Mai 082003
 

J’ai vu —à l’Usine C—, Marie Brassard, actrice venue de la « vieille capitale », travestie en colonel homosexuel se masturber sur scène puis torcher sa semence avec sa pochette de blouson kaki. Édifiant hein ? Rentré, j’avais noté dans mon journal (« À cœur de jour ») : Un soir, on verra une comédienne dévorant sa serviette sanitaire en public ». On en est là. Ne plus savoir quoi faire pour attirer coûte que coûte les gens « au théiiiâtre ». Et « à la littééééératour » —pas mieux fréquentée— jusqu’où n’ira-t-on pas ?

Voyez l’inspiration d’une Anik Fortin : Une fillette tire une balle de revolver tuant sa maman cancéreuse. Euthanasie raide en diable hein ? Bête de même, bang, sur la tempe de maman malade, à sa demande si-ou-pla ! En 100 pages. Ensuite ? On lira que la jeune héroïne se masturbe « avec la patte plastifiée de sa poupée Barbie ». Ô raffinement ! Anick Fortin —de l’Université de Rimouski— qui n’a pas vingt ans, signe fièrement « La Blasphème », (Trois-Pistoles éditeur ) et s’explique —dans le « Ici » du 1 er mai : « J’ai eu un flash ». Éclair de génie (!) pour obtenir une audience à tout prix. Pour accéder à la popularité (cinéma et télé) il n’y aurait que le recours à ce fascisme scripturaire ? Elle ajoute : « Je ne lis pas ». Eh ! Même pas les excellents romans de son éditeur, V.-L. Beaulieu. Pourquoi? Sa réponse : « C’est trop long ». Aille !

Ce déboussolage enfantin —plaintes publiques naîtront ?— finiront par faire renaître l’ancienne « police des mœurs », nous amènera répressions idiotes et censures folichonnes. Qui a dit : « Ce qui est exagéré est insignifiant » ? « Accès », de bon sens, ne recommandait pas « La blasphème ». Quelle est la leçon de cette écriture lugubre et cynique ? « Gênez-vous pas : pour être lu, du scabreux. Tu débutes, tu n’es pas sûr de ton talent, tu es incapable de t’illustrer par un style personnel et tu crains « le silence des médias », vas-y, fonce : « ton héros tranche le pénis de son papa cancéreux et le sert à son chien aveugle ». C’est fort ! Ou encore : »maman déprimée fait bouillir son bébé et va le donner à dévorer à un singe du zoo ». Bravo ! Plus difficile : bien rédiger le récit « d’une vieille dame, déçue d’amour, qui s’épanouirait en veillant bénévolement des enfants cancéreux dans un hôpital voisin », ou bien, l’histoire « d’une fillette —trop choyée— qui réussit à apprivoiser un petit garçon mongolien près de chez elle ». Moins facile.

Autrefois, au cirque, la femme à barbe, l’infime à deux têtes ou « l’homme éléphant », attiraient, hélas, la foule niaise. Mais, on a fait un film émouvant sur un homme qui casse le moule et —humain— entreprend de ré-éduquer cet homme-éléphant. Les petits futé(e)s, sauce-Anik-Fortin, visent la promotion assurée par des moyens primaires en excitant les voyeurs dupes du sensationnalisme. On réveille des instincts guères louables tout en se proclamant « des littéraires ». Maintenant, qu’espère-t-elle miss Fortin ? Elle dit : « Quand on tue sa mère, on a plein de cadeaux. Je veux une vache qui chie des Glosettes ».

« C’est en écrivant qu’on devient écrivain , dit-elle, pas en comptant sur des profs de littérature ». Ah bon ! À son université Basfleuvien Anik Fortin fait (un difficile) bac en mathématiques, lui enseigne-t-on à additionner des vagins et des pénis, des culs et des cons ? Duplessis, notre patriarche bleu disait : « C’est comme pour la boésson, y en a qui supporte pas ça l’instruction » Ma foi, avait-il raison ?

Pour se reposer les yeux —le même « Ici » entre les doigts— lire la belle et riche prose d’un Robert Lévesque (« Le carnet ») qui jase avec intelligence sur Anton Tchekhov, sur son cœur trop jeune, sur le grave romancier André Major. Ouf, de la lumière !

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