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L'un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

Photo Éliane Jasmin

Claude Jasmin fait tout d'abord des textes dramatiques pour la radio, puis pour la télé et pour le cinéma. Il a fait beaucoup de journalisme et il publie un livre nouveau chaque année. Depuis 1960, Jasmin a donc publié plus d'une cinquantaine de livres, des romans et des récits surtout.

Jasmin poursuit encore et toujours l'expérience d'écrire avec ses journaux intimes chaque semaine en publiant depuis plus de sept ans un blogue (carnet) dans son site Web . On trouve ici son avis, ses opinions sur les actualités, des critiques de spectacles, de théâtre, de films ou de télé. En somme, il raconte son quotidien. Il parle de lui mais aussi des autres. Jasmin ne laisse personne indifférent, admirateurs ou contempteurs.

Ici, un grand nombre de textes publiés au fur et mesure: lettres ouvertes, projets de romans, humeurs, portraits, extraits... Voici un raccourci vers la liste de tous les textes publiés dans ce site Web. Vous pouvez aussi laisser traces, les commentaires sur les textes de Jasmin sont acceptés et publiés en autant qu'ils s'en tiennent au sujet et demeurent respectueux.

De passage sur cette page ou de retour, pour le plaisir ou pour le travail (l'école), bonne lecture et bonnes découvertes!

LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 28 avril 2009

UN BEAU RAT LUSTRÉ !

     J’aime aller observer le débit de l’eau aux jolies ruines de l’arche d’entrée, proche du resto «La  Valloise », Chemin du Chantecler. Là, où le lac file vers l’est en bruyant, stimulant, ruisseau à travers les maisons tout autour du site abandonné, dit « 40-80 ».

    Qui je vois là, se baignant ? Lui, « Parizeau », mon rat musqué familier. Il se lisse les poils tourné sur le coté. Il sourit. Il fait si beau maintenant. Il doit guetter les premières feuilles des saules nains. Il m’a dit  (il me jase par clignements d’yeux) qu’il raffole des poissons rouges que l’on jette au lac en fin de vacances. C’est son régal.

      Le prof sabbatiqueur, le neveu-fesse-gauche par ma bru, Murray La Pan, est venu m’emprunter le pédalo. Sa première pêche. Interdit désormais, me dit-il, de débarquer, à la descente municipale du parc, sa chaloupe d’aluminium. Ste Adèle veut prévenir la contagion-algues-bleues (!) venue de son Saint-Sauveur. J’ai ri. Pas lui.

      « Le Calumet », incendié avec l’ex-hôtel Laliberté ! Hélas !  Désormais achat de journaux au IGA d’un homonyme jasminien. Une employée, héritière, que je  questionne : « Hen, quoi ? Nous autres, venir de Ville Saint-Laurent ? Non. On vient de Ste Rose ! » Bon, bon. À la caisse, une ancienne, accorte, joyeuse, venue du clan Lamoureux, m’apostrophe : «  Ah b’en ! Vous ! Il y a un demi-siècle, vous veniez manger à la pension chez nous, non? » Oui. Oh, la bonne soupe pas chérante !

     Une des belles Lamoureux deviendra buraliste au célèbre « Petit Journal »,  rue Jean Talon ouest et je la revis, y allant en tentant de vendre mes premiers contes. Plus aucun « canard » ne publie des contes hélas pour les apprentis écrivains ! Cécilia (?) y était donc, toujours si bleue de ses yeux, si blonde des cheveux, si blanche immaculée de peau. La beauté !  En 1952, l’aspirant artiste mangeait aussi chez « la grosse madame » juste  au coin, là où on lit « Parc Louis Aubert ». De ce pâté de bâtisses style western, il n’en reste que l’annexe de Del Forno. Lieu qui était un chic « Thea room », déjà sombre avant de muer en l’ex-« Chez Pep » à Cotroni. Je voyais mon vieux camarade, le « lion réacto-bleu », Grignon, sous l’aubarge Chateauguay. Paf pas paf, il entrait ou sortait du pub, capot de chat grand ouvert.

       À cette époque, des marguilliers bien bourgeois acceptaient pour l’église neuve, ces bizarres sculptures hiératiques, ouvrages d’un  parisien exilé ici, Pierre Delanoé.  Au champ vacant du coin de l’église, des gars de chez Bell m’offraient une place « à vache » en leur club de baseball ! Refus !

       Murray rentre à quai la ligne ballante : « Il avance pas l’diable, vot’ pédalo ! » Bredouille, il sourit.  Oh, bruits de brousailles, voilà mon « Parizeau musqué »  fuyant nos myrics beaumiers, plongeant. Bof ! Je fais voir mes neuves chaises longues -en rotin-made-in-China-  achetées « pas cher » viande à chien,  dans un champ vague proche de Rona. Murray apprécie et, intrigué, examine plutôt ces trous partout dans le sol. Curieux ouvrage des mulots troglodytes. Fort soleil de fin de mois ! Je m’allonge, je songe à cette Lamoureux à la caisse du IGA, oh merde !,  nous avons eu vingt ans un jour, un jour…

1-Tout | 11 avril 2009

Le chevreuil gastronome

À l’heure de la soupe, je sortais de la jolie vaste pataugeuse de l’Excelsior là où je vais barboter régulièrement pour ma bonne santé, admirant toujours un feuillu (palétuvier ?) étonnant dans cette serre à plantes vertes.

Je rentrais, je filais plein sud sur la 117. Routine. Qui je vois soudain à l’horizon, penché en deux presque au milieu de la route ? Un chevreuil ! Un beau Un gras. Il renifle un je-ne-sais-quoi et moi, je ralentis. Puis je stoppe. Petits coups de klaxon. La noble bête ne bronche pas. Je sors de l’auto, claquant fort ma portière pour l’intimider. Rien. Lentement, il a redressé le cou et la tête pour mieux m’examiner, me dévisager. Mais il ne bouge pas d’un poil-de-chevreuil. La 117 lui appartient ?

Il me défie ma foi du bon yeu ! Pas de voitures à cette heure ? Aucune. Je marche deux, trois pas dans sa direction. Il reste là, les deux pattes d’en avant toujours sur la chaussée, imperturbable, propriétaire du paysage, fier fieffé grand agneau sauvage, juché sur ses talons hauts. Je ne rêve pas. Je ne vis pas un conte de fée. Ses beaux yeux, sauce bambi-walt disney, m’interrogent, me semble-t-il. Impression furtive, bref sentiment -bien candide- que la bête veut causer. Ah les contes et le cinéma de nos enfances hein, restes, traces imperméables au fond de nos caboches de vieux ?

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1-Tout, Poing-comme-net, Souvenirs | 4 avril 2009

SORTIE DE SAISON

D’abord c’est sale. Partout. Rues et trottoirs recouverts d’un sable sali. Et puis rien encore aux branches des arbres; les pelouses, les jardins comme encore morts avec leurs lueurs jaunasses, funèbres. L’air plus doux maintenant nous fait pourtant espérer fort la venue -le retour- de la verdure.

Autre signe pré-printanier ? Les tournées d’inspection de chats comme réapparus. Il y a eu, je l’ai dit, celui tacheté de si jolis poils rouges; il y a aussi, le gros blanc aux zones orangées. SA première visite l’autre jour alors qu’il faisait nuit ! Ma surprise quand j’ai allumé la lampe jaune -qui chasse les moustiques. Tas muet dans son coin, gros paquet inerte sus une balustrade, sa fourrure à peine remuée sous le vent nocturne. Calme et gras félin…et qui veille ? Cette grosse bête, la queue et les pattes repliées sous le corps, bien assis au bout de la galerie, tête tournée vers le rivage, voit-elle à travers la noirceur ? Un galantin rendez-vous nocturne ?

Ou bien à quelle solitude familière se livre-t-il volontiers ? Ô le mystère du monde animal ! À quoi peut rêvasse un chat orange et blanc ? Enfin, j’ai revu mon cher vieux Valdombre toujours comme un peu ébouriffé. Il ne change pas. Il m’est revenu donc, toujours en faraud, illusionné. Il a fait le tour de la galerie, il a feint la force, ce port altier un peu ridicule, ce dos haussé, sa démarche d’officier nazi dans un film d’horreur… Tout de même, ces marques aux flancs, aux pattes, qui racontent fort bien qu’il n’en pas pour si longtemps mon tigre pour rire. Fin des mangeoires par ici, ces trois chats délivrés ainsi de fantasmes encombrants, reviennent donc constater…quoi donc ? Que ces maudits oiseaux ont fini de se foutre d’eux.

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1-Tout, Poing-comme-net, Requiems, DEVOIR DE MÉMOIRE, Souvenirs | 31 mars 2009

« ALEXIS, VIANDE À CHIEN ! »

Dans la saga « à n’en plus finir » de Grignon, Alexis symbolisait la liberté. Le beau gars qui plaisait à l’épouse « vendue » par son père. Un autre Alexis, auteur et acteur, élevé en petit bourgeois « bien propre sur lui » dans Outremont, élève d’une école (Querbes) avant-gardiste, tournera moins mal. Je lisais une entrevue de Nat Pétrowski et j’en apprenais. Sur le fils Alexis, pas sur mon Tit-Louis, son papa, camarade radiocanadien des années soixante.

Alexis Martin, surdoué pondeur de « Matroni et moi », une excellente pièce, moins bien sur film), s’ installa dans la maison de sa jeunesse. Il hésiterait à nettoyer le tombeau du papa mort. Qu’il fasse vte le ménage pour mener à bien son premier bouquin. Il racontera et son père -un des reporters emeritus de la SRC- et les débuts de la Révo tranquille, a-t-il confié à Nathalie. J’ai très hâte de lire cette biographie.

N’est-il pas étonnant que les changements libérateurs au Québec aient eu comme vigoureuse source (des débâcles) un corporation d’Ottawa ? À vocation fédéralisante ? Le fier Pet (d’Outremont lui aussi ) voyait notre normal nationalisme comme la pire « plaie d’Égypte ». Il criait, hystérique et plus menaçant que mille Harper) : « On va mettre la clé dans cette boîte qui est un nid de séparatistes ! » Un nid ? Euphémisme ! On peut le dire maintenant qu’on a vidé Radio-Canada de ses employés, que tout le monde ou presque est « à la pige ». Et donc fragilisé, « dehors » les syndicats !

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1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 23 mars 2009

VOIR PETIT, GRAND ET VOIR LOIN

On peut « voir petit » de grandiose façon. Des snobs mondains, mépriseurs de ce que l’on est, bavaient en choeur contre nous, notre modeste monde, nos pauvres gens. Ils bavaient fort contre un Michel Tremblay et ses portraits de buveurs sacreurs, de misérables femmes flouées. Tout notre petit peuple colonisé, et mis en scène, faisait honte aux embourgeoisés, renieurs de leurs origines. Or, il est arrivé que le théâtre de Tremblay a vite séduit des étrangers, ses talentueuses « prises de sang dramatisés » triomphaient à New York et à Paris. Ou au Japon. Quelle leçon gênante pour nos délicats puristes, humiliation pour tous ces prétentieux qui imitaient les géants des temps anciens.

J’en ai connu des snobs « citoyens du monde » humiliés,des déracinés. Ces cons. Savoir illustrer « son » monde est un gage de succès partout. Les auteurs qui imitent les grands des grandes puissances, ne font que reproduire, des plagiaires. Sans originalité, ils végètent, ratés, imitateurs qui vont crever avec cette honte-des-nôtres bien vissée au coeur.

TERRE, TERRE !

Combien sommes-nous, enracinés à notre coin de terre humaine, à avoir été secoués par la nouvelle ? Voici venir une fameuse loupe. Kepler son nom ! Une longue-vue fameuse, une drôle de paire de jumelles. Kepler est un télescope spatial qui a été garroché dans l’espace le 6 mars dernier en Floride du nord. Moi qui aime bien observer la falaise comme roussie d’une colline de Saint-Sauveur, qui aime bien observer un coin de parc d’Outremont où des arbres rares bourgeonnent déjà… aurais-je bientôt à examiner des arbres aux feuilles… bleues ?

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1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 18 mars 2009

BEAU PRINTEMPS, TU VIENS ?

Matin. La compagne aimée fait le café. Aller aux journaux. Couloir, attendre l’ascenseur et regarder dehors. Au delà du viaduc le MacDo du coin offre son jaune signal, l’araignée courbée. Au loin, sur Crémazie, silhouettes des édifices de la FTQ, là où les économies des travailleurs se gaspillent, leurs dirigeants jouent les princes saoudiens. Très loin, les Laurentides font un horizon bossu. Clochette de l’ascenseur.

Mars va s’achever, tu viens beau printemps, oui ? Sur le trottoir du Phénix, ex-usine Kraft, des moineaux se tiraillent un croûton. Descendu de l’apic voisin, un chat surgit ! Fuite de la gent ailée. Un Labrador noir tire son maître vers le parc canin au carrefour. Allez acheter mes « nouvelles » bonnes et mauvaises. Cher marchand dans son abri sous le « Manoir d’Outremont» à côté du tout neuf « L’Image d’Outremont ». Jeu de blocs pour abriter chaudement, joliment, nos fins de vie. Devoir m’y installer bientôt et bien calculer où. Oui. Forcément.

Bon. Retour au nid, le café de Raymonde sent bon. Rayon solaire lumineux sur la nappe brodée. Drogue : devoir apprendre les misères du monde. Les malheurs. Kaboul ou Alma. Une fugue ? À Laval : infanticides encore ? Une bombe à Jérusalem. Le Darfour cule. Des enfants petits soldats. Photos. Serrer les dents. Un autre enfant a fui au Saguenay. Fiou, le fatras des chaudes actualités. On se fait excommunier, au Brésil par des célibataires froids en robe rouge. Pas de compassion. Re-crucifiez sans cesse Jésus.

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1-Tout, Poing-comme-net | 17 mars 2009

UN CHAT ROUGE ET NOIR ?

J’ai rêvé, il y a peu, de la vieille minoune tigrée de papa. Pour les souris (interdites de séjour au resto paternel), mon père « entretenait » une lourde chatte paresseuse (hélas). On n’ y faisait pas attention les enfants , elle faisait partie de la cave aménagée en gargote-café. Elle n’avait pas de nom. Tous, nous disions « le chat » en parlant de cette chatte. Pauvre vieille bête ! Il arrivait bien sûr q’elle sortait dans la cour arrière. Pour ses besoins. Quand maman sortait en même temps avec, par exemple, son panier à linge (à étendre avant le temps de s sécheuses), et qu’elle buttait sur « le chat », un coup de pied bien visé partait suivi d’un miaulement. Le chat déguerpissait sous la « shed », sa vaste « bécosse ».

Encore un drôle de rêve cette nuit-là. Une place publique bien encombré d’étrangers d’allures araboïdes. Fermant le square bondé, une sorte d’église faite de rochers bien ronds superposés ! Du Gaudi à Barcelone ? En plus fou encore. Je suis, aussitôt débouchant sur ce tertre bizarre, bousculé et entraîné et je deviens une plume légère, comme tous les autres, fétus en apesanteur, pris entre tous, comme tout le monde, vague folâtre, formant une sorte de « tas » humain insolite.

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1-Tout, Lettres ouvertes, Poing-comme-net | 11 mars 2009

Lettre ouverte à Pauline Marois

Chère Pauline,

La dernière fois que l’on a pu causer un peu ensemble c’était lors d’une rencontre quand j’animais aux micros d’une radio de Laval (Radio-Boomer). Et ce fut un plaisir. Réciproque je crois. Je vous l’avais dit ondes : je comprenais mal pourquoi tant de gens (et des caricaturistes) vous imaginent remplie de snobisme. C’était -c’est- injuste. Vos paroles et votre attitude démontrent souvent de la chaleur, de la solide humanité. Hélas, voilà qu’aux dernières assises de votre parti, attitude bizarre, vous êtes d’accord pour fustiger et « punir » financièrement de jeunes militants de notre essentiel nationalisme. La raison ? Du verbe coloré et bien effronté, à l’occasion. Parfois carrément agressif.

Allons, chère Pauline, dans tout mouvement de revendication, dans n’importe quelle association de pétition ou d’imploration, on y trouve des tempéraments vifs avec des tribuns impétueux, voix qui appellent un chat, un chat. Et un salaud, un salaud. Est-ce nécessaire de fustiger ces ardents patriotes -le jeune Patrick Bourgeois ou le vieux-vert Pierre Falardeau ? Le danger ? Vous nourrissez les adversaires de notre cause sacrée, Pauline, vous encouragez les couards, diviser nos troupes, encourager la pleutrerie de trop des nôtres. Vous soutenez malgré vous, chère Pauline, des profiteurs vénaux, ceux de la pax-canadiana-fédérata, les tranquilles amants des compromis, du plat doucereux abandon d’un pays à faire naître à fond. Pauline, nus avons besoin de quelques sages mais aussi de jeunes enthousiastes impatients. Notre lutte s’étend aux générations nouvelles. Qui sont moins molassonnes, moins « chambre-de-commerce-et-du-tourisme ».

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1-Tout, Lettres ouvertes, Poing-comme-net | 27 février 2009

À PIEDMONT, L’AMOUR ET LA MORT !

En fin d’après-midi, en attendant l’ouverture de ma chère École Hôtelière, où Serge-sourire louange sans vergogne les plats du jour, je lis « L’Orestie », celui des sombres drames grecs, dans un « poche » payé une piastre. Que de sang versé, me disais-je, que de meurtres, que d’enfants égorgés ou empoisonnés ! Et ici ? C’est la paix dans nos collines, non ?

Non.

J’émerge, enfin enfin, d’une sorte de paralysie; on sait mon grand amour des enfants et voici un papa devenu fou d’une peine d’amour qui se venge et sort un couteau et tue ! Dans une coquette maison de Piedmont, un père, mon cher Eschyle, poignarde à mort ses deux enfants.

Stupéfiés, scandalisés nous apprenons : « un couple de deux médecins, un séparation, deux innocents tués ». C’est bref d’abord. Pas de ce « Temple solaire » comme à Morin Heights, ni dépravé pédophile, non, rien de dégueulasse, on nous répète : un médecin. Un spécialiste. Silence dans nos chaumières : une sorte d’intimidation. Quoi ? Ni voyou, ni drogué ! Deux assassinats par un instruit « monsieur-le-docteur ! »

Un soir Il y a 400 ans avant Jésus-Christ, des gens s’assoient dans des arènes aux sièges de pierre. Ils sont venus entendre claquer la mort, écouter les pleurs, les cris, les larme de sang. L’Orestie à Piedmont, les drames sanglants du dramaturge grec Eschyle. Voyez ses mânes, ou ceux de Sophocle, se réincarnant avec des papyrus aux doigts, gémissant : « Février 2009, infanticides à Piedmont ».

Le funeste criminel n’aura plus besoin d’afficher ses beaux diplômes, il a beaucoup tué, ses enfants et l’épouse amoureuse en allée, aussi ses vieux parents, ses camarades de travail à l’hôpital de St Jérôme, désorientés, ses amis incrédules, ses voisins étonnés. La mort ! Il est, son serment d’Hippocrate mis en torchon (« à tout prix, conserver la vie » ). La mère doit fuir un futile poison : la culpabilité. Pas facile mais essentielle affaire. Lu seul est responsable du lâche assassinat de… de nos convictions primordiales car « On ne tue pas », m’sieur Moïse, n’est-ce pas ? Surtout pas ses enfants !

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1-Tout, Lettres ouvertes, Poing-comme-net | 25 février 2009

LE DROIT DE TRICHER ?

Voilà qu’un enfant du Saguenay disparu est proclamé « victime », rejet. Est-ce bien vrai ? Les recherches se poursuivent. On tient facilement des coupables. On pointe du doigt… l’ensemble de la cour de récréation. Presque tous : des sales petits rats, des jeunes chiens. En réalité, ces « autres » sont simplement des enfants normaux, ordinaires. Des pervers, prétendait papa-Freud ! Ils ont un code, des usages, un lexique au vocabulaire primitif, utile pour tenir à distance « les grands », profs teigneux, adultes encombrants et en avant pour une lingerie « distinctive ». Pour une « manière » d’être, une « façon » d’être en un territoire rempli d’interdits des adultes.

Être ou ne pas être… libre ! Il y a les ordres à la maison, il y a, tous les jour, cette école obligatoire et ses damnés règlements. Des gamins (les filles, non ?) se taillent une zone, avec ses rites. C’est l’éternel besoin du « groupe » et cela a un nom : l’instinct grégaire. Qui existait il y a mille ans, sera encore présent dans mille ans, dès l’enfance mise en gang, scolarisée. Même pour de vieux petits garçons prolongés (!), cet instinct grégaire dure. Ressembler aux autres. En clubs « des boys », en gangs de rue organisés, réunions bruyantes en « cages ». À sport.

Écoutez-moi bien les rejetés : n’écoutez pas les autorités culpabilisées qui jurent qu’ils vont sévir ! Je vais vous conseiller de façon réaliste : cessez de provoquer sans le vouloir, trichez un peu, jouez le jeu, déguisez-vous un brin, acceptez de vous changer en être « comme tout le monde ». Ça rassure, ça fait du bien au gang et la peur niaise. Jouez le grégaire, celui qui comprend ce besoin d’un « troupeau ». Jeune, je détestais le hockey, j’ai joué celui qui aimait ça. Je détestais le « ballon captif », je m’y essayais volontiers. Je ne voulais pas, dans nos ruelles, chasser les chats-pards (qu’on disait marcoux), je m’y suis mis, criant, loin en arrière, avec la meute. Des frustrés. Je cachais mes livres de lecture, je me posais un masque.

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