ses gens sont totalement engloutis, envoutés par la populaire culture-USA. Un nation abonnée à… magazines, films, radio et surtout télé, exclusivement étatsuniens ». Un fait patent. Vérifiable. Allez visiter ça un moment, vous le constaterez, Toronto est jumelle, sosie, de Chicago. Ou de Boston. Ce qui désole leurs élites.

Québec, simple « joyau » est vraiment une molle, inefficace parure. Oui, de Toronto à Vancouver, les Canadians ignorent complètement, notre culture. Ne connaissent nullement nos écrivains, notre théâtre, même la riche chanson populaire du Québec. Même nos plus grandes vedettes. Ah non, cette niaiserie des « deux solitudes », assez ! Il y a vraiment deux pays et l’un des deux est totalement colonisé par les USA.

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