Fév 192017
 

C’était prévisible. Avoir 15 ans et demeurer si candide. Pauvre de petit « moi », puceau et naïf, aux bons parents catholiques si méfiants. Le mal ! Cette Pauline était « le mal » aux yeux de notre petit monde bien évangélisé. La fille à fuir. Une voisine —de la rue Drolet— hautement toxique.

Ma mère —bigote— sur son balcon crachait d’un jet discret, vers elle, sur le trottoir, quand elle passait devant notre porte cette Pauvre Pauline. C’était une grassette et « pas bien propre »— coureuse de garçons, —rumeurs et chuchotements—une trainée, une délurée, un misérable orpheline de mère. Jolie ? Oui mais si vulgaire et une pauvresse jeune travailleuse. Avec une sixième année d’école tout juste.

Une drôle de fille, quoi. Capable de blasphémer comme un gars ! De cracher par terre des sommets glaireux dégueulasses ! Plusieurs disaient « une vraie putain » en parlant de cette séduisante et accorte jolie jeune fille. « La beauté de satan » répétait mon pieux papa.

On en avait tous un peu peur. Des enfants, bien prêchés conte la guidoune, se signaient sur son passage —aux parfums forts. On disait tant de choses. Aucune crainte de Pauline évidemment chez nos pires voyous, ces chômeurs compulsifs, ces fainéants dopés, ces zazous qui flânaient sans cesse —cheveux longs, frétillants sans cesse le boogie-woogie cigarettes à la chaine et chewing gums— tous les soirs sous les marquises des cinémas du coin de ma rue.

Pauline vivait surtout dehors, dans nos rues commerciales, fuyant son mini appartement de la rue De Gaspé, avec soin grand sac à main d’un rouge aveuglant, aussi ses larges sourires à tous, ainsi que ses œillades exagérés, et même souvent ses vifs propos pire que suggestifs, bref, son cran d’audacieuse débauchée…

Si dissemblable, cette fille, des autres jeunes filles de son âge, de notre quartier. Si épeurantes pour les « propriétaires de garçons », les « momans » couveuses. Ces victimes probables — tous les bons petits gars, les beaux partis, de notre paroisse— se devaient de ne pas même regarder Pauline.

Redire : Un mot la résumait : une guidoune ! Un bon soir, j’ai osé lui tenir compagnie, adoptant son banc à elle, je me suis installé dans ce petit tertre fleuri près de l’église Madona Della Difesia, rue Henri-Julien. Calme, amusée sans doute de mon audace, Pauline tout sourire, m’a questionné, une vraie grande sœur, sur tout, mes études harassantes dans ce collège privé, mes beaux et grands plans d’avenir, d’avocat, de docteur, de notaire…. À la fin, tard, s’approchant —ses seins me frôlaient— elle m’a permis un baiser. « Attention hein, pas sur la bouche, sur une joue ! »

C’était mieux que rien. Ce baiser, hélas, ne dura pas longtemps.

Or, Pauline finit par bien comprendre ce qu’elle était devenue : un être à part et ce sera donc une certaine solitude. De là, des gestes de désespoir. Exemple : aller jusqu’à accepter un poste de servante au presbytère.

Quoi ? Comment ?

Oui. On l’a acceptée ? Oui. Les bons prêtres de Sainte-Cécile étaient bien à l’abri des listes des « bons et des méchants, enfermés dans cette sorte de manoir hors des humains ordinaires, ils igoraient qui était cette Pauline Dion. Ces châteaux-forts de chaque paroisse étant très imperméables aux potins courants. Et aussi aux réalités. Pauline se transforma vite, première étonnée, en petite mairesse de lieux… comme sacrés !

Quelle horreur, non ?

Le scandale des scandales. Pétition fut vite organisée, on le devine bien. Résultat ? Étonnant. Affreux. Imprévu ! Les bonnes âmes en perdirent leur curé ! Hen ? En effet, un tout nouveau couple fuyait : la Pauline et cet homme de Dieu, le curé. Encore jeune et beau, l’abbé Favre. Mais oui, la guidoune et un des hommes consacrés —sacerdotum in vitam eternam— s’en allèrent vivre ensemble. Très loin, en Californie !  

Fin du scandale.

Longtemps après ça, un jour nos bons paroissiens apprenaient qu’un couple nouveau venait d’acheter la grosse maison du notaire mort, Poirier. Tout le monde vit alors, les cheveux dressés, les yeux exorbités…s’installer boulevard St-Denis confortablement, « elle ». Pauline. Vêtue de chic lingerie. Et lui, l’ex-abbé Favre. Dans un seyant et couteux costume bleu acier !

Bien pire : il y avait sur un petit tricycle, un petit garçon de joyeuse bille ! Et de magnifiques jumeaux, pas tassés du tout, dans une jolie voiture à pneus blancs. Imaginez les pipelettes. Imaginez les bobards ! Voilà donc que cette maudite et sale guidoune de Pauline Dion était parvenue au rang des « madames » bien nobles ! Qui a dit cela ? Qu’il n’y a pas de justice ?

Cependant, personne dans nos rues ne saluait ce cortège, celui du mauvais exemple. Nous apprenions bientôt que ce « diable en personne », était devenu un immonde « protestant ». Nos bigots rassurés, consolés, savaient ainsi qu’il n’irait donc jamais au ciel, puisque le cire;, on le savait bien à cette époque, était réservé aux vrais et aux bons catholiques-romains—universels… …mes bien chers frères….

bla bla bla !

fin

Jan 272017
 

 

D’abord il y a la benjamine, ma sœur Reine, qui me dit les yeux exorbités : «  J’ai vu maman tantôt, tu me croiras pas Claude, elle entrait au Bain Saint-Hubert ! » Et puis, c’est mon frère Raynald : «  Claude, ça se peut pas ou c’est un sosie, j’ai pas rêvé, je viens d’apercevoir notre mère qui sortait du Bain St-Hubert ! »

Nous étions en plein mois avril, ça ne faisait pas un mois que les dernières neiges de cette année étaient enfin disparues ! Il y avait une canicule terrible. Une chaleur de mois de juillet !

À nos yeux, une vraie mère ne va pas aller s’esbaudir, s’ «évaporer », à un bain public. Les baignades, les nageades, c’était bon pour les enfants et certaines vieilles demoiselles effrontées du quartier. Aussi, hélas, pour nos « pauvres » du coin, démunis de salle de toilette avec bain dans leurs masures, en fait des taudis pitoyables quasiment. Quelle crise bizarre s’était emparée de notre bonne mère ?

Fou : une « mère de famille », se disait-on tous, doit se trouver toujours dans sa cuisine, pas loin de sa cuisinière à quatre ronds. Ou au lavage hebdomadaire, au repassage… au ménage de la demeure quoi ! Non ?

Oui, en effet, quelle bizarrerie : maman dans un bain public !

Prenant mon courage à deux mains, je me plante devant elle qui raccommodait un gilet : « C’est-y vrai ça m’man, que tu serais aller te baigner au Bain Sr-Hubert cet après-midi ? » Elle éprouve une sorte de malaise, de gêne rentrée. Enfin, elle crache : «  Euh…euh…il y a notre réservoir à eau chaude qui m’a eu l’air défectueux…mais c’est revenu là.

J’arrivais pas à imaginer notre si dévouée maman s’amuser avec la foule à ce bain public. Pourquoi ? Un cliché. Une bêtise. Un préjugé. Une « mère de nombreuse famille », elle avait neuf bouches à nourrir, n’a pas sa place dans un tel lieu. Pas sa place à l’item « loisirs ». N’est qu’un dévoué robot utile, une machine à laver, à nettoyer, à frotter, etc.

« Je suis pas rester longtemps, hen ? » Quoi ?, pire maman tentait de minimiser le temps de sa sortie, tentait, ma foi, de s’en excuser ? Quand j’y repense, quel bêtise, quelle époque pudibonde, corsetée, niaise !

Ce pauvre bain, étroit, vraiment pas bien grand, mal aéré, empestant l’eau de javel, guetté par un énorme gardien avec son sifflet nerveux …pauvre maman va ! J’ai pris mon courage à deux mains et enfin : « Si tu veux, on ira ensemble la semaine prochaine, m’man ». J’aurais jamais honte de ma mère, jamais. Je me disais : je passerai pour un petit fifi à sa moman, et tant pis ! Jeune ado, j’en étais enfin arrivé à apprécier cette mère si dévouée. Il était temps.

Mais ma mère n’est jamais retournée rue St-Hubert, au coin de Jean-Talon.

La rue St-Hubert c’était pour les courses aux nombreux magasins entre Beaubien et Jean-Talon, pour les achats de lingeries diverses, pour les besoins de ses filles et de ses deux fils.

Des jours passèrent et ça ne me sortait pas de la tête : ma mère était allé, seule, comme une jeune fille, nager au Bain St-Hubert ! Elle avait trente ans et depuis des mois ! C’était une « femme mariée », une cheffe de famille nombreuse ! Quel culot. Je me mis à l’admirer à la longue et, fin avril, un après-midi de grande chaleur  —elle s’épongeait le cou sans cesse avec une serviette rafraichie : « M’man, écoute, on crève de chaleur, tu es de sueurs, je vais garder les deux p’tits jeunes, si tu allais te baigner rue St-Hubert, non ? » Elle m’a souri. Elle m’a fait un caresse brève : « Non, mon petit garçon, grand-maman, vient de mourir, tu le sais, et ton père a loué un chalet à Saint-Placide. On va passer tout l’été au bord du lac des Deux Montagnes ! Tu es content ? »

Terminé, à jamais, le gardien « bouncer » et son sifflet maudit, fini les maudites fortes odeurs de javel. Oui, j’étais content; départ dans 20 jours, à la St-Jean Baptiste quand on mettra « l’école en feu les maitresses dans le milieu » , comme on le chantait si souvent.

FIN

Mai 272015
 

Des fées existent ? Oui. Dans mon village, surgit soudain une fée —Annie Depont— qui me dit: « Venez à Traces, Jasmin, parlez sur la patrie à faire advenir. » Je ne rêvais pas ! Alors, de mon balcon, j’inaugure ma neuve chronique ouvrant des bras gaulliens : « Vive, le Québec… libre ! » J’avais 30 ans, au RIN en 1960, nous n’étions pas bien nombreux. Mais en 1995 nous étions 60 sur 100 pour une patrie. Soixante sur cent des électeurs. Si on écarte les Anglos francophobes, des néos en masse et… 40 de nos branleurs. Au soir de cette quasi-victoire du « Oui », Jacques Parizeau, qui devait crier « On y est presque ! On remet ça dans six mois », eh bien non, il démissionne ! Si vous le croisez à Saint-Adolphe —avec ou sans sa Lisette— dites-lui que ce fut une erreur funeste.

Maintenant, la ferveur a diminué car les fédérats sont ultra-prudents. En hypocrites, ils ne font rien pour nous provoquer. Cette archi-prudence fédérate éteint la ferveur, éloigne nos jeunes des hustings pour la « cause sacrée », une patrie. Trop de jeunes se taisent, dégriffés, muets et immobiles. Ces silencieux suivront-ils la course, écouteront-ils ceux qui veulent devenir chef du parti-des-indépendantistes ? Au nouvel essai, L’Écosse —pas encore libre— deviendra-t-elle exemplaire, partout la peur est-elle cette liberticide matraque ? On doit se souvenir des fortunes dépensées par des Libéraux fédérastes — cette dégueulasse inondation en publicité du pays. Et ce juge Gomery, lucide pour condamner mais, hélas, nul pour punir.

Jeunesses, écoutez les propos d’un solide entrepreneur —conseillé par Landry. Un jeune millionnaire désire devenir chef du « parti des patriotes ». Il sait compter les avantages de notre liberté. Je vote pour ce compétent Pierre-Karl Péladeau, le digne fils de mon ami feu Pierre Péladeau —du Chemin Sainte-Marguerite à Sainte–Adèle. Et foin des anciennes peurs. Bien finie la frousse via les convoyeurs de la Brink’s, terminé d’exploiter l’ancienne fragilité car, désormais, des preuves « économiques » reluisent dans le monde entier —de Bombardier à Lavalin, etc. À la prochaine, tous nos intellectuels, vont se lever, avec tous nos artistes, écrivains, tous ceux qui pensent et qui ont la fibre libertaire. Ils ne feront pas comme trop de mes camarades « taiseux », grands peureux de 1980-1995, qui craignaient de perdre en « voyages aux frais de la Princesse-Ottawa », à Banff (salut la Petrovski!), ou à Knotte-le-Zoutte. Cachés et trembleurs, ils furent muets en engagement en 1980, en 1995, ma honte de ces pairs écrabouillés pisseux. Malgré l’aplatissement intéressé (ô subventions !) de proprios de certains médias (La Presse et Cie), examinons bien cette actuelle course et ayons l’espoir d’un vrai chef, vrai meneur en vue d’une normalité. Car l’ONU l’affirme toute nation a droit à une patrie.

(fin)

Jeudi, 1er JANVIER Suite et fin. Chap 10 (?)

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Jan 012015
 

Jeudi, 1er JANVIER

Suite et fin. Chap 10 (?)

Notes : que de jolies carters du Jour de l’An reçues, que de coups de fil joyeux aussi. On se couche à 10 h.et demi désormais, maximum. Parfois même avant. Et on sortira du lit à neuf heure, parfois même après. L’âge ? Aussi, on a remis à demain (aujourdhui) la revue-2014 de Radio-Canada.

On veut cesser de fumer ( 10 par jour) et on se donne jusqu’aux Rois (*mages). J’ai Nadeau sur ma liseuse. Le conte des « grèves à casseroles »… J’ai lu aussi « Promesses de l’Aube » de Romain Gary. Une redite du Grand Vestiaire. Cette mère veuve folle de son fils unique.

Gary, avec ironie, lui rend un (un peu long) hommage. Il laisse entendre que cette fascination maternelle l’a aidé dans sa vie. Ma mètre, moi ? Oui, Germaine était confiante et stimulante. Pas mon père. Ma grand’mère Jasmin ? Oh oui. «  Toi, mon petit Claude, tu seras pape un jour à Rome ! » Oh !, c’est dire…

LUNDI PREMIER DÉCEMBRE 2014 – PROPOS LIBRES sur la facturation (?) d’ANGELA

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Déc 022014
 

LUNDI PREMIER DÉCEMBRE 2014

PROPOS LIBRES sur la facturation (?) d’ANGELA

Je veux maintenant attaquer un pan du projet Angela : l’Italie et moi

Je songeais avant de débuter à bien faire savoir et voir une sorte d’attrait chez moi (mystérieux) pour l’Italie et les Italiens.

Certes il y avait le quartier voisin.

Mais…c’était très fort, j’aimais démesurément la langue italienne.

Comment insérer tout cela dans ANGELA ? me dis-je.

J’y jonglais avant même de partir le récit….

.

Ma joie d’aller, par exemple, l’été, d’assister aux messes dans la paroisse voisine italienne. La parlure. Musique à mes oreilles.

Bizarre non ? Les sermons. (Que je tentais de décoder) Du feu…parfois, des menaces : j’entendais : «  peccatorés…flamma… per brularé… per éternella… in inferno et les démonés…etc.

Je songeais même à emmêler dans mon texte avec-sur-dans ANGELA…ce grand amour fou innocent et mes cours chez les Sulpiciens, sur ROME, sur les Césars, à ce collège de futurs prêtres…hum…

où pigewre…oùj’entendajks… : et cette affection totale pour l’ITALIE.

Parler donc de cette belle Angela et mon cours classique… quoi ! Nos traductions du latin; cette version-lecture de « DE BELLA GALLICA » du général Julius C.…hum… FOLIE ?

Comment faire ? Cela…

Je songeais à y mettre le FLAUBERT, non, c’est Stendhal je crois (voir Google vite) fou de l’Italie.

« La Duchesse de… « ou bien LE ROUGE ET LE NOIR. ( le titre?)

Comment…trouver un filon, comment raccorder tout ça avec naturel (et grâce!)…Me servir de papa et sa recherche du VATICAN sur notre vieux radio Marconi …il écoutait son cher pape parlant italien…pourtant.

Vrai que j’aimais écouter longuement =et comme en cachette des voisines italiennes (Mad Diodatti et mad. DiBlasioi) qui causaient sur leur balcon St Denis Street. Oui, une musique.

Buissonneau, mon premier employeur (aux Parcs de la Ville, La Roulotte) à 22 ans, avant la SRC, et qui vient de mourir. Merde.

Écrire un petit requiem. Retrouver mon texte de Radio-Québec.

Marco mon dévoué webmestre, va me retrouver ça, il est bon recherchiste.

De retour à tant de ces archives : déception…

et puis…NON, pas de Stendhal, (Ni Balzac, ni Flaubert) ni rien ! Pas de ses romans, et pas d’Italie littérature,,,pas de bribes de cette CHARTREUSE DE PARME. Ce récit bizarre, flou., louangé par tous de Gide, à Julien Green)

C’est trop complexe, trop écrit,

et ça n’irait pas avec cette limpidité (naïveté aussi )que je veux partout dans Angela.

Fin de cette idée d’une Italie d’auteur du 19 e siècle.

GARDER quoi

trouver quoi, de nouveaux thèmes; lieux, actions, etc.

En somme me replonger, et surtout ravoir 17 ans, ou 18 si on veut.

Je m’y frotte à la prochaine occasion.

Entendu tantôt à la radio : la mort encore, celle une ancienne du burlesque, du vieux music-hall, Murielle Millard. MA mère admirait son…chien.

Souvenir d’une visite à la maison : « Maman, j’ai passé la journée avec ta chère Millard, elle va chanter dans mes décors dimanche À Musiuc-Hall. . » Ma mère : « Chanceux, c’est un grosse vedette tu sais ! »

À y revenir…

Sep 112014
 

Nos chefs politiques sont des peureux politiques, des pleutres dégueulasses, des mauviettes immondes. Ne rien faire face à d’innocents « enfants juifs » victimes des conneries fascistes de groupements Juifs, extrémistes de Jéhovah; dont Sainte Agathe fut infestée. Ces super-hassidims assassins d’âmes d’enfants, leurs leaders juifs, pas moins froussards et lâches, ne condamnent pas non plus ces dérives atroces.
Il en va ainsi des Musulmans. Par une sorte de puante solidarité, c’est aussi le silence face à leurs « fous » d’Allah. On ne les voit pas, on ne les entend pas, se dresser avec bon sens, par santé mentale aussi, pour condamner leurs congénères maniaques et dégénérés. Ces désaxés qui entraînent les jeunes gens —fragiles toujours— dans des actions meurtrières au Moyen-Orient. Quelle horreur pour cette mère de chez nous (La Presse) qui, impuissante, voit son grand gars sombrer dans l’horreur des extrémistes de l’Islam —une religion de paix au départ.
Mon Dieu, mon Dieu, comme je me serais battu furieusement, avec toute la force inimaginable d’un père révulsé, révolté par ces « tabarnacs » de prédicateurs de haine, voyant mon fils —ou un des mes petits-fils— fréquenter (rue Jean-Talon ?) une satanée mosquée extrémiste. Mon garçon , écouter pieusement un ces « kalices » d’immams » fous. Excusez, je sacre quand je suis en colère, hélas ! Je deviendrais fou de douleur, pauvre mère éplorée de La Presse, découvrant mon enfant aux mains de ces maudits religieux radicaux, ces sales « curés d’Allah », déboussolés. Oh mon Dieu, ma totale désolation : voir un des miens vouloir soudain apprendre l’Arabe et pire, le savoir parti pour, par exemple, la Syrie.
Mon fils parti pour tuer au nom de Mahomet, salade d’horreur, pauvres mamans perdues et désolées, ici comme à Berlin ou à Londres, enfant s mal grandis et victimes de ces prédicateurs de haine. Je les maudis tous ! On a eu, jadis, de ces troupes de connards enflammés —la Gilberte Coté- Mercier et ses sbires !—, tous avec drapeau au vent, un saint missel sous l’aisselle. le chapelet vissé aux pinces, portant le béret blanc et cherchant à enrôler d’autres naïfs québécois. Ces bandes disparues, autrement plus zélés que ces Témoins de Jéhovah pacifiques a nos portes le samedi ou dimanche. Tous, alors, nous avons caricaturé, vilipendé et injurié ces affreux zélotes-Bérets-blancs. On a eu ce courage, pas comme les muets et prudents complices « des fous » qui se taisent. Juifs ou musulmans. Triste sordide solidarité. Oui, des pleutres et des lâches. Une religion souvent dé-vie, (hors vie) devient folle. Le christianisme a connu ces horreurs, songeons par exemple au fascisme de l’Inquisition. Aux bûchers assassins partout pour éliminer « les tièdes » ou « les sorcières », une horreur du Vatican d’antan au nom du Dieu catholique.
Agnostique mais croyant, je fuis toute gnose, je me sauve des dogmes. Dogme, cette lie du monde spirituel, ces écrits de qui font du besoin humain de transcendance souvent une ignoble porcherie. Combien de jeunes garçons —les filles sont raisonnables davantage ?— aujourd’hui, au Québec ou aux des États-Unis, en Allemagne ou à Londres (tellement) partent pur le Moyen Orient pour y cueillir un obus, une bombe, une mitraillette. Ici même, à Sainte Adèle, venant d’apprendre l’affreux voyage d’un fils perdu, une mère pleure peut-être…

Août 122014
 

La semaine de « la fierté gaie » s’est terminé et on peut voir le film «  Yves St-Laurent », couturier célèbre, avec droit à mainte séances « physiques » entre des défilés de mode. Les temps changent. Les homos, c’était tabou il y a pas longtemps. EN 1956, Rentrant (pour trente ans ! ) à la scéno de Radio Canada, deux choses. 1-c’est une mini-ONU : deux Russes (dont Nicolas Sologoub qui vient de mourir), deux Allemands, un Hongrois, un Roumain, un Polonais. 2 : J’y découvre une quinzaine d’homosexuels (souvent surdoués) et s’ensuivent des amitiés. Avec confidences, aveux, confessions. Dès 1960, je rédige « le roman d’une passion homosexuelle et je le titre : « Délivrez-nous du mal » —toujours trouvable en biblio.

Je ne suis ni André Gide —« Coriolan »— ni Marguerite Yourcenar —« Mémoires d’Hadrien »— mais je lis dans une revue parisienne, Arcades : « Enfin un tout premier roman franchement homosexuel et, étonnante surprise, il est signé par un jeune canadien-français-catholique du Québec ! »

Les critiques, dont les deux « papes du temps » —J.Éthier-Blais et G.Marcotte— le louangent fort mais l’éditeur René Ferron se désole de voir revenir des boites « non ouvertes » avec : « Nous ne vendons pas cette sorte de littérature ! »

Avant publication, des journaux ébruitent : « Un roman de Jasmin portera sur la question homosexuelle ». Aussitôt des camarades s’inquiètent : « Merde, qu’est-ce tu oses raconter sur nous ? ». Je les rassure. Mon manuscrit fut offert d’abord à Pierre Tisseyre, mon éditeur de « La corde au cou ». Ce dernier le refusa. « Ah non Jasmin !, non, c’est à réécrire, il n’y a pas de chair, on ne les voit pas vraiment en action ! » Étonnement vu que ce Tisseyre « paraît » son jury —oui, oui— d’un aumônier.

« Délivrez-nous du mal » connut un fort bon succès. Tellement qu’un tout jeune cinéaste —Jean-Claude Lord, avec hélas des moyens de fortune en fit un (bien) long métrage Ses deux homos ? Yvon Deschamps —oui, oui !— et Guy Godin. Plus tard, Alain Stanké le rééditera « en poche ». En 2014, « Délivrez-nous du mal » relu, il semblera très éloigné du « brutal » actuel, du vulgaire scandaleux de tant de « quasi-pornos » à la mode. Cela au ciné comme à la télé. Les amateurs de crudités le jugeront trop nuancé car mon roman n’a rien à voir avec le « hard » et fait plutôt voir des sentiments humains avec nuances et délicatesses. Oui, les temps changent.

Dans ma jeunesse, il y avait des sortes de « grandes folles ». Certes rares. Dans mon quartier Villeray un bizarre travesti, au coin de la rue Bélanger, habitait derrière le cinéma Château, un certain Julien dit Juju. Il faisait des « sorties » fulgurantes tous les dimanches après-midi, ricanant, se dandinant dans les files de spectateurs, ultra maquillé, vêtu d’une robe rouge, d’un chapeau rouge, de souliers rouges, muni d’un sac à main… rouge. Silhouette rubescente, toute écarlate et cramoisie et qui surprenait grandement les loustics rue St Denis. Mon père l’avait comme fidèle client de sa gargotte. Je l’entendis un jour, paternaliste naïf : « Juju, Juju, qu’est-ce que ça vous donne de vous déguiser en femme comme ça ? Rien ! Promettez-moi d’arrêter ça, ces folies-là. » Et j’entendis la fausse femme : « Vous avez raison, m’sieur Jasmin, ça me donne rien et on rit de moé, m’en va vous arrêter ça, c’est promis ! » Et le dimanche suivant il remettait ça bien entendu. Oh !, dire encore sur ce sujet, qu’au cinéma Pine, les deux acteurs jouant le couple homo parisien emblématique (dont Galienne en Pierre Berger) dans le film biographique,  « Yves St-Laurent » est vraiment, mais absolument, extraordinaires.

Avr 022014
 

 

 

Oui, ça fond maintenant, fonte des restes neigeux qui fait entendre son agréable —bon débarras !— gargouillis aux quatre coins des toits des maisons. Familière petite musique printanière ! Qu’on apprécie, pas vrai ? Partout dans nos chères collines s’enflent ruisseaux, rivières et lacs, « et ça coule ça madame !(la chanson)  »

Tenez, allez donc faire une petite visite dans ce coin sud de Mont Roland. Il y a un pont sous la Nord en furie sous le vent. Un carrefour stimulant où se dévergondent en puissantes tourmentes, la rivière engrossée de tant de…fondues ! C’est ma foi, hugolien ! Pas loin des ex-usines de la papeterie d’antan, voyez ces flots en rage, cette furie aquatique. Cela vous énergira, promis !

Ma joie donc, voyant —enfin, enfin— la gouttière de ma galerie qui bave de sa gueule de tôle pendante. À chaque printemps d’avant Pâques, j’ai souvenir de nus, les gamins qui cassent, à coup de barres de fer, l’épaisse glace des trottoirs. En effet, dès avril, rue Saint-Denis, c’était cette hâte de garçons robustes, celle de revoir le bitume, le ciment, le béton; en finir « au plus sacrant » avec l’hiver. Slogan de Mai’68 : sous les pavés, la plage !, nous ? de pousser aux caniveaux ces oripeaux glacés, sous la glaçons sales la liberté ! Sortir nos scooters, voiturettes, patins à roulettes.

Ces jours-ci, me rendant chaque matin au Calumet —journaux, magazines, cigares rares—, je sors de ma Honda pour affronter la très vicieuse « glace noire ». Chaque matin donc, le risque de me casser la gueule. Fin bientôt de croiser sans cesse dans nos rues d’imprudents enfants les quatre fers en l’air ou des vieilles personnes déambulantes à petits pas calculés; surtout dans la raide Côte Morin. Que de visages effrayés, tremblés par la peur. Moi ? Ah tiens, tiens, je vais m’acheter une canne.

Ô saison, ô glaçons !

Reste un fait : ça y est, ouf !, on y est, terminus ! Avril est la fin du long hiver. Mais oui, bientôt on verra des bourgeons aux arbres. Un premier, coucou !, joli pissenlit —vulgaire dent de lion. Ou encore une touffe de gazon mystérieusement bien vert. Délivrance !

Parfois, Raymonde et moi, on tente d’imaginer les premiers émois de nos ancêtres. Voire la détresse, la stupéfaction de nos premiers émigrés, venus du Poitou, de Normandie, de Bretagne ou de cette douce « Ile de France ». Le choc des hivers ! Oh mon Dieu ! Et en un temps totalement dépourvu des commodités actuelles. Cinq ou six longs mois isolés en leurs terres « de bois debout » , perdus au milieu des « arpents de neige », sacré Voltaire.

Mais bon, résistants farouches, nous voilà toujours ici, descendants des effarouchés. Bien mieux armés par cent et cent progrès. Ce confort, inimaginable jadis. Pourtant on se plaint des hivers « qui n’en finissent plus ». Voir cette année 2014. Bon. D’accord n’en parlons, voici le beau temps revenu. Combien sommes-nous —pas seulement les jeunesses— à nous promettre de jouir mieux que jamais, des trois belles saisons qui s’amènent ? Dont la plus excitante, la toute prochaine, le printemps. Excités, il y a dans l’air, vous le sentez, de vagues espoirs des petits et grands bonheurs. Une joie floue avec des projets naturalistes : randonnées idylliques, fêtes extérieures. Avec des promesses, sorte de résurrection d’après-Pâques ?   Inviter l’ami négligé. Ou ce bon vieux camarade perdu de vue. Inviter une sœur isolée, négligée. Ou un frère perdu de vue. Ou ce papa vieilli et esseulé. Ou une mère. Se réconcilier avec un adversaire. Raccommoder cette rupture bête, d’une vaine chicane, d’une querelle idiote.

Oui, avec le printemps, faisons cela.

Juil 162013
 

 

Haïssez les entrepreneurs cupides qui coupent sans cesse dans les dépenses en vue de profits exagérés mais n’haïssez pas les trains. J’aime les trains, moi ! À cause du tragique accident au Lac Mégantic on a lu : « le maudit train fantôme, le démentiel train fou et ce salaud de train ». N’haïssez pas les trains mais ces avides brasseurs d’affaires qui négligent la sécurité du monde. J’aime les trains, moi.

Par temps « calme », certains soirs rares, enfant, j’entendais rouler —vous savez bien, ce son si caractéristique— le convoi ferroviaire dans la rue De Fleurimont (devenue Rosemomt ) à quatre rues de chez moi. J’ai aimé tout de suite le confessionnal de Josélito Moreau à cause de son train. J’étais fou comme un balai quand papa m’amenait avec lui, en train, au chalet de Pointe Calumet. J’aimais le train, son balancement, ballottement —vous savez bien, debout, il faut parfois s’accrocher— son goguenard conducteur et sa poinçonneuse, ses appels grognés : « All aboad ! Île Bizart, Île Bigras, Ste Dorothée, Laval Links, St-Eustache ! »

J’adorais, les jours de congé, avec les copains, aller flâner à la jolie Gare Jean Talon, près de chez moi, ce bonheur de voir partir ou arriver tous ces trains dans cette sorte d’église-du-chemin-de-fer ! Mon père, lui aussi, aimait les trains qui scandaient ses heures, ayant été élevé Rang du Crochet, à Laval des Rapides. Trains dont celui « Montréal- Québec », sur lequel à 15 ans je fus serveur —« sandwiches liqueurs cafés, thés ». Mon oncle Léo y était le cantinier. Bonheur et fierté d’apprendre à rester debout quand, « à fond de train » ?— file le redoutable et fumant engin noir ! On disait aussi « à l’épouvante ».

Vivre et élever ses deux enfants, durant des décennies, dans le Vieux Bordeaux avec dans l’un des quatre horizons, cette même ligne de chemin de fer et aimer ses convois, de marchandises ou de passagers. Sursauter parfois aux brefs mais alarmants coups de sirène, sourire de sa cloche. Sorte d’horloge en effet tant les passages sont à intervalles prévus, calculés. Plaisir vif d’apercevoir qui nous faisait de vigoureux saluts, ce même frère de papa, l’oncle Léo qui vieillissait fidèle au C.P. R. Dès lors Aimer à jamais le bruit comme fatidique des trains.

Devant aller dormir à notre pied-à-terre, Chemin Bates, (où aurait dû se construire avec bon sens le CHUM) à la frontière nord d’Outremont, c’est, immanquablement, le passage à n’en plus finir des longs convois de (jadis on disait de « freights ») de vrac inconnu. Dan les soirs, ces trains roulent vers l’ouest ou vers l’est avec l’éternel « ronron » à saccades rythmées. L’hypnotique chanson à voix basse, triste litanie prévisible. Un bruitage comme un comme un coeur qui bat. J’écoute cette mélopée triste, ce cantique pesant, qui achève chaque fois de me faire sombrer dans les bras du dieu Morphée. Oui, un somnifère efficace. Écouter cette berceuse un peu acariâtre, cette musiquette d’une mémé grognonne.

Mais oui, j’aime le train, moi ! Haïr ce maudit train fou de Mégantic, non. Haïssez ces maudits harpagons funestes, ces avares égotistes qui coupent ici et là, sans cesse, pour plus de profits aux actionnaires spéculateurs. Haine aussi pour tous nos élus mollusques —« responsables irresponsables de leurs responsabilités ». Honte aux complaisants complices qui ne prévoient rien pour réguler ces escrocs publics.

Et vive les trains !

 

 

MAUDIT TRAIN ?

Haïssez les entrepreneurs cupides qui coupent sans cesse dans les dépenses en vue de profits exagérés mais n’haïssez pas les trains. J’aime les trains, moi ! À cause du tragique accident au Lac Mégantic on a lu : « le maudit train fantôme, le démentiel train fou et ce salaud de train ». N’haïssez pas les trains mais ces avides brasseurs d’affaires qui négligent la sécurité du monde. J’aime les trains, moi.

Par temps « calme », certains soirs rares, enfant, j’entendais rouler —vous savez bien, ce son si caractéristique— le convoi ferroviaire dans la rue De Fleurimont (devenue Rosemomt ) à quatre rues de chez moi. J’ai aimé tout de suite le confessionnal de Josélito Moreau à cause de son train. J’étais fou comme un balai quand papa m’amenait avec lui, en train, au chalet de Pointe Calumet. J’aimais le train, son balancement, ballottement —vous savez bien, debout, il faut parfois s’accrocher— son goguenard conducteur et sa poinçonneuse, ses appels grognés : « All aboad ! Île Bizart, Île Bigras, Ste Dorothée, Laval Links, St-Eustache ! »

J’adorais, les jours de congé, avec les copains, aller flâner à la jolie Gare Jean Talon, près de chez moi, ce bonheur de voir partir ou arriver tous ces trains dans cette sorte d’église-du-chemin-de-fer ! Mon père, lui aussi, aimait les trains qui scandaient ses heures, ayant été élevé Rang du Crochet, à Laval des Rapides. Trains dont celui « Montréal- Québec », sur lequel à 15 ans je fus serveur —« sandwiches liqueurs cafés, thés ». Mon oncle Léo y était le cantinier. Bonheur et fierté d’apprendre à rester debout quand, « à fond de train » ?— file le redoutable et fumant engin noir ! On disait aussi « à l’épouvante ».

Vivre et élever ses deux enfants, durant des décennies, dans le Vieux Bordeaux avec dans l’un des quatre horizons, cette même ligne de chemin de fer et aimer ses convois, de marchandises ou de passagers. Sursauter parfois aux brefs mais alarmants coups de sirène, sourire de sa cloche. Sorte d’horloge en effet tant les passages sont à intervalles prévus, calculés. Plaisir vif d’apercevoir qui nous faisait de vigoureux saluts, ce même frère de papa, l’oncle Léo qui vieillissait fidèle au C.P. R. Dès lors Aimer à jamais le bruit comme fatidique des trains.

Devant aller dormir à notre pied-à-terre, Chemin Bates, (où aurait dû se construire avec bon sens le CHUM) à la frontière nord d’Outremont, c’est, immanquablement, le passage à n’en plus finir des longs convois de (jadis on disait de « freights ») de vrac inconnu. Dan les soirs, ces trains roulent vers l’ouest ou vers l’est avec l’éternel « ronron » à saccades rythmées. L’hypnotique chanson à voix basse, triste litanie prévisible. Un bruitage comme un comme un coeur qui bat. J’écoute cette mélopée triste, ce cantique pesant, qui achève chaque fois de me faire sombrer dans les bras du dieu Morphée. Oui, un somnifère efficace. Écouter cette berceuse un peu acariâtre, cette musiquette d’une mémé grognonne.

Mais oui, j’aime le train, moi ! Haïr ce maudit train fou de Mégantic, non. Haïssez ces maudits harpagons funestes, ces avares égotistes qui coupent ici et là, sans cesse, pour plus de profits aux actionnaires spéculateurs. Haine aussi pour tous nos élus mollusques —« responsables irresponsables de leurs responsabilités ». Honte aux complaisants complices qui ne prévoient rien pour réguler ces escrocs publics.

Et vive les trains !

CAVALIÈRE LOUISE

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Juin 092013
 

Réouverture de (remis à neuf) l’impressionnante auberge « Château de Ste Adèle », boulevard 117, l’autre soir. Y voir une fillette danser seule dans son coin. Les enfants dansent sans cesse. Ils se remuent. Tout jeune, « la danse » c’était steppages à l’ancienne, bras et jambes arqués, dans des tutus roses et beiges, sur des « chaussons » de bois compensés. Mode 1945 : mes sœurs aînées furent confiées au fameux « Professeur Morenoff ». Mode petite-bourgeoise vaine. À dix-huit ans, le futur Ministre de l’Éducation (sous Daniel Johnson), le beau Jean-Guy Cardinal, voisin, traversait en se dandinant en collant noir, les bras en l’air, tête levée haute, pour acheter allant du lait ou du pain chez le Pitou Lafontaine en face. Derrière les fenêtres du salon, virils, mon frère Raynald et moi, on ricanait.

Rien à voir avec Louise Lecavalier. L’autre soir, plein le Maisonneuve en ovation, bravos et cris d’admiration face à cette danseuse moderne. Elle vibrionne toute une heure sans guère reprendre son souffle. Olympien et fou à voir ! Elle fascine, son corps comme évanescent entre dans des transes folles. Miraculeuses. Sa chorégraphie (sa première), en frénétiques déplacements, hypnotise. Son comparse, le félin Frédérik Tavernini, beau « grand singe » musclé avec de très très longs bras, l’accompagne et c’est superbe. Le public de cette Louise —aérienne, voltigeuse— en reste abasourdi, oui, ébahi, je vous jure. Voyez ses incroyables jeux de pieds aux vitesses surhumaines est un spectacle qui renverse. Notre chance ? Apprécié à Tokyo comme à Berlin, « Louise-la-fulgurante » dansera ici, à Saint Sauveur. Tout prochainement. Ne ratez pas cette unique fée, elfe, magicienne, sorcière, avec ses remuements aux mouvements vertigineux et poétiques. Un must.

 

* * *

Enfant de ville, nous observions, répandus partout, sans vraiment les regarder, les « maudits » moineaux. Si communs, espèce méprisé. Un jour, cas unique, une volée de canards sauvages passa au dessus du marché Jean-Talon ! Nos cris ! On en revenait pas en la métropole, lieu vide d’oiseaux. Des pigeons, ça, oui ! À six ans, avec papa, j’avais vu au port des goélands —si blancs ! Émerveillement. Or, je découvre « Québec-Oiseaux » —(www.quebecoiseaux.org)— un fort utile et joli magazine. Très illustré. En trois numéros seulement, me voilà comme tout enfoui dans la beauté, submergé par ces petites bêtes aux plumes parfois colorées si joliment. Et qui volent ! Qui volent ! Mes chers mésanges, bicolores ou pas. Les rares grimpereaux, orioles, guiraca. Mes pics familiers ici, variés, chevelus, maculés ou à ventre-roux. J’admire les guépiers, les bruants et les grives, ces carouges à « rouges épaulettes », ces sizerins flammés, étourneaux si beaux quand « sansonnet. Photos jolies de bécasseaux, de passereaux de moucherolles. De mes parulines, orangées ou aux ailes dorées ou flamboyantes. Voir ce quiscale dit « rouilleux », oh ! Cette gélinotte huppée, ah ! Québec-Oiseaux : une revue qui jase aussi des oiseaux exotiques et aussi du si bel harfang des neiges, « notre » oiseau national. Et des tourterelles, tristes et pas tristes. Mon Dieu, quand donc reverrais-je les miennes ?

Au fait cette prodigieuse Louise Lecavalier est une sorte d’oiseau car souvent, elle s’envole !

 

 

 

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