MORT DE RÉGINALD, JUGE EN CHEF

Il n’y a plus guère de ces critiques à la réputation redoutable, les Éthier-Blais, Marcotte et …Réginald Martel, hélas, mort lundi dernier.

Réginald, avec ses proses sobres et intelligentes, savait excellemment juger d’un ouvrage littéraire chaque samedi dans La Presse.

Il était craint avec raison, en un paragraphe Martel pouvait assassiner un roman nouveau né ou, pour longtemps, lui donner des ailes. J’ai eu la chance d’obtenir le plus souvent des « papiers » élogieux.

Réginald était discret, fuyait les « chapelles », se dévoua durant trois décennies, avec gravité, à son difficile métier. Pas du tout du type rigolo ou blagueur, il semblait une sorte de prêtre dans le milieu des livres. Son métier délicat, parfois cruel, lui était un vrai sacerdoce. Quand je lui ai dit un jour que ses articles —brillants, documentés, intellectuels— n’invitaient guère son lectorat à courir chez le libraire, il me rétorqua : « Tant pis, je tiens que « écrire et publier » est une affaire grave et importante, que ça mérite tout mon sérieux ».

Les écrivains de ma génération, nous le respections et, retraité soudain —parti dans sa chère campagne du Bas du Fleuve, nous le regrettions.

Nos condoléances à ses proches et à tous ceux qui l’aimaient.

Claude Jasmin
Écrivain, Ste-Adèle

4 réponses sur “MORT DE RÉGINALD, JUGE EN CHEF”

  1. Monsieur Jasmin, sur ce site à sens unique, nous vous lisons puis ajoutons des commentaires à la suite. Avez-vous un autre site où vous échangez avec vos lecteurs assidus ?. Serte on s’est déjà jasé via le courriel et c’est toujours agréable.
    Un roman en marche, un autre peut-etre ?

  2. « Pas du tout du type rigolo ou blagueur, il semblait une sorte de prêtre dans le milieu des livres »

    Je tenterai donc de le dérider au-delà de la tombe.

    Pour un chien, un bout de bois,

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