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L'un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

Photo Éliane Jasmin

Claude Jasmin fait tout d'abord des textes dramatiques pour la radio, puis pour la télé et pour le cinéma. Il a fait beaucoup de journalisme et il publie un livre nouveau chaque année. Depuis 1960, Jasmin a donc publié plus d'une cinquantaine de livres, des romans et des récits surtout.

Jasmin poursuit encore et toujours l'expérience d'écrire avec ses journaux intimes chaque semaine en publiant depuis plus de sept ans un blogue (carnet) dans son site Web . On trouve ici son avis, ses opinions sur les actualités, des critiques de spectacles, de théâtre, de films ou de télé. En somme, il raconte son quotidien. Il parle de lui mais aussi des autres. Jasmin ne laisse personne indifférent, admirateurs ou contempteurs.

Ici, un grand nombre de textes publiés au fur et mesure: lettres ouvertes, projets de romans, humeurs, portraits, extraits... Voici un raccourci vers la liste de tous les textes publiés dans ce site Web. Vous pouvez aussi laisser traces, les commentaires sur les textes de Jasmin sont acceptés et publiés en autant qu'ils s'en tiennent au sujet et demeurent respectueux.

De passage sur cette page ou de retour, pour le plaisir ou pour le travail (l'école), bonne lecture et bonnes découvertes!

1-Tout, Poing-comme-net | 20 août 2009

JASMIN-GRANDE-GUEULE SE LASSE ?

       Mes plus fidèles lecteurs me signalent une sorte de « chute de pression », me reprochent de m’adoucir, d’avoir changé de  thèmes, d’être devenu plus… plus tolérant, comme plus léger. En fait, oui, c’est vrai, je cherche à me détacher d’un rôle ancien. Une pose qui m’était naturelle, celle de l’indignation. Qui me transformait en invité-béni-des-médias-à-débats. Petit personnage public bien utile aux tribunes à chicanes, en radio, télé, etc. Mais, que voulez-vous, on se lasse de jouer le rôle du « méchant jappeur » et du perpétuel gueulard. Le grand âge venu, oui, on en revient de protester sans cesse.       

       C’est que la vie passe vite.

       C’est que, peu à peu, on réalise que l’homme ne varie guère. Je vois fort bien —ces temps-ci— de ces chaudes graves  pathétiques, cruelles actualités. Si sinistres. Au loin, ces fous furieux que l’on dit kamikazes, leurs voitures (ou camions bourrés de dynamites) piégés. Je vois bien tous ces assassinés innocents (à Kaboul ou à Bagdad) au nom de prophète (monté au ciel à cheval et armé !) Mahomet. Et de son chef le grand Allah. Plus proche, je vois bien ces magouilleurs infâmes, ces tripatouilleurs dégueulasses, cruel pirates en cravate chic bien   capables de détrousser ces riches bourgeois rêvant (il faut le dre ça aussi) de gains rapides. Richards en gros moyens, anglos du west island, que l’on conduit à la ruine totale avec un immoralisme éhonté.

       Comme je vois aussi un inconscient vandale (sic), P.D.G.  qui jette notre argent public (d’Hydro-Québec) dans les cours de récréation de chics collèges. Je vois bien, écoeuré, sa ministre de tutelle —l’élue Normandeau— aveuglée ou folle ?, qui défend, protège, ce Thierry-vandale (sic). Inouï au monde libéral de John Charest cela !

      Or, vais-je gueuler, vomir, m’étouffer scandalisé ?, oui, le temps passe, à critiquer sans cesse on risque de s’aigrir. On risque de cesser de s’émerveiller, ce qui est grave, très sérieux. Tout abruti par les comportements de ces « crooks », ces ignobles  scélérats, démons civils. Cela, ici, en nos alentours québécois comme en Irak lointain. Ou en Afghanistan. Non ? Pas vrai ? Vérité que cette importance de savoir toujours s’émerveiller ? Mais oui. Essentiel pour vivre relativement heureux.

       Alors, il vous vient l’envie de parler, de rédiger sur des beautés ordinaires, sur des gens ordinaires. Ce matin, sur un oiseau tout simple, une jolie mésange à tête noire par exemple, qui batifole avec un colibri au dessus de la jardinière bondée.

        Cela fait du bien. À l’âme. Et puis, je l’avoue, les vieux « cassandre » comme moi,  on espère qu’il vient toujours de jeunes « bougalous », grincheux audibles,  bien équipés intellectuellement et qui vont savoir dénoncer, fustiger, démasquer les traîtres de toute nature, aux gabarits variés, dont l’espère pousse sans cesse. Il faut savoir sortir d’une certaine table noire, cher Aznavour, il faut savoir se retirer de ces combats qui font illusions parfois. Garder raison. Savoir que, malgré tout, en général, l’homme est bon,  l’être humain, est du bon côté des choses de la vie. Je veux y croire, j’y tiens, pas vous ? Albert Camus a dit : « Il ne faut pas désespérer les hommes ».

LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Souvenirs | 19 août 2009

Le fantôme

Rue Morin, au carrefour du Dino’s, il y a un mini parc. Denise m’avait servi un plat « pita au poulet » avec la sauce généreuse, mes chères patates grecques. Je vide ma Corona mexicaine, je traverse la rue…je n’étais pas sûr de ma vue mais il me semble qu’il était là, assis sur un banc, jambes croisés, visage haut levé, souriant au vent et à moi m’approchant de lui. C’était lui, non ? M’installant à ses côtés, hésitant, j’ose : « Écoutez, c’est fou mais vous êtes le portrait vivant d’un prof de ski du Chantecler, mort aujourd’hui, Michel Normandin ! » Toujours souriant de ses belles dents blanches, il me dit : « Vous vous trompez pas. C’est moi. » D’instinct je regarde autour de moi. Personne au carrefour. « Oui, ajouta-il, je reviens par ici parfois. On me voit. Ou on me voit pas, ça je ne sais pas de quoi ça dépend. »

Il riait comme il riait avec éclat jadis. Normandin me fut un camarade épatant dans le triste hiver de 1951-52. Si joyeux, lui, si enthousiaste. Il incarnait à mes yeux une sorte de joie de vivre comme innée. D’un tel naturel. Il y a des gens, de cette façon, ils irradient le bonheur. Un don ? Fallait le regarder aller. Toujours disponible sur les pentes de ski, moniteur expert certes, toutes les techniques, ils les possédait, mais aussi très capable, avec ses si engageants sourires, d’initier au ski, des enfants ou des « vieux » voulant s’y mettre…et de bien jolies jeunes demoiselles. Oh que oui ! Je voyais bien les regards énamourés des belles et fidèles élèves.

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Souvenirs | 14 août 2009

AH, JOUER DANS L’EAU !

Le livre (ancien) du sexologue Ellis sur « L’ondinisme » parle de couples appréciant « se pisser dessus » (eh oui !) et aussi de cette attraction universelle, si naturelle, pour l’eau, cela, dit le savant, depuis notre eau première, du ventre maternel. Voyant une vivante pub sur les prodigieux jeux d’eau de Saint-Sauveur et son vaste parc sophistiqué, je songeai à nos jeux d’eau modestes de jadis.

Il y a eu d’abord, 1930-1935, la grande cuvette de tôle à remplir d’eau frette en ville pour les jours de canicule. 1935-1939, fréquentes expéditions (avec maman débordée) dans la pauvre pataugeuse bétonnée au parc Jarry. Et puis vint (10 cennes l’heure !) le modeste bain public, rue Saint-Hubert. À puantes odeurs de javel brut. Rien à voir avec ces excitants appareils modernes de tous les Saint-Sauveur du territoire. Oh non ! L’eau offerte, en bassins, en canaux, sur matelas, en tubes géants, ou autrement, en cascades, en piscine-à-vagues, l’eau, oui, est un fascinant et perpétuel, et très profond appel. Il n’y a qu’à écouter les rires, les fous cris de joie des jeunesses en liesse en ces lieux. Du temps de bibi en « papi-gardien » je fus bien obligé de risquer ma peau dans ces glissoires géantes, ces tunnels, ces viaducs. Un benjamin tenait mordicus à imiter les aînés. Alors, à plus de 60 ans, à l’Aquascade de Pointe-Calumet, à Ste Adèle (disparu ce site) ou à Mont Saint-Sauveur c’était « à l’eau le vieil homme », veut, veut pas et cela tout au haut de très géantes échelles qui me faisaient très peur… pris de vertige, je fermais mes vieux yeux !

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 7 août 2009

GRENOUILLES, CHAT ROYAL, ONDINISME

Un temps (circa 1995) je partais parfois chasser la grenouille avec mes héritiers ! Il y en avait pas mal dans le marais deltaïque du Chantecler. Aussi chez Vermette-les-absents jusqu’au Domaine des condos Major. Leur grand bonheur : filets à la min, l’Œil vif, le bec crochu de tension, ils guettaient la bestiole aux cuisses ragoûtantes (only for the « goddam frenchmen »). La chaudière remplie de ces batraciens à larges gueules, nous revenions vider le tout à notre rivage. Ma Raymonde grimaçait. Mes gamins fièrement : « Quoi ? Ça mange des millions de moustiques, hein papi ? » La jolie belle-mère souriait. Poliment ?

Ces nuits-là, le chant lugubre des croassements montait dans la nuit ! Une musique bien peu harmonique et adieu Mozart ! Ce matin-récent, Voisin-Maurice et bibi nous tentons d’embraser des branches mortes chacun à son foyer. Qui voyons-nous dans les (désormais) hautes herbes de la grève ? J’avais cru revoir Valdombre-le-pelé. Pas du tout, c’était un impressionnant chat aux allures royales avec de nobles regards…versailaises, ma foi. La beauté ! Belle bête mordorée au pelage quatre tons : brun, pourpre, doré et rouge. Noblesse. Sang bleu. Elle guettait mes grenouilles qui chantaient… de la gorge. À frenchcat hen ? Le lendemain, quand un Steven-écolo s’amena, calepin aux pinces, en vue de juger de l’abatage d’un antique saule, pas de mon Monarque hélas ! Ce saule, mon ex-voisin, Claude-Henri Grignon, gamin, devait y grimper !

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Poing-comme-net, Souvenirs | 7 août 2009

OUTREMONT MA CHÈRE !

Tout jeune, j’entendais toutes ces moqueries sur Outremont. Jalousie ? On parlait de cette banlieue du centre-ville comme d’un ghetto snob. Mondain. D’un lieu de pédants. J’écoutais. Je ne savais rien. Les adultes, parents, voisins, amis de la famille répétaient les «scies» anciennes. Des propos de commères ? Je répétais volontiers dans mon Villeray les [...]

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Poing-comme-net | 3 août 2009

CHATS, COLIBRIS ET… LA RETRAITE !

À trois rues, un long chat gris, inconnu de moi, court vite la queue en l’air. Moins loin, un autre félin coureur, noir et blanc. Idylle ? Il file chez la belle Lalancette du Parc Lafontaine, Pauline. Qui se remet de son voyage en « lambulance.» Et vive madame Jodoin ! Tantôt, mon Parizeau-musqué, sous mon quai, qui me lorgne du coin de l’œil, méfiant, on dirait. Notre rivage est un marécage : spouich, spouich…. j’y suis à l’aise ayant appris que les Jasmin étaient —avant « le » grand voyage— des Cahier. Ou des Caillés et s’exilaient des marécages (nord-ouest du Poitou). C’est le maudit message d’un amateur d’archives. Courriel décevant. Cela m’a rabattu le caquet généalogique !

Des colibris ne se découragent pas de « tant d’eaux » et butinent du suc à nos corbeilles dégoulinantes. Oh, sur la longue galerie d’en arrière, certaines mésanges à-tête-noire se cachent dans nos stores de bambou enroulés ! Nidifient-elles ? Pas la saison? Petits cacas blancs partout en tous cas. Ce juillet parti, on se sentait tous des Noés bibliques virtuels. Encore de ces incessantes pluies en août et on s’échoue sur un Mont Ararat laurentiden, non ? Au parterre plantation par le vieil homme —vite essoufflé— des « spirées » de chez Botanix. Le dos tourné, mon blondinet jambe-de-bois qui fourre ses pattes et son groin dans la terre fraîche ! L’ai fait fuir et lui ai crié: « Non, non, ouste, aucune pinotte de caché là ! »

Grand soleil soudain vendredi dernier et Daniel, mon désormais valdavidien de fils qui part canoter avec sa belle à l’est de Tremblant. Au retour, on amène le couple à la pizza-sur-four-de-bois de Grand’pa rue de L’Église. Yam ! Ce journal intime improvisé vous annonce que l’artiste du lieu, Guy Montpetit, voulant fixer un antenne sur le toit d’un voisin ami, a chuté. S’est cassé les osé Sortira de l’hôpital bientôt. Un jeune de 70 ans ! Un avertissement. Savoir dire « non » si ma Raymonde ose (est toujours après moi !) me commander un grimpage imprudent.

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1-Tout | 22 juillet 2009

LA MARMOTTE ET LES 1,001 POTS

Écoutez, je rêvais pas, j’étais bien au coeur du village de  Val David sur l’excitant site de M. Ishikawa. Et son expo. Cet étonnant québécois d’adoption, un céramiste, invite chez lui tous les amateurs de terre cuite chaque été. Je m’y promène. La beauté ! Soudain, à une extrémité du territoire couvert de céramiques diverses, [...]

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1-Tout | 14 juillet 2009

UN GILBERT-DÉRACNÉ ?

edfaCe que je vais écrire est si grave qu’il faut employer les majuscules : ON PEUT BIEN ADMIRER L’INSTALLATEUR À MONTRÉAL D’UN COMMERCE RÉCRÉATIF FLORISSANT ( LE FESTIVAL JUSTE-POUR-RIRE) ET ÊTRE INDIGNÉ AUSSI PAR SES PROPOS. L’INTIATEUR DE CETTE INDUSTRIE RENTABLE,  « LE RIRE », SORT DE SON RÔLE D’INDUSTRIEL-EN-ENTERTAINMENT » ET PLONGE DANS SA BIZARRE IDÉOLOGIE GROTESQUE. [...]

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 13 juillet 2009

JASETTE AVEC UNE CANE !

Je descends au lac, découverte d’une grasse cane installée au quai de Maurice-Voisin. D’habitude elle navigue dans mes alentours entourée de ses canetons. Qui garde les enfants ? M’apercevant, elle allonge son cou d’un beau brun saturé. Une « sarcelle canelle » ? « Non, Cloclo, me dira Raymonde à on manuel, impossible par ici. C’est un [...]

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 3 juillet 2009

MANGER, MANGER…

Plein d’oiseaux légers, des sittelles (?), voltigent autour de mon « bleuetier », spectaculaire vision de vivacité. En 1978, terrain du bas de l’escalier, entre nos lilas de l’ouest aux fleurs mauves et ceux de l’est aux fleurs blanches, il y avait plein de ces sauvages cerisiers. J’avais distinguer un jour un arbre aux feuilles bellement gravées de sillons, aux petits fruits pourpres. J’en ignorais l’espèce. Un sureau ? J’ai déraciné et déménagé (dans une haie) les cerisiers pour lui laisser toute la lumière. ET, rapidement, il a grossi. En juin, des fleurs jaunes surgissent et, à la mi-juillet, se forment plein de es grappes de petits fruits d’un bleu de… bleuet ! En bien peu de jours, les oiseaux videront notre cher arbuste de cette bouffe estimée. Manger, manger !

Or, drôle de hâte, quelle urgence, mon Dieu !, des oiseaux fleurètent dedans déjà ! Devinez qui s’amène pour chasser ces innocentes petites proies ? Lui, Jambe-de-bois. Mon fier acrobate, mon écureuil à la patte folle ! Faut le voir chasser, usant de stratégie qu’il croit astucieuse, tacticien zélé, il se cache, saute et sursaute, s’envole la queue comme une aile, revient et… tombe ! Ses dégringolades sont loufoques et m’empêchent de poursuivre mes lectures sur la galerie d’en arrière. C’est «Ringling and Brothers », c’est « Le Cirque du soleil » en miniature !

Manger, manger ! Pendant une absence, une certaine « Mathilde » (qui nous a laissé sa carte), au nom de l’urbanisme écologique, est venue mesurer « notre petit arpent du bon dieu » (titre de roman) au bord de l’eau. Elle a mis une enseigne au sol. En somme c’est une sorte d’expropriation sans aucune compensation, à l’avantage de toute la communauté. Perte, et rétroactive (est-ce légal cela ?), d’une part de la propriété. Achetée en 1973, « tel que vue ».

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