Déc 172014
 

 

notes : lectorat cher , pas facile de continuer ce récit. Sans cesse je cherche des…situations ? un lieu, un fait…amoureux, comment « continuer » Ma grande peur de l’échec. De devoir abandonner ANGELA, ce serait quoi ? un avorton de plus. Car il y en a eu en cours de carrière.

Ce tout premier amour, adolescent, en une contrée, le Québec de 1947, en un temps plein de puritanisme ambiant. Triste époque. Bien savoir aussi, et bien me souvenir, des prudences obligées pour ne pas trahir las vérité. Ne pas oublier ce strict moralisme chez les Canadiens-français catholiques (comme on s’appelait) du temps. Une morale omniprésente. Une dictature du clergé présent partout. Une censure (et autocensure donc) fort capricieuse. Avouer aussi ma crainte du péché. Ma crainte d’entrainer celle que « j’aime comme un fou » dans le péché. Mais oui, c’était cela jadis. La découverte inopinée des sens s’imposait comme malgré moi. Oh, le bonheur anticipé —si coupable—, de s’y laisser prendre. Songer en cachette à passer à l’acte. Cela, oh oui ! La masturbation, honte solitaire, onanisme détesté, en compensation adolescente. Envie forte donc de transgresser les tabous répandus, le prêche perpétuel dans nos entourages contre « la chair ». Envie chaque fois, à chaque rencontre, de casser le diktat convenu. « Pas avant le mariage ! »

Mai 282013
 

Je suis fier de ma race. Moi, modeste greffe de tant de glorieux et modestes héros, je suis très fier de ma race. Moi, simple descendant de tant de nos pionniers français. Tous ces valeureux exilés remplis d’espoir. Je suis fier de descendre de ces courageux voyageurs venus de France et de les continuer. De poursuivre l’immense collectif ouvrage, îlot miraculeux dans un océan anglo-saxon. Je suis fier d’encore participer, avec tous les miens, à cette fantastique installation française qui dure depuis des siècles.

Oh oui, soyons fiers, tous ensemble, d’avoir su résister et organiser cette fabuleuse édification. Solide implantation, solide et fragile à la fois, en Amérique du nord. Sans aucune honte, montrons-nous une nation déterminée à exister, à durer, à s’épanouir en français. Des visiteurs du monde entier sont étonnés et admiratif de notre détermination d’exister, de durer, de nous épanouir en français.

Ma race n’est supérieure à aucune autre, ma race n’est inférieure à aucune autre. Ma race a son histoire qui est unique dans notre univers et, à la fois, semblable à tant d’autres sur tant de continents. Son histoire est une singulière épopée : résister. Durer. Se continuer malgré tant de tentatives de nos assimiler. Nous sommes toujours debout !

D’autres races de l’humanité ont une histoire bien à elles. Défaites et victoires. Atroces guerres, luttes injustes, grands combats héroïques. Ma race a traversé à l’occasion des temps difficiles et des temps heureux, on a été parfois fragilisés, au bord de perdre notre identité. Notre race a su triompher a duré. Et elle dure encore, je suis donc fier de ma race.

D’autres races ont de bonnes raisons d’être fiers, des motifs de grande fierté, aussi des raisons d’être assombris, quelques regrets. Chaque histoire nationale a sa fierté.

Je suis fier de ma race et d’applaudir nos créateurs,tous nos travailleurs, nos chercheurs et nos trouveurs, inventeurs parfois aux talents inouïs. Je suis fier de tous nos frères et sœurs en travaux inédits comme en simples ouvrages utiles pour nos continuités, la perpétuation pour ceux qui vont venir. Je suis fier de notre immense labeur — ordinaire ou providentiel.

Certains craignent le mot race et crachent dessus, ce sont les sans âme, les déracinés contents, allergiques aux contes, aux légendes et aux grands et petits faits historiques, des renieurs et contempteurs de notre avenir national. Ils sont masochistes écervelés et fiers de vivre sans histoire. Nous vous plaignons, froussards déguisés en « mondialistes ». Ils sont des forcenés de « l’équarrissage pour tous » et se disent « citoyens du monde ». Mais ils sont de simples consommateurs sans identité. Ah bas le déni, l’autocensure, la « rectitude politique », le mot race ne mord pas plus que le mot chien. Proclamons-nous fiers de notre race française en Amérique du nord, tout comme nous sommes fiers de tous ceux qui sortent de toutes les autres races de cette terre humaine pour venir nous joindre et nous continuer.

 

TEXTE PUBLIÉ DANS LE DEVOIR

QUOI, DORMIR, RÊVER, SHAKESPEARE ?

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Avr 302012
 


 

Cette nuit, bruits et un rat-con, rat-coon, rat masqué… a rejeté nos deux briques au yable et ouvre le bac noir !

La faim !

Un midi, un écureuil, tout maigre, tout frétillant, guette un oiseau nouveau-né !

La faim !

Bof, pauvres petites bêtes adèloises ? Mais il y a les humains : pire sort, atroces famines en certaines contrées d’Afrique. Contraste avec ma passion pour le règne animal et ces magnifiques documentaires à la télé ( ARTV, TV-5, Télé-Québec) où toute vie se résume à un mot : LA FAIM !

MANGER et puis se reproduire ensuite.

Ici, dans notre ciel, derrière le joli neuf resto « So-Thaï » —carrefour Morin-Chantecler— aux mets asiatiques extra-savoureux, apercevoir une bien noire corneille —bec et griffes ouverts— chassant un malingre petit merle.

Manger ?

Impossible d’ignorer tous ces travailleurs jetés à la rue (Aveos-Air-Canada et cie ), ni ignorer la Syrie déchirée. Nous autres bons petits bourgeois des jolies Laurentides allons-nous nous charger des malheurs du monde entier ? Non ? On regarde à la télé —en rotant le bon repas pris— nos sympathiques hordes étudiantes qui crient dans le noir des soirs déambulatoires : « JUSTICE ! » Et c’est plein d’adultes nostalgiques :« C’est beau, c’est bien, nos jeunes découvrent la lutte pour la démocratie ! » Que celle ou celui qui n’a jamais regretté son cher « jeune temps » jette une première pierre à ces mélancoliques.

Or, ici, « dans l’nord », à l’abri des problèmes métropolitains (ô trafic !), les Laurentidiens que nous sommes vivent une existence bien paisible. Une impression seulement car on n’ignore pas tant de destins broyés. Mal cachés dans les replis verdissants de nos jolies collines. Soyons certain d’un tas de misères, ici comme partout.

Je viens de recevoir —éditeur indispensable, Michel Brûlé des « Intouchables »— le récent bouquin de l’esprit libre, Norman Lester. Dernier COUP DE POING et je vous avais vanté le premier, eh bien, courez l’acheter. C’est encore un riche puits d’odieux scandales aux couleurs variées. Ça va du pourpre pourri au violet sinistre, du noir atroce au gris à se pendre ! Que de sordides découvertes stupéfiantes. Ce petit-juif-rosemontais, Lester, c’est l’anti-censure par excellence, lisez-le pour ne pas crever con idiot et innocent.

Être informé c’est être libre, dit-on, ça ne nuit pas mais notre impuissance enrage. La corruption des ingénieurs( élite instruite dévoyée), des bâtisseurs, et, hélas, de nos élus « enveloppés de brun ». Ô fatras à collusions mafieuses. Vite, vite, madame Charbonneau, à vote maillet ! Hélas, la langueur tolérante du citoyen mou exacerbe. Quoi faire ? Quitter ta jolie colline ? Aller en métropole marcher avec la jeunesse ? Ne pas te contenter de surveiller le rat-con juché nuitamment sur ton bac noir, l’écureuil affamé, la corneille tournoyante au dessus de ton cher resto So-Thaïï ? Shakespeare clame : « Dormir, rêver… » Non, Bill, non : s’indigner et agir !

 

 

Nov 262011
 

J’avais donné « La petite patrie » aux Éditons La Presse, donc à l’Empire-Desmarais, ce fut un franc succès d’édition  et je l’ai pas regretté. En ce temps-là (1972) mon éditeur habituel, l’ancien Leméac (de feu Yves Dubé) négligeait de me verser mes droits. Pour mes chroniques hebdomadaires je fais affaire avec Quebecor, l’Empire-Péladeau et je ne le regrette pas. Chère Josée Pilote, j’ai lu votre verte diatribe où on laisse entendre que ma liberté d’écrire ce que je veux serait en danger à cause de …L’Empire. Lire cela chez un concurrent. « Accès », est fortement prématuré. Une directrice s’évertue à effrayer le public ?  Or, jamais je n’ai pu percevoir la moindre censure, là où je suis publié, j’y jouis d’une totale liberté.

Mettons les choses au clair : Madame Pilote vous menez une guerre commerciale. Soyez plus franche. Il s’agit d’un business, et des prix d’une page de publicité. Ma liberté d’écrivain, comme vous le lassez entendre, n’a absolument rien à voir avec cette bataille des prix des pubs. C’est de l’amalgame niais. Je n’y connaît rien en cette matière des « commerciaux » offerts aux marchands  « pas chers, trop chers ou trop bon marché ». Ça ne me regarde pas. Prière de ne pas mêler le public.

Je sais fort bien que mon roman annuel est offert « pas cher » chez Costco, oui, bien moins cher (hélas !) que chez mon cher petit libraire indépendant habituel. Nous sommes, auteurs, impuissants sur ce sujet. Les créateurs, les écrivains ne sont pas conviés aux affaires de distribution, etc.

Si mon hebdo offre « une page de pub » à meilleur compte qu’un autre hebdo, c’est une question qui ne me concerne pas. Il y a telle chose que la liberté de commerce, je suppose. Je me souviens, enfant, de la colère de ma mère chez notre épicier Bourdon (rue Chateaubriand) lui criant que les prix étaient « bien meilleurs » au Steinberg qui venait d’ouvrir rue Jean-Talon. C’était un empire naissant. Qui n’a pas duré. Bourdon est devenu un « Métro ». Juste dire ici que l’industrie (quelle qu’elle soit) mène un jeu purement affairiste hors de notre intérêt et de notre portée.

Que les gros joueurs, les joueurs puissants, évidemment, mènent le bal, c’est vieux depuis les premiers trocs en Assyrie !  Cela dépasse le rédacteur qui rédige une chronique. Vive la liberté madame Pilote ? Si je revois l’ami Pierre-Karl Péladeau à notre resto préféré —« Le petit Italien » de la rue Bernard— je ne vais pas lui « dicter » le prix qu’il doit exiger pour les encarts publicitaires commerciaux dans ses journaux. Tout de même. Par contre s’il m’annonce qu’un sondage maison indique que je suis très peu lu, là, oh !, je vais filer doux et lui faire des promesses d’amélioration.

Bon, bref, cette guéguerre n’autorise personne, madame, à laisser entendre que la liberté des chroniqueurs de Quebecor (Pays d’en Haut) est menacée. Belle foutaise et bête amalgame, arguments fallacieux, pour embellir, anoblir (?) « une simple bataille des prix ». Querelle hors de sujet quant à mon indépendance d’auteur. J’ai été souvent collaborateur de publications modestes et risquées, tel Québec-Presse. Librement. Dans ces modestes journaux, j’y étais ni moins libre, ni plus libre qu’ailleurs; par exemple à La Presse (1960-1965) un temps, ou au Journal de Montréal (1970-1976). Ne mélangeons pas, madame, les serviettes et les torchons, il y a l’écriture en toute liberté et il y a la chamaille ordinaire des espaces à vendre pour la publicité.

À bon entendeur, recevez mes salutations amicales et mes bons voeux de succès à votre hebdo.

 

(30)

 

Mar 112009
 

Chère Pauline,

La dernière fois que l’on a pu causer un peu ensemble c’était lors d’une rencontre quand j’animais aux micros d’une radio de Laval (Radio-Boomer). Et ce fut un plaisir. Réciproque je crois. Je vous l’avais dit ondes : je comprenais mal pourquoi tant de gens (et des caricaturistes) vous imaginent remplie de snobisme. C’était -c’est- injuste. Vos paroles et votre attitude démontrent souvent de la chaleur, de la solide humanité. Hélas, voilà qu’aux dernières assises de votre parti, attitude bizarre, vous êtes d’accord pour fustiger et « punir » financièrement de jeunes militants de notre essentiel nationalisme. La raison ? Du verbe coloré et bien effronté, à l’occasion. Parfois carrément agressif.

Allons, chère Pauline, dans tout mouvement de revendication, dans n’importe quelle association de pétition ou d’imploration, on y trouve des tempéraments vifs avec  des tribuns impétueux, voix qui appellent un chat, un chat. Et un salaud, un salaud. Est-ce nécessaire de fustiger ces ardents patriotes -le jeune Patrick Bourgeois ou le vieux-vert Pierre Falardeau ? Le danger ? Vous nourrissez les adversaires de notre cause sacrée, Pauline, vous encouragez les couards, diviser nos troupes, encourager la pleutrerie de trop des nôtres. Vous soutenez malgré vous, chère Pauline, des profiteurs vénaux, ceux de la pax-canadiana-fédérata, les tranquilles amants des compromis, du plat doucereux abandon d’un pays à faire naître à fond. Pauline, nus avons besoin de quelques sages mais aussi de jeunes enthousiastes impatients. Notre lutte s’étend aux générations nouvelles. Qui sont moins molassonnes, moins « chambre-de-commerce-et-du-tourisme ».

Et alors ? Formidable, non ?, cette jeunesse fringante, malpolie, à l’hebdo « Le Québécois ». Où j’ai le bonheur plaisir de collaborer. Ils n’ont pas froid ni aux yeux ni aux lèves, ces cadets mal engueulés sont un apport vital témoignant pour une suite-du-monde-québécois. Observons tes applaudisseurs ? Des rampeurs, des ennemis de notre souveraineté. À ce congrès, tu fus fort mal conseillée, prend vite bonne distance de ces couards. Erreur d’avoir osé appeler au boycottage « économique » du modeste hebdomadaire de Bourgeois. Pas moins grave l’appel du Bloc pour donner suite à ce nocif mouvement. Ô l’odieux monde de la censure, la sale sauce nettoyage soviétique ! Pauline, je t’en supplie, tu dois vite annuler cet appel au boycottage.

Face à notre victoire remportée sur ce projet d’Ottawa, avec  son machin-à-Plaines-commanditées-alla-Juneau, n’ayez qu’un seul regret : devoir constater que le parti que tu diriges fut molassique, archi-prudent. Les jeunes Résistants à cet « Axe anglo-saxon » (ultra-puissant sur tout ce continent) visèrent les masochistes et les marchands à tourisme-de-Nouvelle Angleterre. On ne pouvait parader, costumer, décorer,  festoyer « la » défaite de la Nouvelle France. Pas trop tard pour « raison-garder » et biffe au plus tôt cet ordre abject de crever ce petit journal. Lui couper les vivres est indigne d’une Pauline Marois que je crois connaître. C’est méprisant et infantilisant de commander à ses députés une interdiction d’acheter des placards dans l’hebdomadaire. La liberté c’est la tolérance de toutes les tendances. On peut endurer quelques jeunes (ou vieux) trublions qui « font du bruit » dans le grande espace de l’indépendance à conquérir. Il y a des oeufs pourris qu’il fallait casser. Commémorer cette bataille perdue sur la falaise était un oeuf pourri.

(30)

Juin 182008
 

      Je vois son nom désormais, il a un chemin à son nom. Parler souvent de quelqu’un qui est mort c’est le faire revivre sans cesse. Roulant sur la 117 vers Saint-Jérôme, notre capitale (régionale), je vois des tentes, des ballons. Je songe aussitôt au gros party annuel de l’adélois Pierre Péladeau. Fête géante en été, qu’il aimait organiser pour « son monde ». Que de belles et bonnes heures passées là, au bord de la rivière, invité car « ancien » rédacteur. Comme René Lévesque, Marcel Dubé ou Bourgault etc.

         Quand je lui dis à un de ces fameux pow-wows : « Pierre, vous ne craignez pas la construction de blocs de condos sur votre rivage  d’en face ? Il rigole : « Non, aucun danger, j’ai pris des options sur tous les terrains de cette rive ! » J’entends encore l’éclat de ses rires, sorte de gloussements à l’étouffé, le rire des timides ?, en tous cas gargantuesques ! Je m’ennuie du bonhomme. Un sacré bonhomme.

     J’ai connu ce diable d’homme, culotté courageux, affairiste audacieux, et malin. Rare chez les nôtres, un entreprenant sans vergogne, c’était au temps fou de la Crise d’octobre en 1970. Je me cherchais de l’espace pour chroniquer. Ayant quitté La Presse (1967), ensuite voyant agoniser Québec-Presse (1969)  (les syndicats n’y croyaient, diminuaient le financement)  et puis le Sept-Jours (1970),celui de Bernard Turcot, au bord de la faillite aussi, je souhaitais « le grand public ». Donc  je visais le jeune quotidien de Pierre Péladeau.

 

UNE TRIBUNE POUR LE FUTUR ROI ?

      Rue Papineau, juste en face de L’Immaculée Conception (!), le P.P. d’alors y avait vaste bureau mais en un local tout modeste. Avec tribune surélevée ! Oui, pour le hausser. Besoin de puissance inavouable ? « L’empire » débutait tout doucement, bien lentement. Je lui vante l’idée d’un magazine et lui fait voir « ma » maquette. Lui : « Non merci, les nôtres n’aiment que le journal et tabloïd. Un magazine ? non, ça ne prendra pas par icitte ».   

       Bon. Je rentre dans ma houache de décorateur bien bredouille. J’irai volontiers écrire au « Point de Mire » de Bourgault, je devinais qu’il y aura là aussi, une autre faillite. J’y ponds un long article fustigeant cruellement la légèreté imbécile des « canards » radio-télé de Monsieur P. Mon directeur, Jean Côté (de Point de Mire), avertissait Péladeau qui, discrètement, finançait l’hebdo de Bourgault. P.P. : « Publiez. Pas de censure. Publiez, ça va juste fouetter mes gens ! » Le cher financier fit d’avantage encore : il me convia à son domaine adélois pour rencontrer tous ses rédac-chefs. Grand caucus et c’est lui, P.P., avec tablier sur la bedaine qui prépara et servit lui-même un énorme spaghetti.  Sauce « sans » viande, viande à chien, Donalda ! Point-de-Mire tomba à son tour faute de lectorat. Revenant à sa tribune, rue Papineau, le patron m’offre dare dare deux grandes pages dans son hebdo, alors ultra populaire, Échos-Vedettes. Ensuite, Charron, son jeune employé le quitta, fonda son magazine, connut un vif succès et, jaloux, contrarié, P.P. fondait son magazine, « Montréal ». Qui connut aussitôt l’échec. Le « boss » finira par acheter la publication de Claude Charron.

 

365 CHRONIQUES PAR ANNÉE !

       Et moi -j’avais insisté sans cesse- j’entrerai enfin au Journal de Montréal. Cela de 1971 à 1976. Un FAMEUX HAUT-PARLEUR « de tous les matins » pour communiquer avec les foules laborieuses. J’ÉTAIS RAVI ET ME MOQUAIT BIEN DU SNOBISME DE MES BOUDEURS INTELLOS, RESTANT EUX, SANS AUCUNE TRIBUNE. Ce sera donc mon entrée dans cette famille grouillante et parfois populiste, baptisée Québécor. Cela allait s’agrandir sans cesse avec des achats d’imprimeries.

       Je revoyais un peu plus souvent « cet ami » -qui savait tout de même, art difficile, tenir les gens à bonne distance lors de lancements, de fêtes. À Sainte-Adèle comme en ville.

      Il aimait mes effronteries -« T’es un voyou, toi,  au fond  non ? »- il me le disait. Il était l’ennemi des façades, des niais salamecs, de la rectitude, des mensonges calculés, des honneurs frelatés, des glorioles imméritées, des  politesses obligées, des faux-grands-airs. Lui -le voyou d’Outremont ?-, le petit « vendeur de sapins de Noël, restait sobre, frugal quand on l’a dit pingre. Par exemple, l’apercevant au vraiment « mini » « Petit resto », rue Valiquette, je lui lance : «Mais Pierre, que faites-vous ici, un riche millionnaire ? » Il rétorqua : « Viarge, c’est simple Jasmin, c’est bon et c’est pas cher ! »

       L’homme collaborait à des œuvres, sans le dire. C’est lu qui offrait, geste généreux, les Feux de la Saint-Jean à mon ami Pierre, le maire Grignon. Ayant su la vente proche d’un petit temple protestant Chemin Sainte-Marguerite, (pas encore « son » chemin) à changer en discothèque, il en fit l’acquisition, y présenta des concerts et des expos.

 

APOLCALYPSE PÉLADEAU ! 

     Parfois, je peux entendre au dessus du lac Rond le fracassant ronronnement d’un hélico ( ô Vietnam !), et je revois les passages de P.P. jadis, pour promener sa « vézite » des dimanches ou quand il allait -ou revenait- à son « château de verre », son «  temple » de la rue Saint-Jacques, à  sa-tour-sans-ivoire », face à celle de l’ex-Bourse, Place Victoria. Il était loin le bureau de la rue Papineau et sa ridicule tribune, loin aussi la nouvelle « centrale », en face d’une poissonnerie estimé, rue Roy.      

         Non, à partir d’un certain temps, Maître Péladeau s’accorda des espaces valorisants, prestigieux, mérités. Le rond petit laideron qui débuta à Rosemont -où il fit ses débuts en hebdos-  québécois rare, nationaliste multimillionnaire,  n’irait plus aux misérables locaux d’Ahuntsic, le long de la track où je livrais mon « papier » quotidien.  Un jour, il fit construire tout au bout de l’Avenue du Mont Royal, en vaste et solide.

      C’est dans « sa » tour moderne que je fis la rencontre de deux de ses « dévoués ». L’un, devenu noble vieillard, était son fidèle de très longtemps et régnait -un peu. P.P. était fidèle à ses premiers encourageurs. L’autre conseiller était un fringant jeune homme, rigolard, -P.P. estimait l’humour. Il lui servait de relationniste, de tamis aussi, on imagine les nuées de quémandeurs pour un « empereur ».

    Un soir, généreux buffet à la brasserie Molson, rue Notre-Dame, le voilà soudain seul et c’était rare, je lui tire la manche : « Que faudrait-il encore pour « le bonheur parfait » à un homme tel que vous ? » Il cligna des yeux comme à son habitude :  « Jasmin, « le bonheur parfait », ça n’existe pas. Je n’y ai jamais cru et mon bonheur ordinaire vient de là. » Il fit trois pas et, vite, il y eut vingt courtisans. Qu’il  n’écoutait que d’une oreille. Comme toujours.

 

Mar 132008
 

     L’art -la littérature surtout- souffre de I’indifférence des gens et alors certains ont très souvent recours aux marginaux pour attirer l’attention du monde. Aux sujets tabous. Réels ou apparents. Pour se gagner de l’audience, on voit des créateurs désespérés faire appel à des personnages, à des situations, que l’on dit «extravagants ». L’inceste, par exemple. Il est encore un bon moyen de titiller les foules amorphes. L’art n’est pas souvent au rendez-vous, hélas. C’est voyeurisme sur exhibitionnisme. Ces auteurs « guidounes », bateleurs de bas de gamme, n’hésitent jamais à farcir leurs histoires de caractères bizarres. « Le monde va venir ou b’en on va dire pourquoi ».

Tel semble le moto de ces soi-disant audacieux en scénarios divers. On pousse « son » histoire aux limites  du supportable. On sait que « Les monstres attirent la foule » selon l’adage connu. Le cirque ancien exposait volontiers des infirmes invraisemblables. En 2008, il ne reste aux exploiteurs avides que la bestialité. Ça viendra, voulez-vous parier ? Dernier tabou à faire tomber. Faut que « les caisses » sonnent, pas vrai ?

Tout le monde ne peut rédiger avec subtilité sur l’homosexualité, par exemple, tout le monde ne possède par les dons d’une Marguerite Yourcenar qui signait « Les mémoires d’Hadrien » à propos d’un César homophile. N’est pas André Gide -« Coriolan »- qui veut non plus. Alors on verra au feuilleton radio-canadien, titré  « Tout sur moi », un jeune pompier embrasser à pleine bouche l’un des héros de la série. Brusque trait d’une affection subite et cela au beau milieu d’une station aux portes pliantes grandes ouvertes ! Voilà qu’ensuite -petite gène à retardement- une personne en poste à la SRC conseille, assez pertinemment je trouve, de stopper la production de « Tout sur moi ».

Vite on verra s’organiser des protestations qui viennent à n’en pas douter de ceux qui confondent censure et dévergondage visuel aux frais du public. J’affirme que des producteurs, réalisateurs, scripteurs font un jeu -qu’ils ignorent- liberticide. Ce sont des fabriquants d’homophobie dans ce cas de « Tout sur moi ». Exagérant les paramètres du tolérable, ils font surgir tôt ou tard les censeurs énervés, les archi prudents. En fin de compte, leur zèle, leur goût d’attirer la foule à n’importe quel prix, conduit aux lois du genre C-10. Ces imbéciles friands d’images osées, prosélytes de vaines tentatives d’agrandir une permissivité futile nuiront à la moderne liberté. Ces écrivaillons à gros sabots, épaulés par les montreurs-du-cirque, seront responsables des contraintes à venir. L’homosexuel fut trop longtemps, un sujet invisible, un sujet de cachette niais. Mais, excès contraire, en introduisant à la mode actuelle, partout, l’homosexualité -effrontément, grossièrement illustrée- on nuit carrément à une cause normale. Provocation infantile.

Pour faire monter « l’indice d’écoute » qui stagne, ou pour grossir la file au cinéma, des scripteurs nous encombrent d’ivrognesses pitoyables, de jeunes putains  droguées, de vicieux « hors-normes », de loques humaines en tous genres. Pas fou, le bon public, le bon peuple, refusera bientôt cet indigeste  gavage intéressé.

Je suis de ceux qui croient au bon sens, au jugement sain de nos contemporains. Je fuis et je renie le mépris -pas d’autre mot- de ces attrapeurs grotesques. Surgissent des émissions, du théâtre, des films sans cette complaisance morbide, ces portraits abusifs  à la mode et ils qui connaissent des succès populaires. Je songe autant à « Le Ring » qu’à « Le scaphandre… ». Redisons-le, les créateurs détraqués, mondains désaxés, sont les assassins de la vraie liberté.

Mar 042008
 

Entendez-vous l’hypocrisie qui crie ? Entendez-vous les protestations niaises ? « Ottawa va voter une loi C.10, la vilaine censure à nos portes, la police des idées, c’est effrayant, terrible ! » Non mais…Quelle bande de singes criards, ce gang de faux innocents. Je l’ai déjà écrit : la licence folle amène, tôt ou tard,  les flics.

Des jumeaux ? Un réalisateur voyeuriste obsédé qui s’acoquine avec exhibitionniste obsédé, cela l’argent des économies des travailleurs, ça peut donner un « Bordeline ». Film complaisant, statique, simpliste. Redondante illustration d’une mignonne psychosée, étudiante en littérature à l’Uqam, qui « agace » son prof mal marié. Oui, les créateurs détraqués attirent la censure, les déboussolés, la police. Face aux infantiles niaiseries -à pipi-caca-foutre- c’est la montée des réactionnaires. Le « réac » confondra érotisme sain avec les excès de ces marchands. Même chose pour le film à couteaux, à fusils pour fleuve d’hémoglobines avec carcasses humaines mises en coffre d’automobile.

Ces séquelles d’amériquétaineries en vue du record au guichet « du week-end », peuvent se faire mais avec le fric de ces commerçants, pas avec nos impôts et nos taxes. Une intelligente Loi-10 pourrait-elle régler la question ? Sinon ? Sinon, à force de puériles démonstrations pornos-avec un « s » car la violence gratuite est une porno-, fatalement ce sera la venue d’un horible vrai Ministère de la peur. Tel que décrit par Arthur Koestler. Qui nuirait totalement à la vraie liberté. Je le ré-affirme : sont liberticides ces connards qui ont comme seul talent d’exciter le petit-bourgeois. Un jour ils ricanent avec leurs images de déréliction et, un autre jour ils se voilent la face : « Maman, voilà les flics, la loi C-10 ! »

Je me rase en écoutant brailler tout ces chroniqueurs, critiques, décadents qui applaudissent complaisamment les markettés « exprès pour » scandaliser. Face à C-10, ces pleureuses en leur cortège hypocrite chialent  :  « C’est-y assez effrayant, le gouvernement veut régir les moeurs ! » Qui tue la liberté ? Eux, ces publicistes en violence et en porno, ces artistes pathétiques qui confondent déliquescence et sujets courageux. Tel l’excellent « Le Ring ». Ces libidineux frustré sèment les graines de la répression et des néos-cons nerveux vont en profiter. Pour museler nos épivardés, ils feront taire les courageux qui cherchent à repousser vraiment les frontières de la création.

Au Québec, plein de réalisateurs-producteurs, vieux  voyous incultes, jouent volontiers les bums-de-la-pellicule et cela avec les subventions de l’État. Donc avec le fric des travailleurs. En médias, c’est le docile chorus à esprits soi-disant forts qui louange dérives et dérapages. La servitudes des complices combinée à la niaise peur de passer pour moralisateurs. Je suis moraliste, et fier de l’être, jamais moralisateur. Tant ignorent la différence. Le « bon sens », comme le « bon jugement », est entreposé au rayons des objets perdus, résultat actuel : l’ombre de la censure s’agrandit. Ça pourrait finir par -puritanisme compensateur-  vouloir « cacher ce sein…», comme dans un Molière ?

Voilà le risque. Bien le savoir : les assassins de la liberté sont ces libertaires sans boussole aucune qui versent des larmes de crocodile à la « paradeanti-censure ». On me permettra de refuser de me mettre en rang à ce défilé. Contre ces zélotes commerçants du pipi-caca-foutre, voici mon modeste avis : Oui, il y menace avec cette loi C-10 mais il est  trop tard les geignards, taisez-vous les irresponsables, les p’tits cochons bornés qui servez à dresser cette sorte de  bûcher.

À cause de votre imbécile amoralité tous azimuts, juste pour le box office, eh bien oui, vous avez amené les policiers au Parlement, chez M. Harper. Hélas pour les talents capables, eux,  de défendre les vraies libertés. Ayez la décence de vous la fermer, surtout, la décence de fabriquer votre pacotille à cul-que-veux-tu avec vos propres sous. Téléfilm et autres subventionneurs ne doivent plus à collaborer, encore moins promotionner, financièrement vos navets, même s’il sont populaires auprès d’un peuple enniaisé que l’on  méprise, qu’on abuse, dont on profite .

AS-TU DEUX MINUTES LÀ ?

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Mai 292007
 

Chanson de feu-Pauline, pas la prochaine jolie reine du PQ, Marois, la disparue, la passionaria nationale bien connue, la regrettée Julien. Ce qui me fait songer au mode -sois bref ou tais-toi- en vogue. Politiciens ou artistes, relationnistes en devoir, désormais tout le monde cherche à passer aux nouvelles. Pour y arriver, chacun doit trouver une formule toute courte. Claire et frappante. Trouver un « pitch » (disait Ardisson), un « lead ». Le Mario Dumont y est souvent habile. Les « attachés de presse » se creusent les méninges, pas facile de résumer, en une minute, une pensée riche, un projet fécond. Mission impossible souvent.     C’est la dure loi en médias, ce « as-tu deux minutes », et,  si possible, moins encore ? Comme moi, face à ces nouvelles en vitesse, plein  de spectateurs de télé qui se disent : « Bon, on en saura davantage demain avec les journaux ». Ce qui s’avère. Mais bon nombre de gens ne lisent pas les quotidiens.  Ce monde pressé se contente des brèves… radio ou télé. Et le club des « mal cités » grossit sans cesse. Les rapides  déclarations, triées, manipulées, « choisies » font du tort parfois.

Je viens de lire « Les corridors du pouvoir » du pauvre Alphonso Gagliano. Sans cesse, le « mal aimé de Gomery » râle du sort qu’on lui a fait « en médias ». Ici et là on lui donne raison. Cet ex-tout puissant « bras droit » de Chrétien plaide qu’on lui cachait des faits…encombrants. Qu’il a été victime de ses nombreux fonctionnaires, surtout du personnage Charles-Chuck Guité sans parler de Paul Martin qu’il peint en diable. Son livre fait comprendre mieux « la trépidation » en médias avec ses raccourcis aux dommages réels.

Rien à faire. Vous pouvez espérer tel sort et c’est sur tel ou tel propos que le public s’accrochera. J’ai vécu, fin mars,  une expérience cocasse. À « Tout le monde en parle », je rigolais en répétant, goguenard :  « Mes beaux-frères m’avaient bien dit  de refuser cette émission ». Or, on me répète sans cesse ce bout de phrase. Ce que j’avais déclaré sur un Boubou se tenant debout 24 heures en 24 ans…rien, mon « Trudeau avec son multiculturalisme voulant nous ranger en une simple ethnie (entre Ukrainiens et Portugais quoi ), rien aussi. Aucun rappel. C’est ma farce des « beaufs avertisseurs » qui était retenue. Ainsi va le train des médias pressés.

Un Guy Fournier « déconstipé » vante la défécation et il perdra un job prestigieux au CRTC. Un Gilles Proulx dérapant en ondes, même sort : jeté de TQS. Le psy Mailloux, même affaire, dehors ! Ces spontanés gueulards oubliaient bizarrement qu’une phrase malencontreuse peut faire chavirer une carrière.  La liste serait très longue, partout dans le monde,  de personnages publics tombés dans l’oubli à cause des médias. Avec de rares exceptions : un Sarco à « canaille » élu quand même président de la France.

On entend fréquemment désormais  : «  X, ou Y, n’a pas répondu à notre appel de commentaires », ou « on n’a pas retourné notre appel ». Eh ! Prudence utile ! Chat échaudé…

La femme ou l’homme public craint comme peste le piège de « la » déclaration intempestive mise en exergue aux bulletins de nouvelles. Cette loi-des-médias, comme obligatoire, de ne garder qu’un « pitch » fait naître non seulement l’autocensure automatique -la peur- mais le silence complet. Car un propos « de trop », une trop candide affirmation, une sincérité naïve déplacée et c’est… la trappe, c’est la fin des haricots.

Cette manière de réduire, de résumer drastiquement, de sortir hors-contexte une suite de propos, nous conduira, c’est inexorable, vers davantage encore de langue-de-bois. Les programmeurs de ces bulletins à la va-vite vont plaider : « On a pas le temps, nos précieuses minutes sont comptées. » Le célèbre « Just watch me » du Pet à « Mesures de guerre » est un bon exemple de « pensée résumée ». Ce bout de phrase improvisée à la porte d’un « scrum » fit de Trudeau, pour toujours, un va-t-en-guerre déboussolé.

Bon, il n’en va autrement partout dans le monde (sauf en ex-URSS jadis ) , cette réalité fait trembler les imprudents. Les esprits libres s’en fichent. Pas toujours. J’ai eu des invitations (calculées par des reporters en mal de querelles) à jeter de l’huile sur des feux fragiles, j’ai refusé chaque fois. La responsabilité est une chose inconnue chez les nouveaux venus, nouveaux élus. Des chefs (un Harper) veillent aux dérapages en imposant aux troupiers « la loi du silence ». Enrageant cela pour la meute des chasseurs de nouvelles éclatantes. Eh ! Le grand succès populaire de certains « columnists » (un Martineau) naît de cette vaste  absence des échaudés, leurs textes farouches comblent le vide des « silencieux ». Des humoristes en profitent aussi, et comment !, ces « fous du roi », cassent les tabous. Leur effronterie totale fait rire, illustre aussi la vacuité ambiante des planqués froussards. Avec de bonnes raisons, certes !

EST-CE LE DÉBUT D’UN TEMPS NOUVEAU ?

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Mai 172007
 

Y a-t-il si longtemps, il y a eu deux adolescentes s’armant de pistolets à plomb dans une école « chic » de la métropole. Simple et pratique pour avoir le silence : on les jeta à la porte. Voici que presque tous les élèves d’une école, où étudie l’enfant de l’un de mes petits-fils, ont un fusil dans leur case cadenassée ! Hier, on a trouvé dans le cabanon aux ballons, un cadavre, celui d’une bien jolie ado de cette école. J’ai causé avec mon petit-fils devenu un parent  effondré, atterré comme tant de jeunes parents. Je questionne : « D’où vient cette violence ? Comment cela a-t-il commencé ? Quelles sont les racines de cet état de fait singulier ? »       Le fils-de-mon-fils ne savait trop quoi répondre. Et moi non plus. On cherchait. Est-ce un certain cinéma violent et si populaire, une certaine télé encombrée d’incessantes actions meurtrières, de tueries barbares ?  Est-ce l’effet de tous ces jeux électroniques où, là aussi, les problèmes se règlent toujours rapidement, à coups de fusil; très efficacement, par la force ? On cherchait, lui et moi. Nous examinions les us et coutumes des années 1980 et 1990. Déjà cette multiplication d’images sanguinaires, la montée effarante de tous ces furieux et sauvages combats. Spectacles » recherchés, tant appréciés des jeunes, quand le manichéisme le plus simpliste fait florès, comme encore aujourd’hui. À cette époque ils étaient tolérés, vantés même, fort bien publicisée. Notre candeur niaise ! Notre innocence veule : « Bof, pas de danger, c’est des jeux, du spectacle et nos jeunes enfants savent distinguer le faux du réel. À bas toute censure ! ». Un aveuglement bien commode, une lâcheté fort courante ?

Mon petit-fils grandi, responsable normalement, finit par m’avouer qu’il se sent plutôt coupable. Que nous aurions pu, tous, ceux de ma génération comme ceux de la sienne, mieux savoir protester, dénoncer avec vigueur la venue de toutes ces modes néfastes. Et surtout leurs fabricants cupides. Il est tard, très tard, cette grande fille assassinée que l’on a vu, à la télé, sur un brancard fatal, dans un sac de morgue, ferait donc partie intégrante d’une civilisation actuelle moche. « Quoi, déclara un jeune loustic à la télé : elle aussi avait son fusil dans sa case cadenassée, non ? »

C’est « sa » fille et il pleure : « Comment ça se fait donc, grand-papa, qu’on n’a pas su voir venir ce très sale « temps nouveau » en 2005, en 2010 ? » C’est bientôt 2025. « Comme tout le monde, que je lui ai dit, en ce temps-là on voulait tant sembler « large d’esprit », bien modernes, capable de nous adapter à la jeunesse. Ce besoin de ne pas passer pour de vieux schnocks, des froussards conservateurs, des timorés, de sales réactionnaires, méfiants pathologiques ? » J’ai pleuré avec lui. Un reportage, janvier 2010, dans L’Actualité, sonnait pourtant l’alarme en  illustrant  cruellement que cette jeunesse actuelle dérivait vers les fatidiques « règlements de conflits » avec la  manière expéditive : des fusils. « Mais oui, lui dis-je, je m’en souviens, il y eut un début de panique, quelques reportages de télé navrants, quelques molles mises en garde par des psys patentés, et puis l’on refermait les yeux : « Cette vague sinistre allait s’épuiser tôt ou tard ».

Mais non, ce mode-de-vie -dans nos écoles et collèges-  libertaire, anarchique, égocentrique, déshumanisé, alla en augmentant. Maintenant, aujourd’hui, il y a cette morte, comme il y a eu, l’an dernier, la tuerie effroyable après un simple match de hockey, comme, le mois dernier,  il y a eu ces deux cas sinistres, un duel mortel, effrayant romantisme désaxé , loin, en province. C’est parti en grande « ce temps nouveau ».

Ce noir « conte d’anticipation », espérons qu’il n’aura pas lieu.  Mai quoi faire ? Qui vend librement des pistolets à des filles de 13 et 14 ans et quel parent autorise encore volontiers à de jeunes enfants le visionnent de films archi-violents, celui de cassettes à jeux meurtriers ? Tous les parents ?

Claude Jasmin

Écrivain

Sainte-Adèle

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