FEU LE FEU: mort du comédien Paul HÉBERT

Paul oh Paul,!, tu en avais assez et tu t’en vas ? 

Merde, mon cher vieux comédien-resté-enfant, où donc iras-tu installer ta flamme ? Tu brulais. Sans cesse. Avec discrétion. 

D’où sortais-tu, ivre de scène, certains soirs, mon cher Paul Hébert, toi, jadis, en jeune homme aux perpétuelles sourires de bons jocrisses ? Tu avais des manières étranges et neuves, des sortes de poses modestes. Avec une distinction rare, aristocrate théâtreux toujours déguisé, personnage bizarre, intrigant, surprenant, inédit, étonnant, tu m’offrais, décorateur, un Shakespeare au Chantecler-Hotel. Premier théâtre d’été. …. 1er patron donc, comme un faux-boss, discret, retranché, prudent, méfiant aussi, tout enfoui de la tête aux pieds dans tes secrets, avec tes sourires crasses, tes mines de chat malin, ta voix de velours.

Tu étais bienvenue en métropole, cher Hébert venu de la Vieille Capitale, fantôme parmi nous les bohémiens de Montréal, on te disait « oui », on te disait bienvenu, tout le clan métropolitain. Oui à ce grand déglingué, ce Québécois de Québec aux gestes d’un fieffé ratoureux ! Ta voix comme grincharde (sic), engin curieux, voix de grinçements mais si chaude aussi. Ton bizarre accent bien à toi, séduisant. On saluait ce « retour au pays », ce revenu du prestigieux « Old Vic » d’Angleterre. ! 

Ainsi, tu t’en es en allé. Ainsi ?

Adieu donc. Parti: vite, drette, sec, net…Oh Paul, merde, on va s’ennuyer de toi. Dès ton arrivée à Montréal, on avait bien  senti, nous tous dit du « milieu », ce nouvel apôtre fou, allumé, malin, bourré de dons et on t’ouvrait bien grands les bras alors !

À te revoir camarade Hébert ! Haut.

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