1-Tout | 26 juin 2009
« POURTANT ELLE TOURNE », m’sieur Galilée ?
On a eu une sorte de canicule ma foi. Tant de jours de chaleur…quasi torride. Avec cette humidité lourde difficile à supporter parfois. Pourtant, jeudi, soulagement, ce jour-là, du vent. Bienvenue ! La veille, mercredi, petit souper à deux cœurs qui s’aiment, chez m’sieur le maire, rue Valiquette.
« Des moules et puis des frites » comme chante Jacques Brel. Bien bonnes. Le soir descendait. Ou il monte le soir, je n’sais plus ! Vin blanc. On sirote. On voit la rue qui s’anime. Marchant vers la rue Morin, des jeunes gens affublés de fleurdelisés —parfois avec capes, chapeaux, maquillages aussi— rient, se bousculent, parlent bien fort.
Là-haut, bientôt, au parc amphithéâtre Cardinal, ce sera la fête. Musiques et chansons. Animation. Et, à la fin, le classique bing bang, les artificiers du parc voisin.
Je disais donc « soulagement » le jeudi matin, lendemain de cette Saint-Jean adèloise.
V’là le bon vent ! V’là le joli vent ! Oh la la ! J’observais les nuages qui filaient à vive allure et c’était d’une beauté rare. Se sentir comme en croisière sur sa galerie !
Il y avait juste devant ce firmament bourré d’ouates célestes, un deuxième vif mouvement. Les nuages filaient de droite à gauche (d’est en ouest) et, plus bas, un autre fort mouvement, celui-là de haut en bas. C’était les longues branches des épinettes qu’agitaient ces fougueuses forces éoliennes du jour.
Plus près de moi encore, un troisième mouvement : le balancement des corbeilles à fleurs. Je ne vous mens pas, j’étais saisi, j’étais amusé, j’étais éberlué. Et même un peu déboussolé. Le paysage si mobile. Me voilà comme envahi d’instabilité et, à la fois, ravi. Je me suis souvenu du savant à lunette savante qui, menacé de mort, murmurait : » Et pourtant , elle tourne ». Ce beau jeudi, moi, le fou du vent, j’étais servi. Je n’en revenais pas, sur trois plans, tout bougeait. Vastes nuages, immenses feuillages d’arbres, paniers de pétunias suspendues… Quelle merveille ! Ô Galilée, pardonne aux mécréants de ton temps ! Oui, tout bouge, cher grand homme, tout tourne, tout s’agite et tout vit. J’en avais comme une envie de rire, c’était si beau au ciel et sur terre. Spectacle grandiose. Sans artificiers-bing-bang ! Sans musique « toc-rock », images d’une nature se déployant librement avec bruit d’ailes. J’étais, fou comme un balai, oui, fou.
LE CIEL À OUTREMONT !
Voilà mon cher beauf, devenu veuf, qui s’installe rue McMachin en ces tours à logements divers, le Manoir. Il me semble content. Il découvre, loin de son cher Saint-François Vincent de Salles, ce quartier que nous chérissons depuis 1986, Outremont-sur-arbres !
C’est par ses yeux neufs, son regard qui s’initie, ses mots qui nous résument ses impressions que Raymonde et moi, on re-découvre le coin. C’est classique. Tous, un jour, aux côtés d’un visiteur étranger, surpris, écoutant son discours, nous revoyons cela autour de nous avec des yeux neufs car : « la familiarité engendre du mépris ». Vieux proverbe pas nécessairement arable ! C’est si vrai.
Jacques donc, ce bon beauf, un prof au secondaire (à Terrebonne) de physique-chimie, retraité depuis peu et qui nous vante généreusement son nouveau gïte, Outremont : « C’est bien beau, très naturaliste, et si peu éloigné… de tout, du Plateau comme du Centre ville. » C’est vrai.
Suite -> | 1 commentaireUN PÈRE AU JARDIN DE SA FILLE
Ce fut un beau dimanche.
Devoir aller au si joli jardin de sa fille et se laisser fêter. Allons-y. Se questionner en chemin : « ais-je été un bon père »?
Cela existe-il ? Je n’ai pas été un bon père. Je ne crois pas. Un « pas pire ». Oui. Je fus un père qui a fait ce qu’il a pu. Qui s’essayait à ce métier bizarre, si délicat, et si précieux sans aucun manuel de conduite disponible. Sans livre de conduite quoi. Comme pour tous les pères de la terre.
Mon père n’a pas été un bon père. Il a fait ce qu’il a pu. Lui aussi.
J’ai dit tout cela à mes enfants et petits-enfants, tout cela et autre chose au beau jardin d’Éliane, rue Chambord. Je disais qu’il y a des orphelins un peu partout. Que des enfants vécurent, trop jeunes, beaucoup trop jeunes, sans papa aucun sous le toit familial.
Suite -> | 2 commentairesVIVE LE FÉDÉRALISME !
Voilà que le chef édito stipendié du clan « Gesca et coetera », Alain Pratte, s’embarque dans un nouveau combat nommé «l’Idée fédéraliste». Quand vont-ils comprendre ? Qui est contre la vertu ? Le fédéralisme peut être en effet une bonne idée. Les patriotes actuels d’un «Québec-pays» n’ont rien contre.
Moi, j’aime cette idée. Je sais bien que le fédéralisme peut être fort commode et même fort avantageux en certaines contrées, certains territoires. Ces jeunes et vieux énervés de notre patriotisme finiront-ils par comprendre? La fédération actuelle au Canada ne peut pas, à nous, Québécois, donner bonne et juste part. Encore moins nous favoriser, nous avantager. C’est tout simple: une fédération efficace doit être constituée avec divers éléments (nations) de forces semblables. Sinon? Chicanes.
Faisons face à la réalité mossieur John —fils de Red— Charets et Cie: au Canada, nous serons bientôt vraiment des minoritaires. Au Québec, nous restons toujours 84%. Devenus ombrages à Ottawa, cette fédération n’aura pas à nous considérer comme partenaire important.
Suite -> | 1 commentaireBaptême
Me voici avec un fort groupe dans une église (Saint-Léopold à Fabreville), me voici avec du linge propre des souliers cirés pour assister à une fête chrétienne au nom d’un petit Antoine.
L’Antoine à Pierre-Luc, un neveu. Le nouveau petit Québécois ne sait pas trop ce qui se passe et pourtant c’est en son honneur toute cette mini-foule en «habits du dimanche». Le cérémoniaire en chasuble est un exilé du Togo. Sympa et animé.
Je me suis souvenu, vers 1965, d’un évêque, raciste mou et méprisant dur, venu de Saint-Jérôme dans l’église de Saint-Joseph. Ce coco de Frenette déclara en chaire: «La crise des vocations est bien grave. Mes frères (!) que diriez-vous de voir apparaître dans votre église un bon dimanche un bon gros nègre dans pas longtemps, hein? Hein?!»
Suite -> | 3 commentairesSOUCOUPE SANG ET OR !
Le vent avait détaché mon pédalo, il m’attendait sur la plage municipale, en m’y rendant avec la chaloupe de Jean-Paul Voisin, je vois quoi rivage des Cobetto ? Une lumineuse soucoupe nageuse ! La jolie ronde carpe grosse comme une soucoupe, à ailerons de feu, aux couleurs de l’Espagne, jaune et rouge, or et sang !
Ce dimanche, assis au fond de la chapelle de la rue du Chantecler, venu en curieux, examinant l’unique vitrail, je repensais à cette flamboyante soucoupe, à cette flamboyance.
Un « lévite » de cette Église unie commentait avec modestie un acte des apôtres. J’étais bien.
Être vraiment attentif c’est bien mieux voir ces six (6) beaux gros bouleaux blancs; portail chez Simony en face de chez nous. C’est sourire en revoyant le beau dessin d’un placard avec l’écriveur Grignon buissonner dans l’herbe adèlois. Je songeais à sa prudence de timoré quand il nia dans ses textes (radio et télé) le nationalisme ultra fervent de son « gros curé » Labelle ! Quel menteur dénoncé par l’historien chez « Le Bigot », ce même dimanche matin.
Suite -> | 2 commentairesDEDANS LA VIE…
Je file, sortant de la clinique, pour mes journaux du matin, au garage Ultramar. Pas même un kilomètre n’est-ce pas ? Bang ! Un policer en voiture surgit : « Pas de ceinture bouclée m’sieur ? » Ce sera 120 « tomates » d’amendes ! Eh b’en ! Arnaque ? Cette ceinture à boucler…pas dans nos moeurs, nous, les aînés. On l’oublie. Mes petits-fils, eux, ne l’oublient jamais et, toujours, ils la bouclent ! Je rentre. Je lis dans le journal qu’en ville, c’est le même HAUT prix si tu lances ton mégot dans le caniveau ! Eh b’in, par ici le fric ! Gomme, baloune ou non, même amende ! On manque sans cesse de fric chez nos gouvernants ? Ainsi, le motocycliste -qui n’est pas toujours un motard criminalisé- en crache un coup pour son « faible », le deux-roues ! Bon, belle vision pour me calmer : au rivage du lac, je vois un couple de fiers nageurs, lui, coloré de vert, elle, moins. Jolis canards ! Oublier la facture policière.
Une compagne folle des actrices et des acteurs ( une ex-réalisateure de feuilletons télévisés) et me voilà entraîné aux théâtres. C’est cher. Grosses « amendes » là-aussi et pas de billets pour les pauvres. Les jeunes ? Oui, rabais « étudiants ». On a vu le Quat-sous tout neuf, Avenue des Pins, où se lisaient des poèmes comme « à tour de rôle ». Un simple récital régi par Louis Maufette. Ouenge ! Puis au TNM, un mélo simpliste se déroulant en Asie. Ce « Dragon bleu » du célèbre Lepage… est d’un vide peu commun mais présenté dans des habits scéniques à gadgets séduisants. Ouaille !
Et puis, au Conservatoire (tout neuf là-aussi) , sur le Plateau, une prétentieuse pochade de l’Autrichien Thomas Bernardt, une courte fable tarabiscoté, suralimentée par (encore) les gadgets à projections du révérend père Marleau. Enfin, dans une ex-usine (Raymond-Confiture) du bas de la ville -« C »- une bande de joyeux drilles venus de Riga, ville de la Baltique, sans un seul mot, pantomime grouillamment pour illustrer une jeunesse communiste d’avant la chute de l’URSS (1990), totalement « colonisée » par les tounes d’un fameux duo de rockeurs-USA, Simon et Garfunkel. Ouen !
Suite -> | 2 commentairesD’OÙ, CET AMOUR DE LA PLAGE ?
Nous chérissons certains sons. Ici, les cloches de l’église, rue Lesage, à l’heure vespérale. Durant l’été, ces cris, rires, appels, rumeur de la plage publique à quelques maisons d’ici. Jusqu’à neuf ans, « on-va-t-y-se-baigner-les-gars ? » me disait prendre une serviette et une savonnette pour aller nager au Bain publique -puant le javel- rue Saint Hubert [...]
Suite -> | 1 commentaireRAPIDES, CASCADES ET REMOUS
Je m’installai en Laurentie, en villégiateur d’abord, 1973 et trois lieux me fascinent tout de suite. Les rapides au coin de la 117 où je m’achetais du bois à rénovation, au lieu dit
« Rivière aux mulets ». Disparu ce vieux « clos-de-bois » familial. Puis je découvrirai la Doncaster et ses trépignants rapides, son mur de béton, un barrage devenu inutile sans doute, disparu lui aussi. Enfin ce sera les cascades inouïes en aval de Val Morin sur la piste cyclable.
D’où nous vient cette fascination des eaux trépidantes ? Lointain besoin -de telles eaux vives- venu d’ancêtres qui appréciaient (ou craignaient ?) la sauvagerie d’un continent fraîchement adopté. Voilà que je découvre bien tard, une Rivière-du-Nord débordante en avril et mai, fous flots, impétueux remous. C’est du côté de l’ex-usine Roland. Pauline et Jean-Paul nous y menaient, ô, nos exclamations ! Réel plaisir à observer les féroces remuements de cette toute « démontée », ses îles noyées. Le paysage, sans soleil ce midi-là, se donnait des airs intimidants, énormes grondements.
Suite -> | 1 commentaireUNE GÉNÉROSITÉ INTÉRESSÉE ?
Le chat sort du sac. Chaque année quand la capitale de cette fédération (qui n’est pas vraiment un pays) sort son gros sac de fric pour se fêter, eh b’in c’est aux Québécois que va le gros de la tirelire. Les autres régions de cette fédération ? De la schnoutte. Des miettes. Ah ! Pourquoi ça ? Cette injustice évidente. Que l’on semble tolérer un peu partout. Quoi, nos bons p’tits zamis confédéré devinent-ils qu’il faut fermer les yeux (et sa trappe); mieux, qu’il faut bourrer de pognon ce sacré Québec, plein de réticents, de méchants nationalisses, si on veut pas …Mmm, vous savez bien, s’il fallait, non mais s’il fallait qu’un bon jour, ils se votent majoritairement un pays bien à eux. Vous connaissez tous cette peur, cette frousse, cette hantise.
Alors, les Canadians, ils ne comptent pas, moins en tos cas. Avec les restes, des pinottes, qu’ils se fêtent un p’tit peu. La réalité c’est que ces gens d’un océan à l’autre (sauf nous -et notre drôle de langue- au milieu), ils n’ont pas grand chose à festoyer. Craignez rien, ils vont pas brailler, ils chialent pas l’diable, même si, à chaque année, Ottawa commet un effarante injustice dans le partage de la mazoune pour pavoiser, danser et chanter. Silence !
Quoi donc ? Les habitants du Manitoba ou de la Nouvelle Écosse n’ont pas besoin (ni grande envie ?) de commémorer le beau grand Canada ? On dirait. Le Québec, pas davantage, alors là, danger, on va lui enfoncer nos bébelles dans la gorge à ces oies bien connes, les frenchies ! Oui, le chat, oui, est sorti cette année… du sac fédéral.
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