À DIX SANS, VOULOIR COMBATTRE ?

À cette époque, souvent, je racontais à David, l’ainé de mes cinq petit-fils, la guerre en ex-Yougoslavie. Il en était captivé, il avait 10 ans, par là et je lui racontais ces effrayants snippers, —planqués dans les collines— qui mitraillaient les combattants d’en bas, dans Sarajevo. David en était tout démonté et, scandalisé, s’écria : « Si tu savais papi comme je voudrais y aller, tu sais, avec mon avion, je tirerais sur ces « écoeurants » de snippers ! » Amusé, je dis : « Mais ces snippers te fusilleraient mon David ! » Mon intrépide djihadiste s’écria : « À quoi tu penses, j’aurais mon siège éjectable et mon parachute, papi ! » David, les yeux luisants, les poings fermés, triomphait avec un regard illuminé. Courage enfantin.

Ainsi, de très jeunes gens, des adolescents souvent, filent aux aéroports, rêvant d’aller s’entrainer en Syrie. Un idéalisme candide ? Je me suis souvenu encore, à 12 ans, de mon vif désir d’aller combattre les affreux nazis. Pouvoir me rendre un bateau vers la France muselé. Plus tard, 14 ou 15 ans, c’était de m’engager (soldat-enfant ?) pour tuer ces terribles fascistes Japonais ! Fatale attraction infantile ? Jouer les fiers chevaliers. Au Grasset, avec des amis collégiens, nous fomentions —un de notre trio possédait un révolver hérité de son parrain— un complot. Braves libérateurs, nous monterions clandestinement en train vers Québec pour assassiner ce dictateur infâme, ce maudit despote, ce dictateur conspué sans cesse par nos intellectuels (Filion, Laurendeau et Cie). On rêvait d’aller tuer Duplessis !

Voilà, le désir d’action, jeunes. De jeunes cégépiens Québécois et aussi de nombreux enfants d’émigrants musulmans pourtant nés au Québec, ont ce juvénile désir classique. Une quête d’idéal, un besoin… chevaleresque ? Naïve jeunesse qui ignore qu’en débarquant là-bas, ils pourraient bien servir de « chair à canon » aux mains des djihadistes enragés. Vite, mieux les renseigner !

 

2 réponses sur “À DIX SANS, VOULOIR COMBATTRE ?”

  1. Bonjour M. Jasmin, j’adore vous lire régulièrement, vos commentaires sont toujours pertinenent, vous devriez avoir une chronique dans un quotidien ce qui plairait à plusieurs, je viens de terminer mon 20ième volume ¨Pour tout vous dire ¨, d’ailleurs je viens de me procurer ¨L’état-maquereau, l’état-maffia ¨et ¨Feu à volonté ¨ pour moi c’est une joie que de vous lire. Je trouve innaceptable le fait de ne pas avoir plus de livres écrit par vous dans nos librairies. Félicitation à vous pour le bienfait que vous pouvez nous apporter par vos écrits…
    NB. Généralement je recevait un courriel lorsque vous écriviez un nouvel article dans ( Point comme net ), ce que je ne reçoit plus…..je ne sais si vous pouvez référer mon problème à qui de droit afin de remédier à ce problème. Merci à l’avance.
    D’un lecteur assidu.
    fernandpicard@hotmail.com

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